Apostolat des laïcs et élections

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photo vote pour presse Rencontre à Saint-Omer  En Octobre 2013, une dynamique inter-mouvements, visant à préparer les élections municipales de mars 2014, a été lancée en lien avec diverses associations du Pas de Calais.

 

Dans la continuité de la démarche Diaconia, le collectif a souhaité mettre l'accent sur la participation des personnes en fragilité à la vie démocratique. Le temps des élections est l'occasion de favoriser la prise de parole des candidats et aussi des électeurs. Nous avons donc voulu écouter les personnes parfois laissées de côté, de condition modeste ou en précarité. Peu ont été contactées pour faire partie d'une liste ou consultées par les candidats.

 

Ce texte est le fruit du dépouillement de 140 enquêtes réalisées sur le département.

 

 

Les moins de 30 ans : étonnamment confiants !

 

Ils nous disent...

Qu'ils se sentent à distance des élus et pas écoutés.

Qu'ils aimeraient des lieux de dialogue afin de pouvoir s'exprimer sur les sujets qui les préoccupent comme l'emploi, la mobilité et les divertissements.

Qu'ils ont le désir de plus d'égalité, de justice, de gratuité, de solidarité et de démocratie.

Qu'ils souhaitent une solidarité réelle et de proximité avec les personnes en difficulté.

Qu'ils ont le souci des jeunes précaires, des problèmes d'emploi et des transports en commun pour tous.

Qu'ils ne se sentent pas légitimes pour exprimer leurs avis aux élus.

 

Notre réaction :

Si le vote est perçu et vécu comme un droit et un devoir à exercer par toutes ces personnes interrogées, on peut se demander si la démocratie réelle et quotidienne est vécue. Nombreux sont ceux qui ne se sentent pas écoutés et qui ne mesurent pas la prise en compte de leur parole et de leur point de vue par les élus.

Bien qu'il soit couramment admis que les jeunes sont en rejet du politique, nous constatons qu'ils ne le sont pas vraiment. Malheureusement, ils ne se sentent pas légitimes pour parler aux élus.

 

 

Les 30-60 ans : un regard large sur la réalité de la vie

 

Ils nous disent...

Que ce qui fait la vie de tous est leur préoccupation : le logement, le travail, le transport en commun, l'accès à Pôle Emploi, la famille, les enfants, les personnes âgées, le commerce de proximité, le bien-être (les thèmes abordés sont donc nombreux).

Qu'ils n'acceptent pas les injustices et les favoritismes dans les traitements des dossiers.

Qu'ils veulent une justice sociale.

Qu'il serait souhaitable de prendre en compte la parole des plus démunis.

Que la Mairie est le lieu de l'information et de la connaissance des droits et de l'orientation par rapport aux droits.

Qu'ils ont des contacts avec les élus, à partir de besoins précis ou pour demander des aides.

 

Notre réaction :

La maturité des personnes et la réalité des problématiques qui les touchent, font qu'elles expriment davantage leurs attentes. Elles espèrent notamment de la reconnaissance par une vraie écoute, l'impartialité (pas de favoritisme) et la proximité des services et des commerces (pôle emploi, loisirs...).

Nous constatons que les 30-60 ans perçoivent davantage la force du collectif (associations) pour favoriser la solidarité, le partage, l'unité d'un village, les rapports intergénérationnels.

 

 

Les plus de 60 ans sont des acteurs locaux

 

Ils nous disent...

Que le vivre ensemble est primordial et qu'il correspond avant tout à une vie en proximité.

Que leur préoccupation va principalement vers les jeunes et les personnes âgées.

Qu'il n'y a pas de petites économies même pour la commune.

Qu'ils dénoncent le clientélisme et le chacun pour soi.

 

 

Notre réaction :

Chez les plus de 65 ans, nous percevons le souci récurrent de la proximité, du lien local via le monde associatif et l'action sociale. Ils favoriseraient davantage le vivre ensemble. Dans ce contexte, l'élu est attendu comme faisant du lien, favorisant l'expression d'avis (donner la parole) pour l'amélioration du quotidien (transport, logement, propreté, mobilité, animation, environnement).

Le vote reste un devoir même si on ne se fait pas d'illusion sur l'après période électorale.

Ce qui nous étonne c'est qu'ils ne parlent pas des actifs (30-60 ans) ni des questions de sécurité. Seraient-ils différents de la pensée dominante ?

 

 

 

Au terme de cette parole rendue aux plus fragilisés, les mouvements signataires de cette déclaration tiennent à rappeler une des convictions qui les animent : celle selon laquelle « Personne n'est trop pauvre pour n'avoir rien à dire, à partager ». Cette enquête est riche d’enseignement. Elle vient bousculer des idées toutes faites dans lesquelles les plus fragiles sont enfermés. Comme nous y invite l'Évangile, à la suite du Christ serviteur, tous ont à être écoutés.

 

Parce que la richesse d’un pays, d’une commune ne se limite pas à ses équipements publics ou privés, permettons au plus grand nombre de ses habitants et citoyens de développer leurs capacités d’agir, de donner, de participer au bien commun et au vivre ensemble, et d’accéder ainsi à la reconnaissance qu’ils recherchent.

 

Avec d’autres (élus, responsables associatifs…), développons des espaces d’expression et de dialogue. Agissons pour les droits de tous à l’éducation, au travail, au logement, à la mobilité, à la culture… Que les décisions prennent en compte la situation des plus fragiles dans le respect, la justice et la dignité.

 

La fraternité n'est pas une option, c'est une nécessité.

 

Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 6396 visites