A la rencontre des migrants

Histoire et parcours : échanges fraternels avec un Egyptien, un Irakien et un Iranien

migrants migrants  Des bénévoles du Secours Catholique vont quatre fois par semaine aider les migrantts de Calais, voici un de leurs témoignages:

Derrière chaque migrant, il y a presque toujours une histoire lourde et  douloureuse. Au-delà bien sûr du  confort matériel (douches et repas) momentanément offert, l’aide qu’on peut lui apporter se manifeste également par une écoute bienveillante .

Ibrahim, dix-sept ans qui porte un bonnet sur la photo est égyptien, il a fui son pays  qui ne lui offrait aucune perspective d’épanouissement, il a appris lors de sa migration en Europe que son pays s’était libéré de son dictateur ;  du coup il n’a plus qu’une envie : y retourner au plus vite mais ce sera difficile, il n’a plus le sou et erre dans les rues de Calais dans le froid et la faim.

Ayad, l’irakien (chemise à carreaux) semble lui regretter son ancien chef, Saddam HUSSEIN ; il en parle avec une dévotion difficile à comprendre : il me dit que c’est le chaos dans son pays et que personne n’y est en sécurité. Il n’a plus qu’un seul objectif, rejoindre l’Angleterre, son eldorado .

Ismael, l’iranien (maillot blanc) me raconte pudiquement le calvaire qu’il a vécu, il  marche avec des béquilles, les os de sa jambe gauche ont été brisés. Il a une cicatrice au visage. Il a vu périr ses parents, il a encore une sœur au pays mais il ne sait pas ce qu’elle est devenue, lui aussi veut franchir le détroit.

Tous trois comme tant d’autres partagent une détresse qui ne saurait nous  laisser indifférents.

Marie Paule (sur la photo) , Jean Claude et tant d’autres du secours catholique ne comptent pas leurs heures et ne ménagent pas leurs peines pour apporter à tout ce monde en errance un peu d’humanité et de tendresse….

Dernière minute, j’apprends que les locaux de douche et d’accueil ont été saccagés, les lieux sont inutilisables pour de longues semaines. Les quelques 150 bénévoles du Secours Catholique sont abasourdis mais cela n’entame en rien leur détermination dès qu’ils le pourront ils reprendront leur bâton de pèlerin et poursuivront leur noble tâche au service de l’humanité souffrante.

 

Article publié par Chantal Guyot - Saint Benoît en Morinie • Publié • 1584 visites