Évangile 5ème Dimanche de Carême

Évangile 5ème Dimanche de Carême

 

        28 et 29 Mars 2020.

Avec le CCFD-Terre solidaire

(Comité catholique contre la Faim et pour

Le Développement)

 

Célébrer (malgré tout)

le cinquième dimanche !

 

 

 

Drôle de moment… Nous étions curieux de rencontres et de découvertes, et la rigueur du confinement s’impose à tous ; nous étions prêts à l’action, nous voici conduits à la méditation. En cette fin de carême inattendue, nous sommes aussi privés de rassemblement dominical et nous jeûnons d’Eucharistie. Toutefois nous ne sommes pas sans ressources ! Nous pouvons toujours « manger la parole », prier – seul, à deux, en groupuscules…- et nous confier les uns les autres au Dieu de Communion…

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               « En ce 5ème dimanche de Carême, les Lectures nous invitent à poursuivre notre chemin de conversion et nous tourner vers l’avenir dans l’espérance d’un monde renouvelé, en prenant appui sur un Dieu qui relève. Par son Esprit, Dieu donne toute vie nouvelle, et c’est dans l’histoire ordinaire du peuple de Dieu qu’on peut lire son œuvre, une histoire faite de gestes d’hommes : la libération des prisonniers et la profusion de la moisson. Pour le CCFD-Terre Solidaire, ces signes de la bonne nouvelle du salut sont les associations partenaires dans les pays du Sud, qui avec des moyens souvent très humbles, luttent auprès des plus pauvres, avec les plus pauvres, contre les causes de la faim. »          ( « entrée en célébration », 5ème dimanche)

 

Lectures du jour :

 Première lecture : « Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez » (Ezéchiel 37, 12-14) 

Psaume : Ps 129,1-8 « Mon âme attend le Seigneur

Deuxième Lecture : Lettre aux chrétiens de Rome, Rm 8,8-11 -L’Esprit qui donne vie... 

 

· Évangile : « Je suis la résurrection et la vie »

(Jn 11, 3-7.17.20-27.33b-45)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean


 

En ce temps-là, Marthe et Marie, les deux sœurs de Lazare, envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. »  En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. » Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare.
               Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait. Puis, après cela, il dit aux disciples : « Revenons en Judée. »  À son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà.
               Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort.  Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. »
Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. »
Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. »
 Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ;
quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »

Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. »
Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé, et il demanda : « Où l’avez-vous déposé ? »
Ils lui répondirent : « Seigneur, viens, et vois. » Alors Jésus se mit à pleurer.
 Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ! »  Mais certains d’entre eux dirent : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »
Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre.
 Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. »
               Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. »
On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit :
« Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé.  Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé ».

Après cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! ». Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. »

Beaucoup de Juifs, et qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui.    ***

 

Méditation :

 

Ce passage de l'Evangile de Jean est l’un des plus bouleversants qui soit, parce qu'il est pétri de la profonde humanité du Christ et touche à une question essentielle, celle de la mort d'un proche. Il décrit notre désarroi, comme il porte notre espérance. Lazare est mort. Pour ses deux sœurs, un choc et une épreuve. Chacune affronte à sa manière le vide douloureux brutalement inscrit dans leur existence. Marie, d'abord réfugiée dans la maison, couvant son chagrin ; Marthe tout de suite partie à la rencontre de Jésus. Marthe qui interroge et dit d'emblée sa déception :" Si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort ". Marie accourue un peu plus tard aux pieds du maître ne dira pas autrement. Tant cette question peut venir à l'esprit de chacun dans ces moments amers : 'où étais-tu quand notre frère était malade et mourant ?'

Nous ne faisons pas plus qu'elles l’économie de la souffrance, et Jésus, compagnon silencieux, ne vit pas nos vies à notre place.     Malgré tout, Marthe dit aussi sa confiance : "Je sais que Dieu t'accordera tout ce que tu demanderas"...Et Jésus lui répond : "ton frère ressuscitera".  "Je sais", dit à nouveau Marthe, "à la fin des temps". Marthe sait, sait ce qu'elle croit, et sait le dire. Et pourtant le Christ lui dévoile que l'essentiel reste à découvrir : "Moi, je suis la Résurrection et la Vie ». Il invite Marthe à passer d'une croyance à la résurrection des morts à la fin des temps, à une foi en quelqu'un qui est aujourd'hui la vie (A.S. Dantan-Verseils). 

"Le crois-tu ?" interroge alors Celui qui nous tend une parole de confiance absolue : "celui qui croit en moi, même s'il meurt vivra"... Celui qui croit vivra intensément et continuera à vivre devant Dieu. 

 

  La résurrection n'est pas un précepte, c'est "une personne, une rencontre, une expérience ". Pas celle du dernier jour, dont parlait Marthe : celle dont Jésus témoigne au présent, offerte à plus d'un Lazare.  A commencer par celui que nous portons peut-être ? Ou dans lequel nous pourrions nous reconnaître en ce dernier dimanche de carême, à un jet de pierre de Pâques.

Qu’est-ce qui se cache alors derrière la pierre tombale et les bandelettes ? Des échecs et des regrets ? Des craintes et des cécités ? Du ressentiment et de l'indifférence ?  Tout ce qui se tient dans la mort, qui en Dieu pourrait peut-être reprendre vie ?  « Viens dehors » dit le Christ, même si tes mains et tes pieds sont encore attachés, et vis.

 Il y a aussi ces Lazare à qui nous laissons si peu d'espace pour vivre, ou que nous avons perdu de vue ; ceux que la société étouffe sous les bandelettes des préjugés, ou bien relègue dans "les tombeaux de son indifférence". Autant " d'amis de Jésus", appelés à revivre ; à charge pour nous de les « délier » de ce qui les entrave. 

 Plus largement encore, Lazare emmailloté ce sont ces personnes qui, sous d’autres cieux sont privés d’une vie digne parce que la faim les assaille ; les populations dont les mouvements sont empêchés parce que leurs droits fondamentaux sont oubliés ou niés ; les pauvres qui pâtissent au premier chef de la dégradation écologique et sociale de la planète et en paient le prix. Les destinataires de votre don au CCFD-Terre Solidaire, qui s'activent pour mettre en œuvre eux-mêmes des solutions...Tous ceux pour qui "nous devons convertir le modèle de développement global" et même "redéfinir le progrès" (LS n°194).

 

 Modestes résurrections, mais tellement proches !  Viendra bien un jour cet "au-delà du soleil" qu'évoque François au terme de son encyclique : quand, à la fin, "nous nous trouverons face à face avec la beauté infinie de Dieu (1Co 13,12)". Alors "nous pourrons lire, avec une heureuse admiration, le mystère de l'univers qui participera avec nous à la plénitude sans fin" (LS 243).  

Entre temps, "nous nous unissons pour prendre en charge cette maison qui nous a été confiée, en sachant que tout ce qui est bon en elle sera assumé dans la fête céleste" (Laudato Si n° 244).                                            

Pour le moment, Dieu nous appelle "à un engagement généreux", qui ne cède pas aux discours catastrophistes, non plus qu'aux illusions du perpétuel miracle ; qui ne s'abandonne ni aux facilités du laisser -faire ni à la tentation du découragement. 

               "Ensemble, avec toutes les créatures, nous marchons sur cette terre en cherchant Dieu…

Marchons en chantant ! Que nos luttes et notre préoccupation pour cette planète ne nous enlèvent pas la joie de l'espérance" (Laudato Si - n° 244).

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Des intentions de prière …

 (En union de pensée et de prière avec notre équipe pastorale, le prêtre et « tous ceux qui ont la charge de Ton peuple »)

  • Dieu Créateur, nous te prions pour l’Église, témoin et servante du salut, et tous les croyants qui marchent à la suite du Christ …Fais de nous les messagers et les acteurs du respect de la Création que Tu nous confies pour le bien de tous et des générations futures.

     

  • Dieu de Miséricorde, nous te confions les malades et ceux qui les soignent ; les personnes seules ou fragiles et ceux qui les accompagnent : accorde à tous courage et persévérance.

 

  • Dieu Ami des hommes, nous te prions pour les responsables politiques, économiques, associatifs, …Que ton Esprit leur inspire le souci du bien commun, des plus pauvres, et de la nature.
  • Dieu de la Vie, nous t’implorons pour les acteurs de justice et de paix qui s’engagent en ce monde afin que tous aient une vie digne : pour l’accès à la santé, à l’éducation, pour la préservation des ressources, le respect des lieux de vie et de l'environnement. 
  • Dieu de Résurrection, nous t’invoquons pour notre communauté : garde-la unie en ce temps d’épreuve ; inspire-la dans sa quête de conversion !  Aide–nous à nous délier de ce qui nous entrave. Soutiens tes amis qui essaient de modifier habitudes et attitudes pour habiter autrement la maison commune.

 

 Une prière de louange :

  • Dieu notre Père, tu nous fais revivre, de tout cœur nous t’en rendons grâce.  Tu as fait sortir ton peuple des ténèbres de l’exil et tu l’as ramené sur la terre d’Israël. En chacun de nous, tes enfants, tu mets ton Esprit, pour que nous vivions en plénitude A l’image de Jésus de Nazareth que tu as ressuscité d’entre les morts. 
  • Béni sois-tu pour ton Fils venu parmi nous !  Il a connu la profonde amitié de Marthe et de Marie, il a pleuré devant le tombeau de Lazare, Il a compris la prière et le désarroi de ses amies face à la mort d’un proche : « Seigneur, si tu avais été là, Mon frère ne serait pas mort !  Il a été touché par la foi de ces filles d’Israël…
  • Loué sois-tu pour Jésus qui se déclare « La Résurrection et la Vie » ! Plein d’assurance, il lève les yeux vers le ciel et te rend grâce parce que tu l’exauces toujours. 
  • Seigneur, augmente notre foi en ta puissance de résurrection !  Que nous croyions fermement à la vie par-delà notre mort…  À tous ceux qui sont enfermés dans les tombeaux du désespoir ou de l’incrédulité, redis la parole qui a réveillé Lazare : « Viens dehors !»  Ils sortiront vers la lumière, libres de marcher avec toi et de proclamer tes merveilles à la face du monde.  Debout devant toi, dans l’Esprit nous te prions : Notre Père …

(Prière de louange pour une Assemblée dominicale en attente de Célébration Eucharistique, diocèse de Rimouski, Canada)

 

 Donner, c’est agir pour que vienne « le temps des solutions ».

 « Mandaté par les évêques de France, le CCFD-Terre Solidaire sollicite les chrétiens en France en ce 5ème dimanche afin de participer à la construction d’un monde plus juste et plus solidaire ». 

Donner, c’est traduire en actes notre solidarité avec les plus pauvres et les plus vulnérables de la planète ; c’est leur fournir les moyens de lutter contre la faim par eux-mêmes, et de reconnaître ainsi leur dignité. C’est s’associer à la parole d’encouragement du Pape François, qui invite à « donner notre reconnaissance à ceux qui œuvrent à sauvegarder la maison que nous partageons tous. » 

 Merci pour votre geste ! www.ccfd-terresolidaire.org/don/carême

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Bon dimanche et bonne semaine à tous,

ensemble sur le chemin vers Pâques.

Parents, bénissez au nom du Père, du Fils et de l’Esprit-saint,

vos enfants et ceux qui vivent sous votre toit.

 

Que le Seigneur nous bénisse tous et nous accompagne,

ainsi que tous ceux que nous voulons soutenir,

« ici et là-bas », comme dit le CCFD-Terre ssolidaire.

 

Bon courage, et =>…        

 

L’Equipe pastorale St Jean des monts.

Article publié par Bernard Bourdrez - Saint Jean des Monts • Publié • 262 visites