Arras - l'église Saint-Nicolas-en-Cité

Description et histoire

st nicolas st nicolas  

L'église saint Nicolas en Cité est construite sur les racines historiques d'Arras.

  

Cette église est construite sur l'emplacement du bras de transept nord de l'ancienne cathédrale gothique. celle-ci  commencée en 1160 est consacrée dans l'année 1484.Devenue bien national sous la Révolution elle est vendue en 1799 à un commerçant  arrageois pour le compte d'un marchand hollandais qui la transforme en carrière. En 1804 Napoléon la voyant en si mauvais état, décide de la faire raser. Le terrain, affecté à la ville, est transformé en jardin. Un calvaire  implanté en 1825, sur l'emplacement du chœur, disparut avec la Révolution de 1830.

 

En 1802, Monseigneur de la Tour d'Auvergne, nouvel évêque concordataire d'Arras, réorganise la ville en six paroisses. Celle de Saint-Nicolas n'ayant pas d'église,  les chapelles de l'Hôtel Dieu puis des Clarisses en font   successivement office. Cette dernière devenue trop exiguë, les paroissiens se tournent vers d'autres lieux de culte.

 

En 1833, le Conseil de Fabrique réclame une église. Le Conseil Municipal décide de l'implanter sur la place  de la Préfecture. Traxler, architecte de la ville, en établit les plans en 1837. Son projet dans la ligne du néo-classicisme s'inspire notamment de Saint-Philippe-du-Roule et notre-dame-de-Lorette à Paris.

Le plan est basilical avec une large nef bordée de deux bas-côtés relativement étroits, le chœur en hémicycle n'est séparé de la nef que par une seule travée.

 A droite et à gauche du chœur, deux chapelles latérales ferment  les bas-côtés. La façade reçoit un portique de quatre colonnes surmonté d'un fronton triangulaire.

 

Commencées en 1838, des fouilles font découvrir les tombeaux des évêques Frumauld (1174-1180) et pierre de Noyon (1260-1280). Dans le chœur, deux plaques rappellent qu'ils sont toujours inhumés à cet endroit. La consécration de l'église a lieu le 16 avril 1846. A cette date, la décoration n'est pas terminée.

 

Jean-Baptiste Robert, sculpteur arrageois réalise en 1861, les chapiteaux intérieurs et extérieurs. Les anges des lambris du chœur lui sont généralement attribués. Mais Louis Bougron, qui fut son maître, pourrait également en être l'auteur.

 

St Vaast guérit aveugles et boiteux Saint Vaast entre à Arras  
St Vaast guérit aveugles et boiteux
St Vaast guérit aveugles et boiteux
 Les vitraux de l'église

 

Les premiers vitraux de 1874 sont de Félix Courmont, verrier arrageois.

La guerre de 1914-1918 endommage l'édifice et  fait disparaître les vitraux.

 

En 1923,  H. Pons, l'architecte chargé de la restauration fait appel aux verriers lillois Turpin et Evaldre, divers événements obligent la ville à surseoir aux travaux.

En 1926, la société coopérative diocésaine de reconstruction reprend le dossier. Charles Hollart est chargé d'étudier un projet de douze vitraux ayant pour thème "les origines du diocèse". Le 8 janvier 1829, Turpin se voit confier leur réalisation

 

Les scènes suivent un ordre chronologique  qui part de l'extrémité sud-ouest de la nef (à droite du chœur) pour s'achever dans l'angle opposé.  A l'évocation des premiers évêques succède la scène du rétablissement du diocèse par le pape Urbain II en 1094. Viennent  ensuite  les vitraux consacrés au " miracle des Ardents " :

 

Saint Diogène, fin quatrième siècle, peut-être le premier évêque d’Arras, évangélise nos ancêtres et dédie en ce lieu une église à la vierge.

 

Saint Vaast,  nommé évêque d'Arras par saint Remy, guérit  vers l'an 500 un aveugle et un boiteux.

 

L'ours de saint Vaast. Sur l'ordre de saint Vaast, un ours s'enfuit à travers les ruines. L'ours serait la représentatoion symbolique du paganisme qui recule à l'arrivée de Sr Vaast.

 

Saint Aubert, évêque d'Arras et de Cambrai guidant saint Omer aveugle, préside à la translation des reliques de saint Vaast  vers 668 de la cathédrale vers l'abbaye royale qui lui sera consacrée. Abbaye bénédictine suivant la règle de Benoit de Nursie..

 

Etienne, évêque d'Arras est investi en 920, par le roi Charles III, de la justice seigneuriale de la cité.

 

Gérard, évêque d'Arras, reconstruit et consacre ici sa cathédrale en 1040.

 

Le pape Urbain II, en 1094,  rétablit le siège épiscopal et sacre Lambert de Guînes.

 

L'évêque Lambert console les malades atteints du mal des ardents, épidémie due à l’ergot de seigle.              

 

Itier et Norman Après l'assassinat du frère d'Itier de Tirlemont par Norman, de Saint-Pol, les deux  ménestrels devenus ennemis, reçoivent en songe l'ordre de se rendre à la cathédrale d'Arras où l'évêque Lambert les attend pour les réconcilier.

 

Deux ménestrels Dans cette cathédrale, Notre - Dame remet aux  ménestrels  un cierge miraculeux.

 

L'eau et la cire Les deux ménestrels mélangent la cire du Saint-cierge à l'eau. Bue par les malades, elle les guérissait.

 

Le calvaire miraculeux érigé sur la porte Notre – Dame,  entre la ville et la cité en 1738.

(réf.  P. Wintrebert : le vitrail dans le Pas-de-Calais de 1918 à 1939)

 

 

Les confessionnaux datent de la fin du XVIIIème et du XIXème  siècles. Le plus remarquable est celui où est représenté "Marie l'égyptienne".

 

Dans la chapelle nord se trouve  une statue de saint Joseph et de l'enfant Jésus ainsi qu'un autel dédié au Sacré-Cœur.  La chapelle sud contient l'autel retable- tabernacle de saint Nicolas.

A droite en entrant se trouvent les fonts baptismaux en granit de Suède, œuvre de Dodeigne. Le triptyque au-dessus,  œuvre de Pierre Claessens, (1577) provient de l'abbaye de Loos, il représente la Montée au calvaire et la Mise au tombeau et, au revers, la Vierge à l'enfant accompagnée de saint Grégoire et de saint Ambroise ainsi que du donateur avec à ses côtés saint Jérôme et saint Augustin.

 

Au milieu du bas-côté sud un tableau allégorique (XVIe siècle) présente par plans successifs  le Triomphe de l’Eucharistie depuis Moïse

"L'adoration des mages " dans le bas-côté sud est une copie d'une œuvre de Rubens faite en 1850 par Laure Chatillon.

Entre la 4e  et le 5e travée, sur le mur nord, un tableau de la Sainte Famille.

 

Sur ce même côté en entrant, appuyée sur le mur du fond une piéta ainsi qu'une  stèle à la mémoire du duc de Lévis, gouverneur de la Province d’Artois de 1765 à 1787, date de sa mort.

Vers la deuxième travée une statue de Notre Dame des Ardents présentant le cierge rappelle l’emplacement, dans l’ancienne cathédrale, de la chapelle de l’Aurore, lieu de l’apparition selon la Tradition.  

 

L'église saint Nicolas est construite sur la colline Baudimont, à quelques pas de l'antique Nemetacum.  Dans ce lieu on trouve les bases d'un temple romain dédié à Cybèle et Atis, une statue d'un dieu germanique "Fro".  

A proximité d'Arras, la commune de Dainville porte le nom de 'Villa de Diane, la chasseresse" c'était le lieu où les soldats romains profitaient des eaux de source pour leur entretien. 

 

Mgr de La Tour d'Auvergne posa la première pierre de l'actuelle église Saint-Nicolas-en-Cité le 30 mai 1839. L'inauguration eut lieu le 13 avril 1846. Le style monumental de l'entrée à colonnades mérite l'attention.

 

 

Article publié par Alicia Lieven - Gestionnaire technique du site internet du Diocèse • Publié • 17382 visites