CURÉ D’AUTREFOIS : L’ABBÉ MARTEL 

CURÉ D’AUTREFOIS : L’ABBÉ MARTEL Curé de OURTON dans la Paroisse des Quatre Evangélistes du Ternois

 

Curé d’autrefois : l’Abbé Martel 

 

           Au détour d’une allée dans le cimetière d’Ourton, une tombe presque oubliée, une tombe orientée vers le Calvaire s’offre à nos yeux. L’inscription battue par le vent et la pluie a blanchi, presque illisible. En scrutant bien le visiteur peut y lire : « Au Chanoine Martel  la paroisse reconnaissante ».

         Ce personnage local nous a souvent été évoqué lors de rencontres avec les anciens du village, en tant que figure remarquable de l’histoire locale. Ses édiles contemporains lui ont même dédié une rue et une plaque dans l’église rappelle son souvenir . Quel homme et quel prêtre fut-il pour avoir ainsi marqué les esprits ? C’est donc à travers les témoignages des derniers de ses contemporains que nous retraçons son portrait.

 

CHANOINE MARTEL CHANOINE MARTEL                L’Abbé Désiré Martel avait entrepris des études de médecine, mais de santé fragile il avait dû renoncer à ce métier et s’était consacré à la vie religieuse. Professeur à Aire sur la Lys en 1904, vicaire à Auxi-le-Château de 1905 à 1910, il devint ensuite le curé de la paroisse d’Ourton jusqu’à son décès en 1958. 

 

              Ses connaissances médicales, il les mit au service de la population à une époque où le recours au médecin était rare, les villageois faisaient souvent appel à lui. Il aida aussi à soigner les blessés lors du bombardement de 1944.

 

             Il veillait scrupuleusement sur ses ouailles et n’hésitait pas à l’occasion à « protéger » les personnes qui se disaient victimes de maléfices. Il avait ses entrées dans chaque maison. Parfois il lui arrivait d’inciter à se marier ceux et celles qui tardaient trop, à son goût, à prononcer leurs vœux. Il était indulgent avec les enfants qui fréquentaient le catéchisme, il leur donnait parfois une piécette, en sortant de l’église. Alors, ils couraient à l’épicerie pour acheter des bonbons. Pour l’anecdote, l’un d’entre eux nous a raconté qu’en l’attendant, ils jouaient à « confesse », dans le confessionnal, lorsqu’il les surprit. Devant l’air consterné des enfants, il éclata de rire.

 

             Proche de la population, il était associé aux grandes occasions, aussi quand dans une famille on tuait le cochon, c’était à qui lui rapporterait des côtelettes ou des pieds de porc, son régal.

             Pendant la guerre, certains mineurs n’hésitaient pas, à l’approvisionner discrètement en charbon, au dam de l’occupant, mettant leur vie en péril, cela bien qu’ils ne partageaient pas ses convictions.

 

              Il a marqué profondément la vie de ses paroissiens au point qu’en juillet 1954, ils fêtèrent son jubilé (cinquante ans de sacerdoce) auquel assistèrent, selon la presse de l’époque, plus de 2500 personnes. Tout le village participa à la préparation de cette fête, laïcs et catholiques joignirent leurs efforts pour confectionner des roses en papier crépon montées sur des guirlandes qui pavoisèrent toutes les rues. L’abbé Martel fut emmené dans une calèche jusqu’à un pré où il célébra une messe en plein air. Ce fut une belle kermesse paroissiale. !

 

              Il s’investit également dans la vie municipale. Il formula le souhait d’être enterré dans le cimetière pour reposer auprès des siens car disait-il : « Mes paroissiens me diront bonjour en passant » . Ainsi se passèrent les quarante-huit années de son sacerdoce à Ourton, ainsi fut le Chanoine Martel : un père, un guide temporel et spirituel, un homme ordonné prêtre au service de Dieu, un pasteur pour ses fidèles.

 

Béatrice CARNEL (Membre de l’Association Ourton d’Hier à Aujourd’hui)

 

Article publié par Onésime Marien - Les 4 Evangélistes du Ternois • Publié • 122 visites

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