Homélie du Père Guy Pillain

4ème dimanche de carême

 

 

Notes de l’homélie

 

Qui est aveugle ? Qui est celui qui voit vraiment ? On peut distinguer trois catégories

 

Ceux qui ne veulent pas voir :

Les pharisiens sont obligés de constater qu’un aveugle de naissance a retrouvé la vue, mais  ils se refusent à voir ce que cela signifie. Ils sont obnubilés par le fait que Jésus a fait de la boue un jour de sabbat ; ils s’en tiennent à la lettre de la Loi et font preuve d’étroitesse d’esprit.  Ils ont des préjugés : un aveugle est impur, hors de leur manière de vivre leur foi, il n’y a rien de bon. Ils s’en tiennent aux apparences, un peu comme Samuel lorsqu’il s’imagine que celui que le Seigneur a choisi est le plus grand, le plus fort (1° lecture). Cela les conduits à refuser les évidences « ils ne voulaient pas croire que cet homme était né aveugle et avait retrouvé la vue.

De la même façon qu’il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, celui qui ne veut pas voir, ne verra pas ! Ne nous croyons pas trop vite exempts de ces aveuglements. Nous avons des points aveugles, comme le riche de la parabole qui ne faisait rien de mal, mais qui ne voyait pas le pauvre Lazare à sa porte. Tel défaut de mon frère qui me crève les yeux, m’empêche de reconnaître quoique ce soit de bon en lui.

 

Une deuxième catégorie de personnes, ce sont ceux qui n’osent pas ouvrir les yeux :

Les parents de l’aveugle de naissance reconnaissent que c’est bien leur enfant, mais ils se gardent d’en dire plus, car ils ont peur. Peur d’être exclus de la synagogue (qui gérait l’assistance publique). Ils ne sont pas libres ; ils sont liés par l’argent. La peur les empêche d’avoir un regard lucide.

Aujourd’hui, c’est la peur de se faire mal voir, peur d’avoir à corriger certains comportements, peur de devoir changer des habitudes ; peur d’avoir un service à rendre ou de prendre des engagements.

 

La troisième catégorie, représentée par l’aveugle, ce sont ceux qui marchent vers la lumière sans craindre de prendre des risques : Il n’a rien demandé, il est disponible « va te laver à la piscine de Siloé. Il n’a pas peur de prendre le  risque d’être chassé de la synagogue. Il reconnaît la vérité à l’encontre de ceux qui veulent lui faire parler contre ses convictions. De ce fait, il se rapproche de Jésus. Il dit de lui, au début : « L’homme qu’on appelle Jésus, puis c’est un prophète et enfin avant qu’on ne le chasse, il affirme qu’il vient de Dieu. A ce moment, il est prêt à rencontrer Jésus et à confesser sa foi : « Je crois, Seigneur. »

 

Si nous ne voulons pas être des aveugles et marcher dans la lumière, être « fils de lumière » (2° lecture)

Il faut ne pas nous en tenir aux apparences ; rappelons-nous la parole du renard au petit prince(Saint-Exupéry) : « l’essentiel est invisible pour les yeux, on ne voit bien qu’avec le cœur ». Il importe de nous mettre à l’école du Seigneur qui ne juge pas selon les apparences, mais regarde le cœur.

Il faut aussi avoir l’esprit large, libre de nos préjugés

Il faut aussi avoir le courage de la vérité, même lorsqu’elle nous dérange, être prêts à l’accueillir même lorsqu’elle nous remet en cause. Il faut avoir le courage de rendre compte de notre foi

Nous pourrons alors aller à la rencontre du Seigneur Jésus et dire en vérité « je crois, Seigneur ! »

Par le baptême, nous avons reçu la lumière du Christ. Rappelons-nous la parole qui est dite lors de la remise du cierge de baptême aux adultes :

« Vous êtes devenus lumières dans le Christ, marchez toujours comme des enfants de lumière ; demeurez fidèles à la foi de votre baptême. Alors, quand le Seigneur viendra, vous pourerz aller à sa rencontre dans son Royaume avec tous les saints du ciel ».

 

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