L'abbé Marcel Letoquart nous a quitté

Mot d'accueil de la messe de funéraille et témoignage d'une catéchiste

 

L'abbé Marcel Letoquart lors de l'inauguration de la paroisse nouvelle : St Vincent de Bully en Gohelle 27 septembre 2003  
L'abbé Marcel Letoquart lors de l'inauguration de la paroisse nouvelle : St Vincent de Bully en Gohelle
L'abbé Marcel Letoquart lors de l'inauguration de la paroisse nouvelle : St Vincent de Bully en Gohelle
« C’est avec beaucoup d’émotion que nous sommes venus ce matin accompagner l’Abbé Marcel Letoquart qui nous a quittés le mercredi 29 novembre à l’âge de 79 ans.

Mot d’accueil lu par Thérèse Merle à l’occasion des funérailles de l’abbé Letoquart.

 

 

Ordonné prêtre le 4 juillet 1954, il a d’abord exercé comme professeur à l’institut Saint Joseph d’Arras, puis nommé vicaire à l’Immaculé Conception de Saint Omer et à Montreuil sur Mer. En 1961, il a reçu la cure de Le Cauroy. En 1970, il passe un an à l’école missionnaire EMACAS de Lille et est nommé curé de d’Oisy le Verger où il reste 18 ans avant de rejoindre, en 1989, Rouvroy dans le secteur pastoral de Billy-Montigny. Dix ans plus tard, il prend possession du presbytère de Vermelles comme prêtre associé au secteur pastoral de Bully les Mines. L’âge de la retraite arrive, il est nommé prêtre aîné pour la paroisse saint Vincent de Bully en Gohelle. Pour lui et pour beaucoup de personnes, l’Abbé Marcel était toujours le curé de Vermelles !

L’Abbé était un homme de prière et les retraites avaient une place importante dans sa vie. Une de ses grandes préoccupations était le manque de vocations. Il disait souvent « Prions pour la relève ». Il savait aussi que cela devait passer par les jeunes et il avait le souci des jeunes dans l’église. Notre diacre Lucien a trouvé en lui un soutien important pour accompagner les ados après la profession de foi. L’Abbé Marcel était heureux de voir qu’à Vermelles actuellement 29 jeunes de 5ème, 4ème, et 3ème continuent de se retrouver régulièrement avec Lucien et récemment avec Julien qui est venu l’épauler.

En septembre 2005, lors de la journée à Liévin organisé pour les malades, il avait demandé à recevoir le sacrement des malades avec d’autres prêtres et de nombreux laïcs. Ce fut, je pense un moment important pour lui. Après son opération subie en mai, il faisait toujours des projets. Il avait même vaguement évoqué l’achat d’une nouvelle voiture.

Depuis un mois environ, son état de santé s’était détérioré et il restait très fatigué, mais ce fut une très grande joie pour lui d’avoir pu encore concélébrer la messe à Mazingarbe dimanche dernier… La veille de son départ, il a laissé un message téléphonique à l’abbé Gérard pour lui expliquer les douleurs qu’il ressentait, il a dit « J’aurais préféré te dire que je galopais dans Vermelles » et il a ajouté « Mon heure n’est pas encore venue ».

On ne peut parler de l’abbé Marcel sans avoir une pensée pour sa Maman dont il était très proche.C’était pour lui un souci. Que deviendra t-elle sans lui ? Nous souhaitons donc à Madame Letoquart beaucoup de force et de courage pour supporter le départ de son fils.

Si nous sommes ici aujourd’hui, c’est pour rendre grâce de toute cette vie bien remplie de l’abbé Marcel et on ne peut rester insensible au fait que ce jour débute l’année de l’appel, lui qui a toujours prié pour que des vocations naissent. »

Thérèse Merle

2 décembre 2006

 

 

 

 Oh, vous savez, un jour, il faudra bien que je parte. »C Meignotte

« Ah ! M l’abbé, contente de vous revoir ; vous nous avez fait une belle peur ! »

« Oh là là, j’étais gonflé de partout, 20 litres qu’ils m’ont pompé ! »

« Vous voilà comme un fringant jeune homme mais vous devez faire attention ! »« 

 

 

Ce sont nos dernières paroles échangées à la messe, ce dimanche 18 novembre. « Il faudra bien que je parte, » vous avez dit cela avec un sourire et un ton chaleureux, comme si vous saviez ce qui allait arriver. Mais, moi, je n’ai pas voulu entendre, vous écouter et nous voilà, aujourd’hui.

 

En septembre 1999, vous avez pris vos fonctions et j’ai commencé le caté : les deux nouveaux de la rentrée, cartables sous le bras, un peu mal à l’aise mais très vite intégrés à l’équipe. Nous avons appris à nous connaître mutuellement, à nous respecter, à cheminer ensemble pour mieux servir le Seigneur et nos jeunes.

« Ah, M l’abbé, comme vous les aimez nos jeunes ! » (…) Sa mallette sous le bras, sa casquette sur la tête, le chapeau l’été, le voilà parti pour donner le sacrement de réconciliation aux CM1 ou pour voir comment se portent les roulottes des CE 2.

 

Lors des confirmations de Jeunes de Vermelles en l'église St Maclou de Bully 7 janvier 2006  
Lors des confirmations de Jeunes de Vermelles en l'église St Maclou de Bully
Lors des confirmations de Jeunes de Vermelles en l'église St Maclou de Bully
Je ne peux évoquer M l’abbé sans Lucien
: (…) Ah que vous étiez heureux et fier, M l’abbé, quand Lucien a revêtu sa chasuble de diacre.

 

Je voudrais vous dire merci, M l’abbé, au nom de toutes les catéchistes pour tout ce que vous nous avez apporté, pour tout ce que vous avez partagé avec nous : votre foi et vos convictions, vos espérances, vos craintes surtout par rapport au manque de prêtres « Qui va vous guider quand je ne serais plus là ? » et même vos soucis personnels, vous inquiétant pour votre maman. Quelle marque de confiance ! (…)

 

« Euh, M l’abbé ? » « Oui. » « Je crois que nous n’aurons pas terminé la messe à temps pour les baptêmes. »

« Ce n’est pas grave, au moins les nouveaux baptisés verront une Église vivante ! » c’est vrai, M l’abbé, il y a bien longtemps que vous ne regardiez plus à l’horaire, tout heureux d’être à la fête du Seigneur ; dispensant aux unes et aux autres un « c’était bien » à la fin de la cérémonie. Quelle récompense pour nous de vous voir si heureux devant tant d’enfants et de parents réunis à la messe, vous surprenant à taper des mains ou à bouger des pieds sur les musiques entraînantes. (…)

 

Aujourd’hui, nous perdons notre prêtre, notre guide, mais aussi notre compagnon de route, notre ami, notre grand-père. Quel vide ! Mais je sais votre joie, M l’abbé, de retrouver Notre Père, ce père que vous avez si bien servi à travers ces jeunes.

Je voudrais terminer par deux promesses, M l’abbé :

- vous êtes à jamais bien vivant au fond de notre cœur car on vous aime !

- je m’engage au nom de toutes les catéchistes à continuer de faire des messes de famille une fête comme vous les aimiez.

Aussi je ne vous dis pas adieu mais simplement au revoir.

 

2 décembre 2006 

 

L’hommage d’une catéchiste à M. l’abbé

 

Article publié par Elisabeth SOUILLART • Publié • 2229 visites