Mouvements et action de première annonce

Conseil des doyens autour de Mgr Jaeger

La rencontre des doyens autour de Mgr Jaeger et du Conseil épiscopal a été l’occasion d’une très utile réflexion sur la première annonce, et la manière dont elle est vécue dans les mouvements d’Eglise. C’est un élément mis en valeur dans le texte national pour l’Orientation de la catéchèse en France.

 

L’orientation de la catéchèse

 

  • 1. Que faut-il entendre par première annonce ?

Aude, pour le MEJ Mouvements et première annonce  
Aude, pour le MEJ
Aude, pour le MEJ
Le Texte national écrit, page 29 : « Cette annonce est appelée

première’ parce qu’elle appelle à croire et conduit au seuil où va être possible une conversion. Elle travaille à éveiller le désir de s’ouvrir à Dieu, elle invite à un chemin de foi, elle suscite de l’intérêt ». Ce qui est dit a un caractère inaugural, permet de nouveaux possibles. Après l’avoir entendu, on peut ne plus penser comme avant.
C’est donc une parole explicite de la part d’un croyant, qui fait résonner l’Evangile qui nous fait vivre. Elle invite à un chemin de foi, elle doit susciter le désir de s’ouvrir à Dieu lui-même qui nous aime et nous espère. Dans cette première annonce, le témoin s’expose comme croyant dans une parole qui le fait vivre. « celui qui reçoit l’annonce est libre de l’entendre, d’y adhérer ou non, de se laisser questionner. »

 

  • 2. Les conditions d’une première annonce ?

Le texte d’Orientation sollicite la famille, les espaces scolaires et aumôneries, les mouvements dans leur vocation à bâtir un climat qui donne envie d’aller plus loin. Cela commence par la qualité des relations habituelles et une vraie attention à la personne. Sans cohérence entre ce qui est vécu et ce qui est annoncé, sans espace d’expérience où l’annonce prend visage et trouve son authenticité, le ministère de la Parole peut difficilement s’exercer. Il appartient aux paroisses de soutenir les familles dans leur responsabilité de première annonce.

« Une action de première annonce est toujours ponctuelle, motivée par un événement, un moment, une circonstance ou toute autre nécessité qui demande qu’on en prenne l’initiative. » Il s’agit d’oser prendre la parole quand une situation favorable se présente, de saisir la perche. Ce n’est donc pas une parole intemporelle. Elle est marquée par les questions, les événements, les épreuves ou les joies que vivent les auditeurs. Prendre en compte ces éléments est une nécessité pour progresser dans une pédagogie d’initiation.

 

  • 3. Questions et remarques en mouvements

Il n’est pas question de demander aux mouvements de renoncer à ce qui est leur intuition propre ni leur pédagogie. Beaucoup d’équipes sont conscientes de la nécessité d’être témoins du Christ vivant et de la faire découvrir auprès de celles et ceux dont ils partagent l’existence au quotidien dans leurs lieux et milieux de vie.
Pour les mouvements, les temps forts, les temps de récollections et les groupes de partage autour des questions de foi peuvent des occasions de première annonce. Sans doute auront-ils à vérifier comment dans les équipes ils essaient de porter cette première annonce : quels projets, quelles expériences d’Eglise, ont favorisé une première rencontre avec le Dieu de Jésus-Christ. Les mouvements sont des lieux d’accueil, lieux éducatifs, lieux évangéliques en très grande proximité de lointains de l’Eglise. Cela les rend plus aptes que d’autres secteurs de la vie de l’Eglise à vivre une première proposition de la foi.

 

Les témoignages des mouvements.


Valérie (ACE) et Agnès (ACI) Mouvements et première annonce  
Valérie (ACE) et Agnès (ACI)
Valérie (ACE) et Agnès (ACI)
Aude, du MEJ, Agnès de l’ACI, Nadège, de la JOC, Françoise et Valérie de l’ACE ont chacune présenté un moment important de la vie de leur mouvement. Après coup disent-elles, nous découvrons combien nous vivons l’action de première annonce… Ce n’était pas le but de nos rencontre, mais c’était le fruit de notre présence auprès des jeunes et des adultes qu’il nous était donné de rencontrer par les activités « ordinaires » du mouvement.


Avec le MEJ. (Mouvement eucharistique des jeunes), ce fut la mise en œuvre d’un projet « Prends en de la graine ». En préparant le spectacle, ils ont développé des occasions d’échanges, de partages à partir des ustions des jeunes


Pour l’ACI, (Action catholique en milieux indépendants), Agnès présente son accompagnement d’une nouvelle équipe de jeunes/adultes de 27à 45 ans.


Nadège pour la JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne) insiste sur la pédagogie du voir, juger, agir dans la révision de vie. C’est dans la durée, entre eux, qu’ils se construisent ; c’est dans la prise de recul sur les évènements de leur vie qu’un chemin d’annonce peut s’ouvrir. Lors d’une session de formation, la préparation de la prière du matin, fut l’occasion de questions et de découvertes, bien au-delà de préparer un chant et un texte.


Valérie et Françoise pour l’ACE (Action Catholique des Enfants) exposaient comment de fil en aiguille une petite session de formation pour responsables s’est transformé en camp formation-loisirs de huit jours pour 90 personnes, enfants jeunes responsables et adultes (des parents pour la plupart). Lorsqu’il fallut aborder le “C” de ACE, certains ont découvert ce que cela signifiait la lettre. A partir de cet échange, ils ont voulu s’affirmer croyants. Le jour de célébration était un mercredi des cendres, temps de révélation, mais aussi temps d’affirmation : « j’y vais où j’y vais pas » ? Prendre la Parole à l’occasion de la célébration, s’exposer comme croyant devant d’autres… après coup, dit Françoise, c’est eux, entre eux qui furent les sujets d’une première annonce.


Dans sa conclusion, Mgr Jaeger appuyait ces initiatives. Il rappelait qu’il en existait de nombreuses dans le diocèse. L’une des plus importantes cette année est sans doute les Maisons d’Evangile. Beaucoup d’entre elles réunissent des chrétiens pratiquants et proches de l’Evangile, mais ce fut l’occasion aussi d’aller vers le voisin, le proche dans le quartier ou la vie professionnelle. Ce fut un étonnement pour ceux-là qui ont osé inviter, de voir des réponses positives ; puis de s’émerveiller, des partages et découvertes à partir des textes d’Evangile. Ils prennent conscience de son importance pour transfigurer une vie.

Prévoir si possible espace pour maison d’évangile et/ou autres initiatives.
 

Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 11398 visites