A vous d’en être les témoins

3ème dimanche de Pâques

Actes 3, 13-19 ; 1 Jean, 2 1-5 ; Luc 24, 35-48.

 

Dans ce temps de Pâques qui prolonge la veillée pascale, nous avons l’occasion d’entendre différents textes où les apôtres deviennent témoins de la Résurrection. Cela ne s’est pas fait en quelques secondes. Leur chemin de croyant à demandé du temps. Le rédacteur qui a le mieux rendu compte de cette durée nécessaire avant de devenir témoin du Christ ressuscité est saint Luc auteur de l’Evangile et des Actes. Il parle d’une période de 40 jours jusqu’à l’ascension, de 50 jours jusqu’à la pentecôte. Pour nous ce sont des chiffres clairs que nous lisons comme ‘cela s’est passé ainsi’.

 

Or ces chiffres renvoient à des fêtes juives dont la célébration se faisait dans une certaine solennité et ces fêtes avaient une signification précise. J’invite aussi à penser que ces chiffres viennent évoquer un temps, une durée entre l’évènement ‘Christ ressuscité’ et l’évènement l’acquisition de la foi en la résurrection ainsi que l’annonce-proclamation.

 

On oublie souvent que Matthieu signale qu’au moment du départ de Jésus « certains avaient des doutes ». (Mtt 28, 17). Même Marie de Magdala, tel qu’en parle Jean, il lui a fallu du temps, entre le lever du jour où elle décide de se rendre au tombeau et le moment où elle croit : il y a un certain temps, un cheminement, une progression. Nous aurions tort de transformer cette durée signifiée dans les textes pour en faire un temps instantané de révélation : Marie voit la pierre est roulée ; elle va trouver les disciples ;e elle revient, elle voit le tombeau vide et deux anges à l’intérieur : elle ne comprend rien. Elle voit dehors quelqu’un qu’elle prend pour le jardinier. Alors seulement quand elle est appelée par son nom elle se réveille et croit.

 

Que ce soit Marie, que ce soit d’autres disciples,  Il leur a fallu du temps, cela ne s’est pas fait en un claquement de doigt. Pour les disciples d’Emmaüs, c’est un long chemin de discussion avec un troisième homme qui les amène à relire les évènements à la lumière des Ecritures. L’Evangile de ce dimanche nous rapporte leur retour à Jérusalem auprès des autres : Nous avons vu le Seigneur. Le Ressuscité leur apparaît qui vient confirmer leur foi. Là aussi les disciples sont renvoyés aux Ecritures pour comprendre. Il ne suffit pas de comprendre, car l’Evangile se termine par un appel à la mission : “A vous d’en être témoins”.

 

A nous aujourd’hui d’en être témoins. C’est en ce sens qu’il faut comprendre l’appel du pape François à sortir dehors, à aller aux périphéries. C’est aussi l’invitation du texte du synode de la Province qui nous demande avec insistance d’aller vers… “Malheur à moi si je n’évangélise” affirmait saint Paul. Malheur à nous, si nous gardons ce trésor pour nous, sans chercher à le partager.

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