Chronique du temps qui passe

Le 30 juin dernier, Monsieur Jean-Pierre Kucheida, député maire de Liévin et Monseigneur Jean Paul Gaeger, évèque d’Arras, posaient la première pierre de la reconstruction de la chapelle Notre Dame de Grâce dans le bois de RiaumontLaissons le soin à la st

 

Chronique du temps qui passe

 

Le long voyage de la statue de Notre Dame de Grâce

 

Le 30 juin dernier, Monsieur Jean-Pierre Kucheida, député maire de Liévin et Monseigneur Jean Paul Gaeger, évèque d’Arras, posaient la première pierre de la reconstruction de la chapelle Notre Dame de Grâce dans le bois de Riaumont

Laissons le soin à la statue qui l’occupait de conter elle-même son histoire….

 

Je suis née, il y a bien longtemps, du fût d’un tilleul. La main et l’art d’un artiste anonyme m’a sculptée avec amour et patience, mes 70 centimètres de bois font partie de l’histoire de Liévin.
mon regard se porte très loin, et mon visage invite à la méditation, mon bras gauche supporte avec douceur mon enfant, je le présente au monde, il ouvre largement les bras et semble l’accueillir avec tendresse. Mon bras droit se tend vers le bas, comme pour inviter à venir vers moi pour aller vers l’enfant. Je suis Marie, médiatrice de toutes  grâces…..

            Avec saint Joseph et saint Paul, on me plaça dans une petite chapelle enfouie  sous la frondaison du petit bois de l’Hermitage qui deviendra ensuite le bois de Riaumont. Une petite source coulait abondamment auprès de moi, on venait y puiser l’eau cérémonieusement on disait qu’elle était miraculeuse, c’était l’eau qui guéri, l’eau qui sauve….. j’ai vu bon nombre de fidèles, des jeunes et des vieux, réciter pieusement le chapelet, j’ai senti la douce chaleur et vu la faible lueur des cierges que les pèlerins allumaient, d’autres gravaient leur nom  et leur prière sur les murs en guise de demandes ou d’action de grâce. J’ai souvent rencontré le regard des mamans inquiètes qui me présentaient leur petit enfant qui tardait à marcher. A d’autres moments je recevais les enfants qui venaient de faire leur première communion. Une fois l’an, je crois, portée par les marguilliers de la paroisse, je descendais de ma colline pour me rendre à l’église Saint Martin, j’étais en tête du cortège, juste précédée des petites filles du catéchisme délicatement vêtues en angelot qui me lançaient les pétales de roses qu’elles sortaient de petits paniers pendus à leur ceinture.. Derrière moi, après les enfants de Marie et les Charitables, membres du Rosaire, le curé portait l’ostensoir sous un dais de toile brodée.

Les gens s’inclinaient à notre passage et reprenaient avec cœur les cantiques que la chorale entonnait. Les exécutions musicales de la fanfare ponctuaient les chants.

La chapelle qui m’abritait fut abandonnée et même pillée en 1710, les murs se ruinèrent pendant plus de cinquante années. Monsieur De Moges, Seigneur d’Oréaulmont, décida de reconstruire une nouvelle chapelle, modeste certes, mais remplie de foi et d’espérance. Je fus placée à la meilleure place dans la niche centrale

Dieu que j’étais bien ! mais la tourmente révolutionnaire de 1793 vint troubler la quiétude des lieux. Une nuit Madame Devocelle, l’épouse de garde chasse, accompagnée de ses six filles, m’emmena pour me dissimuler dans le grenier de sa maison du côté de la rue Michelet.une fois  le calme revenu je fus relise à ma place. En 1732 une statue de Saint Roch fut mise à mes côtés, :  une épidémie de choléra sévissait dans la région et St Roch était bien placé pour intercéder et faire cesser ce fléau qui tua plus de 120 liévinois. Les neuvaines étaient fréquentes, la piété et la ferveur considérables

Parfois il y avait tant de cierges allumés, à l’intérieur comme à l’extérieur que l’incendie menaçait et en 1896 la porte de chêne fut en partie brulée, elle fut remplacée par une par une porte de métal

 

Mon voyage n’est pas fini,  vous pourrez le suivre dans le numéro de février

                       

                                                                                    Guy Boucher membre de l’OMM

                                                                                    Sources : Patrick Adèle

                                      Mémoires de Melle Aronio de Romblay

                                                                                    Archives diocésaines

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