L’Eglise de tous les saints

Eglise d'Arras n°18

Synode Nord, session 3- 5 Synode Nord, session 3- 5  Il ne semble pas que Jésus ait donné à ses apôtres un Evangile et une Eglise clés en main. On a parfois chosifié l’Evangile et l’Eglise comme si tout avait été écrit et qu’il suffisait de refaire ce que Jésus avait fait. Sous le titre “inventons les paroisses de demain”, les évêques de la province du Nord ont invité à mettre en œuvre un immense chantier, pour que l’Evangile soit annoncé. Lorsque le pape François a rassemblé le synode sur la famille à Rome, ce n’était pas non plus pour reproduire en tous leurs détails les prescriptions des âges précédents. Il en était de même pour le Pape Jean XXIII quand il a convoqué le concile Vatican II.

 

L’histoire des conciles nous apprend que Pie XI, puis Pie XII avaient constaté les difficultés grandissantes entre l’Eglise et la société, et qu’il fallait sortir de l’enfermement dans laquelle se trouvait l’Eglise au début et au milieu du XXème siècle. Les pères du concile, convoqués entre 1962 et 1965 n’étaient pas des adolescents naïfs, mais des évêques convaincus de la charge qui pesait sur eux, celle d’annoncer pour le monde présent la bonne Nouvelle que Dieu aime ce monde. Le mot grec eu aggelon, traduit par Bonne Nouvelle, a été utilisé par l’évangéliste Marc pour introduire son ouvrage concernant Jésus, Christ, Fils de Dieu. A sa suite, Matthieu, Luc et Jean ont cherché les mots les plus justes pour que le monde croie Jésus, Messie et Fils de Dieu et reçoive de Lui la Vie (Jean 20, 30-31).

 

En fêtant les saints de tous les jours le premier novembre, nous avons reconnu leur grande diversité, de génération en génération. Ils ont cherché à répondre à l’attente du Seigneur Jésus. C’est une foule immense qui nous est donnée en exemple, hommes et femmes de bonne volonté, assoiffés de justice et de paix, qui ont tracé un chemin à la suite de Jésus. Ils ont donné autour d’eux le désir de croire et de marcher à la suite de Jésus.

 

Il n’est pas étonnant que le synode provincial insiste sur la communion entre les chrétiens : n’est-ce pas la prière de Jésus avant de quitter les siens qu’il avait aimés ? Il n’est pas étonnant non plus que ce synode invite à connaître le monde dans lequel nous sommes. Nous nous percevons tellement au centre du monde que nous avons du mal à accueillir l’appel à aller aux périphéries.

 

Il n’est pas difficile de nous immerger dans les réalités d’aujourd’hui. Parmi les sujets de l’actualité de ces jours-ci, il y a les appels à participer à l’éradication de la misère mondiale : la maladie, la faim, la violence. Il y a aussi les appels pressants à un autre regard sur les migrants, pour la plupart obligés de fuir : regards envers eux, et un peu plus. L’évocation de la “Grande guerre” devrait nous inciter à être attentifs aux multiples “petites guerres” : Irak, Somalies, Soudan, Ukraine, Erythrée, Mali, et combien d’autres. Il ne faudrait pas oublier les guerres dites économiques qui font souffrir, hélas, bien des petites gens. Peut-être faut-il relire le message de Paul VI à l’ONU.

Que viennent faire l’Eglise et les chrétiens dans ce monde ? Que vient faire Jésus-Christ dans ce monde ? Il n’a pas demandé à son Père d’extraire ses disciples hors du monde, au contraire, il les a envoyés dans ce monde. Le monde de demain, devrait ressembler à un immense pâturage, disait le prophète Isaïe, où tous pourraient pâturer dans la paix (Is. 25) ; il ne devrait pas être une terre brûlée, aride, déserte.

 

Plusieurs articles de ce numéro évoquent les débuts d’année : que ce soit l’Enseignement privé catholique, que ce soit la rentrée des doyens ou l’aumônerie des jeunes, que ce soit l’année de la vie consacrée. Ce sont autant de raisons de rendre grâce au Seigneur pour ce qu’il nous est donné de vivre, que ce soit aussi l’occasion de devenir artisans de paix, de justice, d’amour. Sont aussi évoquées dans ces pages, les dernières ordinations diaconales, comme un rappel du service des hommes auquel tous nous sommes convoqués : une Eglise servante et pauvre, n’est-ce pas le programme de l’actuel pape François.

 

Abbé Emile Hennart