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Témoignage sur une présence en Algérie

lisieux  

Témoignage sur une présence en Algérie

Journée thérésienne à Lisieux le 1er octobre 2007

 

Voici six ans déjà, que je suis en Algérie,  membre d’une Eglise qui est héritière d’une longue et riche histoire. De son lointain passé, on peut se remémorer, entre autres,  Ste Monique, lisieux

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St Augustin ; et plus proches de nous,  Charles de Foucauld, le  cardinal Duval, les moines de Tibhirine, et bien d’autres martyrs…

Aujourd’hui, « petit reste » au milieu d’un peuple quasiment tout entier musulman, l’Eglise se reconnaît une vocation particulière, celle d’être ici, « non point  étrangère » mais «  algérienne » ; d’où l’esprit de solidarité qui l’anime, ainsi que son attention aux évolutions et aux aspirations du peuple, afin de mieux le servir.

 

Quelques  flashs peuvent suffire à révéler ces  évolutions :   

 

 

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Une impressionnante poussée démographique : 9 millions d’habitants en 1962, et 35 millions, en 2007. Conséquence : 70 % de la population a moins de 30 ans.

L’arrivée des vagues successives de jeunes nécessite des investissements énormes, aussi bien matériels que humains ; investissements plus ou moins couronnés de succès, et cela dans tous les domaines : l’enseignement, l’habitat, la santé, l’économie et l’emploi, les loisirs, etc.  

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De plus, l’émigration constante des ruraux vers les villes, est aussi cause de grandes mutations dans les structures familiales. On assiste au passage  d’une mentalité tribale, où le « pater familias» était le chef de la famille, celui qui commande. A présent nous assistons  à une mentalité plus individualiste propre à une cellule conjugale restreinte,  n’ayant que deux ou trois enfants.

Témoignage d'une présence en Algérie

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Témoignage d'une présence en Algérie

Les difficultés d’insertion professionnelles et économiques  sont telles, que les jeunes retardent l’âge de leur mariage ; beaucoup sont même contraints au célibat. Beaucoup de jeunes hommes cherchent une issue dans la pratique de commerces parallèles, sources de gains faciles, ou encore tentent  d’émigrer.

Rien de tel pour la jeune femme. La seule issue qui lui est offerte est de parvenir  à s’élever le plus possible dans la filière d’études  qu’elle s’est choisie. Déjà, dans les écoles primaires, les filles se révèlent être les plus performantes.  Il en est de même dans les universités, les instituts. Il est aujourd’hui impressionnant d’observer combien la société algérienne se féminise.  Les femmes sont de plus en plus présentes dans tous les corps de métiers : enseignement, santé, barreau et magistrature, vie associative, et même police.  Malgré cette ascension, elles demeurent toujours soumises à un « Code de la famille », archaïque, d’inspiration religieuse, voté en 1984 ; c’est ce qui conduit nombre d’entre elles, à militer avec courage au sein de divers mouvements qui revendiquent la  pleine reconnaissance de leurs droits humains.

 

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Autre grave problème, qui devient cause d’affrontements meurtriers, est celui de la définition de l’identité nationale. Le consensus à ce propos est loin d’être acquis, entre les tenants de l’arabisation,  de l’islamisation, de la berbérité, de la laïcité, d’une modernité à l’occidental, ou  encore de la tradition…

D’autres observations mériteraient encore d’être faites, mais l’essentiel est là.  Dans une vie de proximité avec les hommes, les femmes et les enfants de ce pays, notre Eglise elle, s’applique à discerner leurs grandes aspirations, à les accompagner dans leurs recherches et à les soutenir dans leurs progrès, et cela avec un esprit respectueux et fraternel.

 

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En ce qui me concerne, je fais partie d’une équipe d’animation du « Centre d’études diocésain » d’Alger. Un lieu où sont enseignés l’arabe classique et dialectal, le berbère, et où, une bibliothèque est mise à la disposition de chercheurs en histoire, en archéologie. Au sein de cette équipe, ma responsabilité est d’organiser avec d’autres des conférences  présentées par des personnalités algériennes ou étrangères, dans le but de favoriser une meilleure connaissance du patrimoine du pays, et aussi afin de faciliter des échanges avec les cultures étrangères.

Autre engagement : J’apporte ma contribution aux « Services Caritas ». Cet engagement m’amène à collaborer à divers projets humanitaires. Sans omettre l’assistance à des  personnes les plus nécessiteuses, il s’agit surtout de soutenir de multiples projets : créations de coopératives de production féminines en zones défavorisées, formation de monitrices de jardins d’enfants, publication d’une revue socioculturelle, féminine, bibliothèque pour étudiants, création et accompagnement de centres d’animation de jeunes, en quartiers populaires…

 

Mon témoignage serait inachevé, si je n’ajoutais pas la satisfaction qui est la mienne, non seulement de nouer des amitiés avec des frères et des sœurs de notre communauté chrétienne, mais aussi avec nombre d’Algériens musulmans. Leur croyance en la  transcendance de Dieu dans nos vies, crée entre nous d’immédiates affinités, source de fraternité.  

Alger le 8 septembre 2007

 

Jean-Marie Leclercq

Article mis en ligne par E.H. Communication Diocèse    Publié Lundi 17 septembre 2007 - 17h59     - 1455 visites
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