RENDS-NOUS LA JOIE D’ÊTRE SAUVÉS ! Le Salut : en vivre et l’annoncer !

Mercredi 25 août 2021 Prérentrée des acteurs de la catéchèse

Au seuil d’une nouvelle année pastorale, le Pôle Evangélisation et Catéchèse a rassemblé les acteurs de la catéchèse dans la basilique-cathédrale de Saint-Omer pour sa journée traditionnelle de prérentrée. Alors que l’actualité est parfois morose, les animateurs ont choisi de s’arrêter sur un cadeau de Dieu parfois mal compris : le salut.

 

Ils ont demandé à Isabelle Morel et au père Christophe Spérissen de les aider à annoncer joyeusement le salut que Dieu procure, à en vivre eux-mêmes et à permettre aux autres d’entrer dans cette aventure.

 

Le salut chrétien

 

Isabelle Morel est directrice adjointe de l’institut supérieur de la pastorale catéchétique et responsable du service de formation du diocèse de Besançon. Elle a donné un exposé clair sur ce qu’est réellement le salut.

 

Nous entendons encore çà et là « Hors de l’Église, point de salut ». Cette phrase a longtemps été comprise de travers. Yves Congar en disait : Cette expression est faussement claire. Elle laissait entendre que les non baptisés étaient automatiquement destinés à l’enfer. C’est ce qui conduisait à baptiser les bébés le plus rapidement possible après leur naissance. À cause de cela, beaucoup de personnes ont vécu dans la peur de Dieu, du jugement dernier, de la vie après la mort, etc. C’est en réalité une image et une croyance qui sont à l’opposé du salut annoncé en Jésus Christ.

 

Vatican II a affirmé que ceux qui, sans faute de leur part ignorent l’Évangile du Christ et son Église, mais qui cherchent cependant Dieu d’un cœur sincère et s’efforcent sous l’influence de la grâce d’accomplir dans leurs actions la volonté de Dieu en écoutant simplement leur conscience, peuvent obtenir eux-aussi le salut éternel. Il est écrit dans Gaudium et Spes à propos de ceux qui s’orientent vers la résurrection (22-5): « Et cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ, mais bien pour tous les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’être associés au mystère pascal ».

« Vous allez me dire, ironise Isabelle Morel, si on peut tous être sauvés, à quoi ça sert d’être catholique, de se lever tous les dimanches pour aller à la messe, de prendre du temps pour prier, d’aller au caté, etc. Autant rester tranquille chez soi et attendre que la vie se passe. Si vous faites cela pour ça, il y a des chances que vous finissiez un jour par être déçus. Comprenons bien. Pourquoi dit-on Hors de l’Église point de salut, c’est-à-dire Sans l’Église, on ne connait pas le salut. Le salut, c’est le Christ lui-même. Nous sommes là au cœur de notre foi. Le Christ est mort et ressuscité pour le salut de tous. Ce salut nécessite notre libre adhésion et notre libre réponse. J’ai donc bien besoin que quelqu’un me fasse connaître et aimer le Christ pour que je puisse répondre à cet amour que Dieu veut me communiquer. Alors seulement, c’est le cœur joyeux que je serai catholique et que je me lèverai tous les dimanches pour aller le rencontrer avec mes sœurs et mes frères chrétiens. Nous avons besoin d’une Église ouverte et accueillante pour aider un maximum de nos contemporains à découvrir et mieux connaître Jésus Christ. On ne peut pas connaître le salut chrétien en dehors de cette Église.  »

 

Isabelle Morel a insisté sur l’importance de la formation et en particulier de la catéchèse. Elle déplore que dans le domaine de la foi, pour la très grande majorité des baptisés, tout s’arrête après les premiers sacrements et la fin de la catéchèse à l’âge de l’enfance. L’entièreté de la foi aurait été transmis une fois les sacrements de l’initiation chrétienne célébrés. En réalité la foi est en perpétuelle maturation durant ma vie entière.

 Ne pas être catéchète isolé

 

L’après-midi, le père Christophe Spérissen, auteur et interprète, a ouvert une autre approche du Salut. Accompagné de son pianiste José, il a offert un itinéraire en chansons qui a permis d’intérioriser le message d’amour de Dieu : 

« Comme pour Adam le premier homme,

Tu ouvres les portes du paradis,

Toi le seul Seigneur tu vois ces hommes

qui oublient que tu es Dieu de la Vie.

L’Alliance est brisée, mais tu pardonnes,

toi le Dieu créateur es béni. »

 

L’intervention du père Christophe n’était pas un simple récital. «C’est un acte de formation qui nous rejoint dans toutes les fibres de notre être, a affirmé Mgr Leborgne à l’issue de la prestation musicale. Je suis sensible à l’intelligence des paroles et à la théologie qu’elles déploient.»

 

Dans son mot de conclusion, Mgr Leborgne nous invite à retrouver le goût de la rencontre après les temps de confinement. Il affirme que l’on ne peut pas être catéchète tout seul et que l’on a besoin les uns des autres. Il faut faire confiance aux autres et en l’Église avant de faire confiance à internet.

«Prenez soin de vous, ruminez la parole, prenez le temps de la prière, conseille Mgr Leborgne. La prière n’est pas du temps que l’on donne à Dieu. C’est du temps que Dieu nous donne. C’est une porte ouverte. Laissez-vous façonner par cet amour. Parfois, un petit temps ridicule de prière peut changer une vie. Accueillez le salut.»

Annoncer le salut est un travail de pauvre dont le résultat ne nous appartient pas. Ce n’est pas le travail de ceux qui savent tout et qui répondent à toutes les questions. Cette pauvreté ne doit pas être un prétexte pour en faire le moins possible, pour ne pas se former. «Plus vous serez formés, conclut Mgr Leborgne, plus vous serez libres et plus vous serez disponibles au don de Dieu.»

 

Anne-Marie et Jean Capelain

 

 

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