Synode : Ouverture de la démarche vers le synode sur la synodalité, et de la visite pastorale

Synode 2021-2023

logo Synode 2021-2023 logo Synode 2021-2023  Chers amis,

 

Il y a bientôt un an, j’étais installé évêque à la cathédrale d’Arras.

C’est dans ce même lieu que je vous ai donné rendez-vous le dimanche 17 octobre 2021 de 16h à 17h30 pour entrer dans le processus synodal auquel le Pape François invite toute l’Église universelle.

 

Rendez-vous d’autant plus important pour le diocèse d’Arras qu’il coïncide avec la préparation des visites pastorales dont je souhaite qu’elles soient un lieu de synodalité pour notre Église dans le Pas-de-Calais.

 

Dans l’élan de ma lettre pastorale* « C’est vraiment lui le Sauveur du monde ! », je vous exposerai ce jour-là une introduction au chemin que nous ouvrirons ensemble.

 

Puis nous prierons vêpres (prêtres et diacres – ornements rouges) et vivrons un temps d’envoi en mission.

 

Je compte sur vous ! 

 

+ Olivier Leborgne,

Evêque d’Arras, Boulogne et Saint Omer.

 

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Revivez l'ouverture de la phase diocèsaine du Synode & célébration des Vêpres :

 

 

*Sa version papier s’achemine vers les paroisses, sa version PDF est téléchargeable sur le site du diocèse, une version vidéo est à retrouver sur la chaîne Youtube et la page facebook du diocèse.

 

 

1 - Introduction de Monseigneur Olivier Leborgne, évêque d'Arras

 

2 - Témoignages

a) Phillipe Barras 

b) Anne-Gaëlle Charvet

c) Manon Gilbert

 

3 - Prière d'intercession

 

Ouverture de la démarche vers le synode sur la synodalité, et de la visite pastorale, alors que nous venons de recevoir le rapport de la CIASE – le 17 octobre 2021 – cathédrale d’Arras.

 

synode synode  « Le temps est supérieur à l’espace ». Depuis La Joie de l’Evangile[1], l’exhortation apostolique qui a ouvert son pontificat et qu’il nous a donné comme le programme de son action, le Pape François répète souvent cette affirmation : « le temps est supérieur à l’espace. » Il nous invite à initier des processus. Les organisations sont importantes et sans doute indispensables, pourtant elles ne sont pas l’essentiel. L’essentiel est de s’engager dans des processus. Sans processus qui la porte et en est l’âme, une organisation dépérit, se rigidifie et meurt d’autant plus rapidement qu’elle n’en a pas conscience. Si l’espace dans lequel nous nous mouvons est notre cadre, il ne doit pas nous faire oublier que le lieu de notre déploiement fondamental est le temps.

 

Il s’agit donc d’initier des processus. La démarche à laquelle le Saint Père convoque tous les diocèses du monde est bien de cet ordre-là. En vue du synode sur la synodalité convoqué pour 2023, il demande à tous les baptisés d’entrer dans une démarche synodale. Le mot synode vient d’un verbe grec qui veut dire « marcher ensemble ». Comme les disciples d’Emmaüs[2], rejoints sur la route de leur espérance avortée (Jérusalem) vers leur quotidien résigné (Emmaüs) par Celui qu’ils prennent pour un étranger – et qui de fait est tellement étrange par rapport à ce qu’ils avaient projeté sur lui de son vivant -, il s’agit de marcher ensemble et d’oser prendre la parole. « De quoi parliez-vous donc en chemin ? » demande Jésus[3]. Le Verbe de Dieu, la Parole éternelle du Père en prenant chair de notre chair avait commencé par se faire enfant, étymologiquement infans, celui qui ne parle pas. Comme s’il avait voulu, tout Fils de Dieu qu’il fut[4], apprendre notre humanité[5] pourtant créée par lui, pour lui et en lui[6], en l’écoutant dans sa profondeur pendant 30 ans avant d’oser la moindre parole. Mais ce silence était déjà une parole si forte de la part du Seigneur. Et voilà, que ce Dieu dans la chair, Celui qui s’est fait notre frère en tout jusque dans la mort[7], une fois ressuscité commence par nous donner la parole. Il la reprendra à la fin du récit pour éclairer du mystère pascal annoncé par l’Ecriture son chemin[8] et l’histoire même des disciples d’Emmaüs et de l’Eglise naissante, mais ressuscité, il commence par nous donner la parole. « De quoi parliez-vous donc en chemin ? » Quand la Parole éternelle du Père, le Verbe de Dieu nous donne la parole.

 

Voilà le processus qu’ouvre la démarche synodale. Il s’agit de prendre la parole. D’oser la prendre, et ce n’est pas toujours simple. Nous le savons, il y a ceux qui parlent tout le temps, et ceux qui ne parlent jamais, les « sachants » ou (auto) déclarés comme tels et ceux qui pensent qu’ils n’ont rien à dire ou que leur parole ne saurait avoir de poids – et qui pourtant plus que tous sont porteurs d’une authentique parole de salut. Il y a ceux qui sont missionnés pour prendre la parole – et qui parfois le font très bien - et ceux qui ont la grâce de l’écoute en profondeur. Pourtant il y a aussi l’écoute blessée ou soumise, et la parole surplombante ou dominatrice, qui ne viennent jamais de l’Esprit Saint.

Il s’agit d’oser prendre la parole et pour que tous osent parler, d’apprendre tous à écouter. En profondeur. Il faut aller plus loin que le simple débat d’opinions ou d’idées. Il faut accepter de laisser l’autre aller au bout de son expression sans l’enfermer dans ce que nous croyons savoir de lui ou pensons avoir compris de ce qu’il dit. Il faut accepter de risquer une parole, parfois maladroite, au risque d’écorner l’image que l’on voudrait donner de soi. Prendre la parole pour entrer en synode, c’est toujours risquer quelque chose de soi dans le désir de servir la joie de Dieu pour le monde et son salut, pour chercher ensemble les chemins de la volonté de Dieu pour notre temps.

 

Prendre la parole au nom même de notre baptême, de ce que nous avons été plongés dans la mort et la résurrection du Christ, et « soufflés » dans la grâce de l’Esprit Saint. Ecouter l’autre au nom même de ce que le Seigneur fait de lui une parole qui nous est adressée. Prendre la parole en désirant de tout notre être que l’Esprit Saint soit l’acteur et le dynamisme fondamental du processus.

 

Marcher ensemble alors en sachant à peu près d’où nous partons mais en acceptant de ne pas posséder la carte précise du chemin ni de connaître le point d’arrivée. Laisser le maître du temps et des moments diriger la marche et pour cela, nous y engager complètement, de toute notre âme, de tout notre cœur et de tout notre esprit.  Ne pas chercher le conflit, mais pas ne pas en avoir peur. La communion vers laquelle nous entraine le processus synodal n’est pas le consensus mou ou minimaliste dont nous nous satisfaisons trop souvent – toujours source de frustration et d’amertume, donc de violence -, mais œuvre de l’Esprit qui se réalise dans la recherche déterminée et partagée de la vérité dans la charité et de la charité dans la vérité[9].

 

Le Pape veut donc nous engager dans un processus. Ce dernier ne se fera pas sans régulation et sans respect des responsabilités et autorités des uns et des autres, et sans leur articulation dans la grâce de ce que le Seigneur veut pour l’Eglise et dont elle essaie de vivre et d’approfondir depuis sa création. En ce sens, la synodalité est différente de la démocratie participative. Il s’agit bien de nous engager avec tout ce que nous sommes pour apprendre à nous recevoir du Tout Autre à travers les appels que l’Esprit adresse à l’Eglise et que nous devons apprendre à discerner tous ensemble.

 

C’est bien dans cet esprit que je voudrais aussi vous engager à préparer la visite pastorale que j’ai annoncée dans ma lettre pastorale « C’est vraiment lui le Sauveur du monde. » Elle aussi voudrait vous entrainer dans un processus. Il ne s’agit pas de me montrer tout ce qui se fait dans le diocèse (à travers tant d’autres occasions vous me donnez de le découvrir) ni de n’écouter que les « professionnels de la pastorale. » Je voudrais leur dire pourtant à tous ceux-là ma profonde estime et ma gratitude. A vous chers prêtres du diocèse, à vous chers diacres, à vos épouses, à vous les animatrices et animateurs laïcs en pastorale qui vous donnez avec tant de générosité, à vous qui acceptez de servir dans les mouvements et associations de fidèles, les EAP ou les missions paroissiales. Mais ce que je désire, c’est que chacun avec ce qu’il est et d’où il est, que chaque baptisé participe à ce discernement des dons de Dieu. Et que vous m’en rendiez témoin. Qu’avez-vous repéré de l’œuvre de Dieu dans vos territoires et réseaux ces dernières années et comment apprenez-vous à en rendre grâce ? Qu’entendez-vous, à travers la vie de vos communautés et de vos territoires, de ce que l’Esprit dit à l’Eglise, des appels qu’il lance ? « Seigneur, que veux-tu que nous fassions ? »[10] est la seule question importante. Nous sommes tellement pris dans nos fonctionnements, et parfois il n’est pas facile de faire autrement tant il y a des demandes et finalement assez peu de moyens pour y répondre. Pourtant, j’en ai la conviction intime : le Seigneur ne nous attend pas là. Nous sommes trop crispés sur nos organisations. Parfois sur nos pouvoirs aussi. Refuser le processus pour y préférer l’organisation, rendre l’espace supérieur au temps, c’est toujours, qu’on le veuille ou non, au moins chercher à se rassurer et peut-être à préserver son pouvoir.

 

Il nous faut absolument nous risquer plus profondément. L’actualité nous l’impose. Et dans le drame de ce qui a été révélé, cette injonction est une parole du Seigneur que nous ne pouvons pas ne pas entendre.

 

Le rapport de la CIASE est un choc. Les chiffres donnés disent d’abord la souffrance de tant de personnes. Frères et sœurs, j’entendais encore des réactions minimisant cette souffrance, ou cherchant à dire qu’ « ailleurs c’était pas mieux. » Cela m’est insupportable. Cela ne respecte pas la souffrance des victimes, au contraire, cela ne fait que l’accroître. On me dit parfois qu’on en veut à l’Eglise. Quelques-uns peut-être, mais là n’est tellement pas la question. Cette semaine, en priant, à un moment, je voyais en surimpression du Christ crucifié, toutes les victimes. Les quelques-unes que je connais et toutes les autres. « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait, » dit Jésus[11], non pas que ces victimes seraient dissoutes dans la personne du Christ mais que ce dernier, en sa crucifixion, s’est identifié à chacune, très personnellement.

 

L’Eglise nous a donné le Christ et je ne peux qu’en rendre grâce. Nous ne serions pas ici, chacun, si nous n’avions pas goûté quelque chose de ce que le Seigneur nous a donné par elle. Pourtant, les chiffres établis disent aussi la faillite d’une institution dont l’âme a parfois été tellement étouffée, l’Evangile lui-même et la grâce de l’Esprit, qu’elle a préféré sa réputation à l’écoute et la défense des victimes. La société n’a peut-être pas avancé plus vite, mais cela ne saurait être une excuse. Nous avions l’Evangile. Et la tradition morale si riche de l’Eglise. Nous prétendions donner des leçons au monde. Les malédictions de Jésus entendues dans la liturgie cette semaine ont résonné avec grande force à mes oreilles : « Oui, je vous le déclare : on en demandera compte à cette génération. Quel malheur pour vous, docteurs de la Loi, parce que vous avez enlevé les clés de la connaissance ; vous-mêmes n’êtes pas entrés, et ceux qui voulaient entrer, vous les en avez empêchés. »[12]  

Sans que cela ait été voulu comme tel ou organisé, une multiplication de défaillances et une convergence de démissions ont permis que cela fasse système.

 

Nous devons aux victimes le courage de la vérité. Nous nous le devons aussi les uns aux autres, nous le devons à l’Eglise, à notre société et aux générations à venir. « La vérité vous rendra libre », dit Jésus[13]. Le corps est beaucoup plus malade que ce que nous pensions. Le rapport de la CIASE nous aide à poser le bon diagnostic. Si ce qui est révélé est un drame, le fait que cela soit révélé est un bienfait. Pour les victimes dont la parole va enfin pouvoir être vraiment entendue. Pour l’Eglise qui peut trouver là les moyens de son relèvement et de son renouveau.

 

Depuis plusieurs années, nous nous sommes tant répandus en efforts pastoraux et missionnaires qui ont eu si peu de fécondité. Nous nous en étonnions. Mais le poison était dans le corps. Il ne pouvait pas porter de fruit. Un chemin nouveau, si nous en avons vraiment l’audace et la volonté, s’ouvre.

 

La démarche voulue par le Pape et la préparation de la visite pastorale peuvent en être une première étape. Faire la vérité, et alors oser l’espérance.

 

Si les évêques travailleront tous ensemble le rapport Sauvé lors de l’assemblée plénière des évêques qui se tiendra à Lourdes au début du mois de novembre et s’engageront dans de premières décisions je l’espère significatives, nous ne pouvons-nous en remettre seulement à ce travail sans nous y engager nous-mêmes.

 

Nous ne pouvons tout attendre d’ailleurs. C’est pourquoi, en parallèle de la démarche qui vous sera expliquée tout à l’heure, j’ai décidé la création d’un groupe diocésain de lecture et de réflexion à partir du rapport Sauvé, afin de proposer au diocèse des mesures qui nous aideront à faire de l’Eglise une maison plus sûre, mais aussi de désigner les chantiers que nous avons à travailler pour changer de culture, habiter beaucoup plus synodalement l’Eglise, vivre autrement et ensemble la parole partagée, les responsabilités et autorités.

C’est un processus profond dans lequel nous entrons. Mais il est stimulant. Et c’est un processus d’espérance et de renouveau. Une grâce même. Nous ne referons pas l’Eglise à partir de quelques idées ou opinions, mais nous l’accueillerons en sa profondeur telle que le Seigneur veut nous la redonner pour qu’elle devienne ce qu’elle est, « en quelque sorte le sacrement, c’est-à-dire le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de tout le genre humain »[14]. Comment nous reconnaissons-nous comme donnés les uns aux autres dans nos charismes et vocations propres pour vivre la mission ? Comment devons-nous nous renouveler dans ce qu’on appelle la « gouvernance » des paroisses, du diocèse et autres instances ? Comment reconnaitre la place des femmes dans l’Eglise ? Comment devenir une Eglise à partir des pauvres et des plus démunis ? Comment débusquer les poches de cléricalisme, y compris si elles sont accrochées au vêtement de l’évêque, de cet esprit de propriété et d’appropriation qui stérilise toute vie et est le ferment d’une culture de l’abus ? Comment renaitre à une authentique fraternité évangélique ? Comment quitter définitivement ces « petits arrangements entre amis ou avec ma conscience » qui renoncent à l’Evangile en renonçant à la vérité ?  N’ayons peur d’aucune question. Apprenons à nous écouter jusqu’au bout, même si des choses nous agacent. Nous dirons des bêtises, mais l’Esprit Saint ne veut pas que nous fassions l’économie de ce que nous portons, et il saura en faire surgir le meilleur. Nous dirons des choses si importantes aussi, que nous ne saurons pas recevoir immédiatement. L’Esprit Saint alors, pas à pas, nous dépouillera de nos surdités pour naitre ensemble à la vérité tout entière, le Christ lui-même, plénitude de l’homme, salut pour tous les temps et donc le nôtre.

 

Cela bousculera aussi notre organisation, dont nous prenons tous conscience qu’elle est fatiguée. Elle a été très pertinente et en son temps féconde, aujourd’hui elle nous épuise. Le processus dans lequel nous entrons avec ces démarches nous provoquera à des deuils, et pas forcément ceux auxquels nous pensons spontanément. Cela va nous coûter. Le Seigneur émonde le sarment[15]. Mais nous le savons, d’une part hors de Lui nous ne pouvons rien faire[16] et, d’autre part, si à l’homme cela est impossible, « tout est possible à Dieu. »[17]

L’épreuve est là. La vie aussi. N’ayons pas peur.

 

« Le temps est supérieur à l’espace. » Dans cet esprit, j’ai demandé à trois baptisés du diocèse, d’âge et de chemin différents, de prendre la parole. Trois paroles donc, pour nous l’Eglise dont elles rêvent. Trois paroles qui n’engagent qu’elles, mais qui les engagent pour nous comme parole du Seigneur pour ouvrir un processus dont l’Esprit Saint sera le maître. Trois paroles qui ne prétendent absolument pas être définitives mais qui nous sont offertes comme un cadeau. Elles nous réjouiront, elles nous étonneront, elles nous agaceront peut-être. Tant mieux. Entrons ensemble en chemin. L’Esprit Saint est là, qu’il soit béni.

 

 

[1] § 221 et sq. ; cf. également Laudato Si § 78, La joie de l’Amour §3 et 261.

[2] Lc 24,18-35

[3] Lc 24,17

[4] Cf. Ph 2,6

[5] Cf. Hb 5,8

[6] Cf. Col 1,15-20

[7] Cf. Hb 2,17

[8] Cf. Lc 24,25-27

[9] Cf. Ps 84,7

[10] Cf. Ac 2,37

[11] Mt 25,40.45

[12] Lc 11,52

[13] Jn 8,32

[14] Concile Vatican II. Lumen Gentium, Constitution sur l’Eglise, § 1.

[15] Cf. Jn 15,2

[16] Jn 15,5

[17] Mc 10,27

 

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Témoignages : 

 

 Témoignage : Philippe Barras

Philippe Barras Philippe Barras  L’Église dont je rêve… (puisque c’est la demande de notre évêque)

Je ne peux la définir avec précision, tant le rêve est immense !

Et pour cause, puisque notre Église a reçu de son Seigneur Jésus-Christ la charge, la mission, de continuer son œuvre de salut pour toute l’humanité : Pour la gloire de Dieu et le salut du monde disons-nous lors de l’eucharistie ! L’amour de Dieu pour l’humanité est tellement incommensurable. La grâce que nous fait son propre Fils, mort et ressuscité pour nous sauver, est tellement inouïe Alors, le projet de l’Église ne peut être qu’immense, cherchant toujours à être davantage à l’image du Christ, à se laisser conduire par l’Esprit

 

Quand j’ai reçu l’appel téléphonique de notre évêque me demandant d’apporter cette contribution, j’étais dans la véranda de la maison diocésaine des Tourelles, à Condette. Devant ce parc admirable baigné de soleil, avec ses arbres de fin d’été, ses couleurs du vert tendre au rouge foncé… Et je me suis dit aussitôt : voilà l’image de l’Église dont je rêve ! Une image de nature, d’une création magnifique et magnifiée par le travail précis et durable de l’homme. D’une terre difficile à travailler, mais qui porte tellement de fruits si l’on veut bien les accueillir comme ils viennent, comme don que Dieu nous fait.

Bien sûr, un ouragan ou une tempête peut emporter cet équilibre, et même tout détruire. Comme nous le ressentons ces derniers temps avec les exactions, les silences, voire les compromissions dont témoigne le rapport Sauvé…

Mais la force de vie est là, toujours prête à surgir, y compris après les désastres.

Les responsables forestiers disent qu’après les incendies ou les ouragans destructeurs, les différentes espèces, et parfois même des espèces oubliées qu’on croyait perdues, parviennent à pousser dans l’espace laissé libre par les grands arbres qui leur faisaient de l’ombre. C’est la vie plus forte que la mort. Alors je rêve d’une Église pascale, qui passe de la mort à la vie ; une Eglise qui engendre ainsi, sans autre forme de procédé, des nouvelles pousses, pas forcément inédites, mais aussi parfois inédites. Une Église qui engendre … par le baptême … qui engendre la vie, la vie d’en-haut, mais aussi – et au moins autant – la vie humaine… A l’opposée d’une vie broyée par les horreurs de toute sorte – et je pense ici bien sûr aux victimes de violences sexuelles, de harcèlement et d’emprise, mais je pense aussi à ceux qui sont broyés au travail, qui sont isolés et exclus socialement, qui sont privés d’amour et de tendresse… et bien d’autres encore.

 

La Lettre pastorale de notre évêque porte en titre la citation de Jn 4, 42 : « c’est vraiment lui le sauveur du monde ». Ce verset est situé dans le prolongement de la rencontre de Jésus avec la Samaritaine. Et nous savons que ce récit si éloquent est précédé de la rencontre de Jésus avec Nicodème, et qu’il est suivi de sa rencontre avec l’officier royal (intercédant pour son fils mourant) puis du paralytique que Jésus guérit. Ces rencontres de Jésus, tant avec ceux qui sont croyants, et même engagés (Nicodème est pharisien), qu’avec les étrangers (la samaritaine, l’officier royal) et les exclus (les samaritains, le paralytique), nous montre quel est notre mission comme Église : porter attention à chacun, les proches mais aussi les lointains… les lointains, mais aussi les proches !

Dans son entretien avec Nicodème, Jésus va jusqu’à lui dire que « personne à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le Royaume » (Jn 3,5). Une parole sur laquelle on s’est longtemps appuyé – dans l’Église – pour exclure, pour condamner les non-baptisés, pour les « juger » à la place de Dieu… (quelle audace irrecevable !).

Heureusement, notre cher concile Vatican II a rétabli la vérité à la manière de Jésus : oui, nous n’avons rien de mieux à faire – comme Église – que de proposer la foi, d’annoncer la Bonne Nouvelle et baptiser au nom de Jésus-Christ mort et ressuscité qui envoie son Esprit…

« Afin – comme le dit Jésus à Nicodème – que tout homme qui croit parvienne à la vie éternelle » (Jn3, 15). Mais nous pouvons compter sur la miséricorde de Dieu, car « le mystère pascal est à l’œuvre dans le cœur de toute personne humaine, quelle qu’elle soit, d’une manière que Dieu seul connaît ! » (G&S 22,5)

 

Je rêve donc d’une Église qui engendre, d’une Église qui fait attention à chacun, qui n’exclue personne, qui accueille la grâce que Dieu fait en permanence et surtout en son Fils Jésus, sauveur du monde !

Une Église qui écoute chacun, comme Jésus dans les évangiles.

Une Église qui écoute les bruits du monde et qui cherche à y discerner les signes de l’Esprit pour servir l’humanité, comme Jésus avec la Samaritaine qui va jusqu’à lui demander un peu d’eau, et qui cherche à comprendre sa vie pour l’orienter vers l’eau vive !

 

Je rêve d’une Église à l’image de Dieu, une Église de miséricorde et de pardon.

Oh, je sais bien que les horreurs commises en notre mère Église, rendent difficile cette annonce : on craint trop un pardon à bon compte, un effacement de l’ardoise (c’est encore malheureusement ainsi qu’est souvent mal compris le pardon, y compris dans le sacrement).

Mais la miséricorde de Dieu va jusqu’au pardon : et c’est là qu’on prend la mesure incommensurable de l’amour, comme le rappelle le pape François.

J’aimerais une Église qui œuvre à déployer la miséricorde qui est l’autre nom de Dieu et qui va jusqu’au pardon, sans lequel nous ne pouvons pas vivre pleinement. Un pardon qui n’est pas soumis au pouvoir de quiconque, pas même au pouvoir sacerdotal. Certes, dans notre sacrement (que nous avons bien du mal à déployer), le pardon de Dieu nous est offert par la parole du prêtre. Mais je veux dire plus et parler du Pardon nécessaire à toute humanité, qui passe par chacun de nous, et dont nous sommes appelés – comme baptisés – à être les témoins et les acteurs, au nom de Celui qui est miséricorde. Comme le suggère le Rituel de la pénitence et de la réconciliation (n°8) : par le pardon mutuel, le partage sous différentes formes, le refus de l’injustice et la lutte pour plus de justice (dans l’Église et dans la société), le don de soi, la prière personnelle et la prière liturgique dans des célébrations communautaires de pénitence et de réconciliation (pas seulement l’eucharistie)

 

Je rêve d’une Église à l’image du Christ, qui se méfie du pouvoir et qui évite toute emprise sur les gens, y compris spirituelle, mais qui se laisse conduire par l’Esprit et qui guide ces personnes dans leur relation au Dieu de Jésus Christ et dans leur relation fraternelle.

Je crois profondément à la force et à la nécessité d’une plus grande synodalité dans notre maison commune. Et l’expérience très heureuse de notre Concile provincial en témoigne : nous ne devrions pas oublier ce qui s’est passé, ce que nous avons fait et les propositions qui ont été formulées.

N’ayons pas peur de nous y risquer. N’ayons pas peur de changer nos manières de faire, d’inventer un autre mode de gouvernance basé sur la synodalité.

Je rêve d’une Église baptismale et synodale, dans laquelle le ministère ordonné a toute sa place ; pas une place de l’ordre du pouvoir, ni comme intermédiaire entre le Christ et les hommes, mais à la place de serviteur : au service de la grâce de Dieu qui est aussi le service de l’humanité.

 

 

 

Témoignage : Anne-Gaëlle Charvet

 

Anne Gaelle Charvet Anne Gaelle Charvet  Je suis Anne-Gaëlle, modératrice de la Communauté de l’Annonciation, une communauté de familles et de prêtres, créée il y a 40 ans. Le but des membres de l’association est, par le moyen de la vie communautaire tel qu’indiqué en Ac 2, 42-46, que ses membres répondent à l’appel à la sainteté, révélé par le Christ et enseigné par l’Église, notamment au chapitre 5 de Lumen gentium.

Les quatre piliers de la vie communautaire des membres de l’association sont donc :

  • La fidélité à l’enseignement des Apôtres et à leurs successeurs ;
  • La communion fraternelle ;
  • L’eucharistie ;
  • La prière.

La communauté a fondé et travaille, pour une partie de ses membres, dans des entreprises sociales : une entreprise d’insertion professionnelle et une foncière qui construit des logements sociaux écologiques.

 

Je voudrais commencer par citer le pape François à l’ouverture du synode dimanche dernier :

«Puissions-nous être des pèlerins amoureux de l’Évangile, ouverts aux surprises de l’Esprit. Ne perdons pas les occasions de grâce de la rencontre, de l’écoute réciproque, du discernement. Avec la joie de savoir qu’alors que nous cherchons le Seigneur, c’est bien lui, le premier, qui se porte avec amour à notre rencontre»,

Que dire de plus ! On pourrait prier tout de suite pour se mettre à l’écoute de ce que le Christ veut faire parmi nous, avec nous, dans ce monde !

 

Notre communauté se réjouit de cette interpellation du pape, de ce lancement synodal !

Nous entrons dans cette démarche avec curiosité et entrain - Nous ne savons pas encore ce qui nous attend, mais nous y entrons avec le peuple de Dieu.

Nous pourrions être tentés de partir de nos regards, de nos idées ; J’ai bien quelques idées tentantes sur la place des femmes, l’autorité, les risques du cléricalisme...

 

Mais je crois que cette démarche synodale, si elle est une marche en peuple à faire ensemble, doit démarrer avant tout par cette question : Qu’est ce que le Christ veut vivre avec nous ?

Mais, à la manière du “comment cela se fera t il ?” de Marie

Et ce n’est pas une question éthérée et spirituelle - C’est très concret ! très incarné dans nos quotidiens, nos boulot, nos services, nos différents états de vies, nos relations...

 

Alors, pour ma part, j’ai bien quelques “outils” pour la marche, que je vous livre :

  • la fraternité - Comment sortir de mes solitudes et de mes ornières sans ces médiations qui me disent la bonté du Seigneur, mais pas une bonté mièvre c’est sûr ! il y une belle forme d’exigence dans la fraternité !
  • le service - J’ai la grâce de pouvoir servir dans les entreprises sociales et dans ma communauté - quel bel apprentissage de se centrer sur autre chose que moi même, très bon apprentissage du réel et de l’humilité aussi !
  • et mon 3ème outil pour la route : la joie ! de l’évangile - celle de Saint François aussi ! Nos grands sérieux ne sont jamais très fructueux !

Le pape nous en a soufflé d’autres : “rencontrer, écouter, discerner” …

Les trésors de l’Église !

Nous voilà parés, non pas pour rêver une autre Église que celle là, mais vivre pleinement ce qui nous est confié : annoncer le Christ, ce Dieu de bonté, dans le Monde dans lequel nous vivons

et Il en a besoin !

 

 

Témoignage : Manon Guilbert

 

Manon Guilbert Manon Guilbert  L’Eglise dont je rêve… Vaste programme !

 

Je pense qu’il n’y a pas à rêver d’un avenir plus ou moins proche pour l’Eglise mais qu’il faut rêver de ce que l’on veut vivre ensemble aujourd’hui. Oui, aujourd’hui. Car le temps ici bas nous est compté.

 

En pensant cette semaine à ce que j’allais pouvoir vous partager cet après  midi, je me suis  posée une montagne de questions et beaucoup sont restées sans réponse… Faut-il réformer la paroisse  ?  Créer  un  festival  de  jeunesse  diocésain  ?  Dire  à   tout  le  monde  d!aller  dans la

rue pour dire que Jésus est ressuscité ? Faut-il monter un groupe, mais de quoi, avec qui,

comment, pourquoi ? J!avais envie de fuir et de me dire que tout était déjà fait et qu!il n!y avait pas de questions à se poser Jinalement !

 

Alors je me suis dirigée vers notre coin prière familial au milieu du salon; j’ai prié  l’Esprit  Saint et j’ai ouvert la Bible : « Ne cherche pas ce qui est trop difJicile pour toi, ne scrute pas ce qui est au-dessus de tes forces . » BEN SIRA 3,14. Cela m’a poussée à revenir au point de dé- part, à ce qui fonde ma foi mais ce qui aussi doit fonder l’Eglise : c’est cette relation, cette ren- contre avec celui qui nous aime tant; JESUS !

Je me suis sentie apaisée car j’avais trouvé, selon moi, une bonne question : Comment revenir   à l’essentiel dans l’Eglise ?

 

On est bien d’accord que l’essentiel dans l’Eglise, c’est le Christ. Et nous ne pouvons nous ap- procher du Christ qu’en faisant cette rencontre personnelle avec Lui. J’ai ce profond désir que chacun fasse une rencontre personnelle avec Jésus. Comment ? En donnant les moyens  à chaque personne de s’ouvrir à ce coeur à coeur très intime, le plus intime qui soit. Ce coeur à coeur passe assurément par une expérience : recevoir l’appel du Christ. C’est le début d’une conversion, d’un chemin spirituel avec Jésus. Mais pour répondre à cet appel, nous avons be- soin d’être nourri notamment par Sa Parole, par Son corps offert dans l’Eucharistie, par Son Pardon. Plus on aime Jésus, plus on a envie de le connaı̂tre et de témoigner !

 

Oui, le connaı̂tre ! Rappelons que nous sommes dans le monde et pas du monde ! et parfois quand on nous pose des questions dans notre société, on divague, on ne sait pas bien ré- pondre, on cherche les bons mots… Je rêve d’une Eglise qui nous forme, qui nous mette en conJiance, qui donne cette assurance de parler et nous donne le bagage nécessaire pour faire connaı̂tre Celui en qui l’on croit.

Je pense que nous trouverons des réponses dans la Jidélité à l’adoration, à la lecture de la Pa- role et à l’Eucharistie. Je rêve par exemple que chaque personne qui communie ait vraiment compris qu’elle recevait le corps de Jésus qui se donne dans l’hostie : aJin d’y engager pleine- ment son coeur et son corps. Et déjà cette expérience de Jidélité, à la recherche permanente de Dieu, est un témoignage, dans l’Eglise, et dans le monde.

 

Témoigner ! Le Congrès Mission que j!ai vécu avec mon mari a été un vrai temps de formation   et nous a amené à une belle réJlexion  en couple : n!attendons pas de vivre l!extraordinaire  pour témoigner et pour partir en mission ! Certains sont appelés à partir au bout du monde en mission, mais le Christ nous rejoint d’abord dans notre quotidien, là où nous sommes, et c’est cette joie de l’ordinaire que le monde a besoin d’entendre.

 

 

Témoigner c’est aussi se laisser enseigner et toucher dans la rencontre par l’écoute de l’autre, de celui qui me partage son chemin de vie parfois bien loin de l’Eglise.

C’est en nous laissant toucher par nos frères et en les accueillant que nous allons pouvoir nous aider mutuellement et discerner ce à quoi nous sommes appelés pour enrichir l’Eglise : par la diversité de nos charismes, de nos vocations et de nos ministères.

Personne n’est un exemple mais chacun peut devenir témoignage pour le monde.

La diversité des états de vie dans l’Eglise est selon moi un réel cadeau. Chacun de nous, engagé dans le célibat  consacré,  dans le sacrement du mariage, ou vivant le célibat  non choisi, et   même chaque enfant (et j’en est encore plus la certitude depuis que je suis devenue maman…) a un trésor à partager, à révéler. Tout le monde a sa  place.

 

Aimer, connaı̂tre, témoigner… Je rêve que ces 3 verbes soient indissociables et fondent le coeur même de l’Eglise aujourd’hui.

 

C’est en étant animé par le désir de sainteté que nous pourrons vivre tout cela en Eglise.

C’est cela une église synodale, chacun s’engage en fonction de ses moyens, de ses talents pour travailler en communauté chrétienne et permettre au monde de découvrir la richesse de l’Eglise et le magniJique message de l’Evangile.

En accueillant cette diversité, nous pourrons participer au projet de Dieu de créer Jinalement l’unité de ses enfants.

 

 

Je rêve donc d!une Eglise qui nous bouscule, qui nous engage, qui engage chaque baptisé. N!ayez pas peur ! Disait Saint Jean-Paul II. Je rêve que chaque chrétien puisse partager ce que Jésus fait dans sa vie, sans avoir peur du jugement. Oui je rêve d’une Eglise ambitieuse qui ose et où chacun se laisse interpeller par le visage de l’autre. Je rêve d’une Eglise qui sort des sen- tiers battus, qui sort d’une certaine sécurité pour aller vers un chemin nouveau. Je rêve d’une Eglise innovante, mais toujours centrée sur l’Essentiel, le Christ comme je l’ai déjà  détaillé juste avant. Je rêve d’une Eglise qui, à l!image des premiers chrétiens, se remette perpétuelle- ment en question dans son fonctionnement, dans sa mission. Par nos propres forces tout cela nous est impossible mais ne l'oublions pas : tout est possible pour Dieu.

 

 

 

PRIERE INTERCESSION écrite par La Pierre d’Angle

 

Prions Dieu, alors que s’ouvre le synode, pour que nous marchions ensemble, à la suite du Christ.

 

R/ Dieu de tendresse, souviens-toi de nous.

 

pierre angle pierre angle  Lecteur 1

Marcher ensemble sous la conduite de Jésus, c’est accepter de marcher vers l’inconnu….

Lecteur 2

A toi l’inconnu, qui nous fait peur parfois, qui nous pose question, qui nous oblige à changer nos habitudes de vie. Et si c’était toi l’inconnu, Seigneur. Guide-nous dans notre avenir, montre-nous le chemin, donne- nous, l’envie d’avancer, rassure-nous. Avec Toi, je ne crains rien, car tu es un Dieu d’Amour, qui ne nous veux que du bien.

R/ Dieu de tendresse, souviens-toi de nous.

 

Lecteur 1

Marcher ensemble sous la conduite de Jésus, c’est accepter de marcher au

rythme du plus pauvre…

Lecteur 2

Toi Dieu le protecteur des pauvres, merci de ne pas nous oublier, nous les pauvres et de nous soutenir dans les moments difficiles. Aide-nous à garder notre dignité, notre fierté, qui viennent de toi. Aide l’Eglise à accepter d’apprendre des plus pauvres. Penche-toi sur les plus faibles que nous, les plus petits. Donne-nous la faim et la soif d’aller à leur rencontre, de leur sourire, de leur offrir Jésus Christ et de recevoir leur amour.

R/ Dieu de tendresse, souviens-toi de nous.

 

Lecteur 1

Marcher ensemble sous la conduite de Jésus, c’est accepter d’implorer de l’aide de Dieu, notre Père …

Lecteur 2

Toi, Dieu Notre Père, donne-nous la force de nous lever chaque matin, enlève nos angoisses, ne nous laisse pas entrer en tentation et délivre-nous du mal. Veille sur nous, protège-nous, permets-nous de continuer à avancer avec Toi, que la foi nous empêche de nous dessécher, que la foi nous mette debout et nous rende beaux.

R/ Dieu de tendresse, souviens-toi de nous.

 

Lecteur 1

Marcher ensemble sous la conduite de Jésus, c’est accepter de  demander

que grandisse entre nous la fraternité Lecteur 2

Esprit Saint, fais grandir en nous, et entre nous la fraternité. La jalousie ne rend pas heureux, ouvre nos yeux et nos oreilles, pour que nous puissions prendre le temps de parler entre nous, voir que Tu es là, reconnaitre ensemble ta présence. Aide-nous à nous accueillir et nous apprécier les uns les autres tels que nous sommes. Montre-nous la voie pour que nous restions ensemble sur le chemin de la fraternité.

R/ Dieu de tendresse, souviens-toi de nous.

 

Lecteur 1

Marcher ensemble sous la conduite de Jésus, c’est accepter de prendre soin de la création…

Lecteur 2

Dieu créateur, aide les hommes à changer de comportements. Apprends- nous à laisser la terre se reposer, pour qu’elle respire, elle est fatiguée, les hommes l’épuisent. Dieu qui a créé l’homme, nous te confions les personnes malades, les enfants placés, les personnes blessés par l’Eglise, celles qui sont en fin de vie, celles qui dorment dehors, celles en situation de handicap, les personnes qui n’ont plus d’espoir, celles qui sont oubliées, et tous les défunts.

R/ Dieu de tendresse, souviens-toi de nous.