Action catholique et suites du 101010

Orientations diocésaines et mouvements. Autour de Mgr Jaeger

Une fois par an, l’Apostolat des laïcs réunit les responsables diocésains des mouvements d’Action catholique en assemblée générale autour de Mgr Jaeger.
C‘est l’occasion de mieux se connaitre ; c’est aussi l’occasion de préciser comment les mouvements vivent leur responsabilité d’annonce de l’Evangile dans le milieu qui est le leur.

 

Le projet diocésain de catéchèse.

 

Il était proposé cette année de découvrir comment l’orientation diocésaine promulguée le 10 octobre 2010 rejoignait leur souci de l’annonce de Jésus-Christ dans leur vie en mouvement.

Bénédicte Bodart a d‘abord rappelé les lignes directrices du document, à partir des titres des trois chapitres qui structurent le document.

 

  • L’Esprit de Dieu est à l’œuvre dans le monde… C’est à ce monde qui est le nôtre que le Christ nous envoie. L’Eglise diocésaine est ainsi appelée à entrer dans un nouvel esprit. Au milieu des fragilités et des solidarités humaines, nous avons à regarder ce monde avec le Christ, un amour incarné. A la suite du Christ nous sommes appelés à vivre le dialogue avec nos frères, ce qui signifie une annonce vécue dans la douceur et le respect de l’autre dans ses convictions et ses chemins de vie. De par leur positionnement dans la société, les mouvements développent davantage des initiatives de première annonce, ce qui est autre chose que la nouvelle évangélisation.
     
  • Dieu a l’initiative de se communiquer aux hommes…notre tâche est de servir cette initiative. L’intuition des mouvements d’Action catholique est de rendre effectif l’accueil de Dieu qui attire à Lui. Our passer de la foi en la vie à la foi en Dieu qui a la vie, les disciples que nous sommes ont à se mettre à l’école du Christ en fréquentant les évangiles, c’est-à-dire vouloir aller au-delà des quelques idées que nous avons en mémoire sur la religion. Les outils qui nous sont proposés sont au service de la relation entre Dieu et les personnes.
     
  • Le Christ fait de nous ses disciples et ses apôtres… Appelés et envoyés, nous avons besoin de nourrir notre vie de foi. Immergés dans la société, appelés à proposer des chemins de foi, appelés à offrir un milieu nourricier où puisse grandir l’Eglise… les disciples ont besoin eux-mêmes de se nourrir. L’Evangile et l’Ecriture sont la source de vi en Eglise, mais on n’oubliera pas les formations spécifiques pour comprendre la foi chrétienne et être capable d’en rendre compte.

Le principal étonnement fut de constater la proximité de pensée entre la démarche dite “Voir-Juger-Agir” qui fut aux origines de l’Action catholique spécialisée et la démarche initiée dans le document diocésain. C’est d’abord une attention, une écoute de la vie où l’Esprit de Dieu est présent, ce sont les bruits du monde dans lesquels Dieu est appelé à être reconnu, c’est enfin la participation à la vie ecclésiale pour grandir dans la foi et l’amour de Dieu et du prochain. Le projet diocésain officialise ce qui se fait déjà et appelle à aller plus loin (lecture de l’Ecriture, prière, formations).

 

La cinquantaine de participants se sépare en ateliers de réflexion. A partir de témoignages s’installe un dialogue dans la diversité des participants (âges et milieux). Plus qu’une synthèse des réponses (qui est impossible et trahirait les réalités de vie et de foi), acceptons une succession d’expressions :

 

  • Importance de la gratuité dans les rencontres avec des jeunes lors des permanences et accueil au local. Le partage et la confiance entre accompagnateurs et jeunes favorise la découverte. Pour les mouvements jeunes, il est important qu’ils aient avec eux des adultes “stables”, qui puissent se situer en adultes devant des jeunes en recherche, en attente, souvent fragilisés dans leur existence.
     
  • Importance de découvrir le monde tel qu’il est pour ceux que l’on rencontre. Prise en compte de l’humain, de l’écoute, proposition de paroles d’espérance. Pour ceux qui ont un long passé, nécessité de savoir recommencer à croire, à lire les Ecritures
     
  • Servir l’initiative de Dieu, c’est oser entrer en dialogue, c’est trouver les moments favorables. Pour beaucoup, le partage initié par les mouvements est le seul lien avec l’Eglise, avec l’Evangile.
     
  • Parmi les actions de partage sont signalé : un relais proposé par l’ACO sur les fragilités et les conséquences de la crise ; la fête du Jeu à Calais, qui rassemble une vingtaine d’organisations “civiles” autour du projet de l’ACE, un millier de participants, mais peu de présence des chrétiens des paroisses. Dans ces initiatives, c’est une Eglise qui va au-devant des gens ; c’est davantage une première annonce rendue possible qu’une catéchèse organisée.
     
  • La pédagogie de l’écoute, du dialogue suppose la proximité. Cela est favorisé par la vie en équipe et par la communion fruit de la vie en mouvement. Il existe des résonnances entre le projet catéchétique et l’intuition des mouvements, mais le chemin n’est pas “construit à l’avance”. (Relire et méditer le chemin des disciples d’Emmaüs).
     
  • Besoin de formation et de pédagogie pour approcher les Ecritures ; retrouver les attitudes fraternelles du Christ : écoute, solidarité-proximité, confiance et tendresse.
     
  • Importance des liens entre Eglise structurée et mouvements, diffus, mal connus. (NDLR : sans doute y a-t-il là une interrogation entre différentes conceptions de l’Eglise : une Eglise entre ses murs et une Eglise hors-les-murs ?)
     
  • Comme les paroisses, les mouvements subissent l’absence de prêtres pour les accompagner. Le souci actuel est de pouvoir former des accompagnateurs et des responsables pour les équipes, surtout les équipes jeunes.

En fin de rencontre, Mgr Jaeger fait remarquer que, fort heureusement, l’Eglise diocésaine ne part pas de zéro. Cependant il y aura toujours effort à faire de la part de ceux qui sont “tombés dans le bain tout –petits” à l’égard des autres. Il rappelle l’importance de l’annonce dans un milieu de vie, de l’écoute des bruits du monde. Il invite à dépasser une catéchèse notionnelle pour une catéchèse qui devienne référence à Jésus-Christ. Il insiste enfin sur la complémentarité nécessaire entre les diverses manière de vivre l’Eglise de Jésus-Christ.

 

Quelques conclusions, ou plutôt des pistes d’ouverture terminent cette longue soirée. Les mouvements ont en héritage une très forte empathie, comme le Christ, à l’égard des personnes rencontres dans le quotidien. La catéchèse par l’expérience vécue est une forme de catéchèse où l’on retrouve “accueillir, rejoindre, proposer, accompagner”. La culture dans laquelle s’insèrent les mouvements est marquée par la conviction que l’homme est le premier acteur pour transformer le monde. Comment alors rejoindre l’affirmation que Dieu a l’initiative, qu’il est premier ?
Là est de défi de redonner à Dieu la première place. L’expérience de rejoindre des personnes hors du sérail est-elle intégrée au projet catéchétique diocésain… et dans les esprits ?


Les témoignages de la soirée manifestent que les équipes sont des lieux où la personne est reconnue pour elle-même, personne qui fait l’expérience d’une durée, où l’on rend compte d’une espérance, où l’on passe d’une parole en crise à une prière en temps de crise.
La vie en équipe est le lieu d’une expérience où l’accompagnant et l’accompagné découvrent qu’un autre, appelé Père, les appelle et marche avec eux.
Propos rassemblés par Emile Hennart

Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 9070 visites