Les faits au quotidien

Regard de l'équipe diocésaine sur le quotidien des familles

 

 

Une longue habitude lors des réunions diocésaines en ACO (Action Catholique Ouvrière), consiste à commencer la rencontre, après le temps de prière, par un tour d’horizon du quotidien : quels sont les faits, les situations que vivent les membres des équipes, où dont ils ont été témoins ? Cette pratique serait à développer là où des chrétiens se réunissent, d’une part parce que c’est pour cette humanité-là que Jésus est venu un jour de notre temps et de notre histoire ; d’autre part c’est un moyen pas trop « intellectuel » pour faire face à toutes les histoires (ou salades) qu’on nous débite à longueur de journée.

 

Par exemple, Virgo, une jeune 25 ans, a trouvé un emploi dans une école, après des études aux Beaux-Arts. Elle travaille 20h/semaine pour 500 €/mois, à la satisfaction du chef d’établissement. Alors qu’elle cherche à obtenir quelques heures supplémentaires, l’Education Nationale les lui refuse avec obstination. « Travaillez plus… », dit la chanson. Plusieurs de ses copines d’université sont dans la même situation.

 

Il y a Marie, la cinquantaine passée, qui vient de trouver quelques heures par les services sociaux. Elle travaillait à domicile auprès de personnes âgées aujourd’hui en maison de retraite. L’ANPE lui avait proposé une emploi à mi-temps, cinq jours par semaine, à 60km. Puis ce fut un stage d’informatique pour apprendre à chercher du travail par Internet auprès des personnes âgées…

 

Mi-Thé signale le rôle des associations d’insertion qui aident à se remettre au travail, mais, confie-t-elle, ces associations ont beaucoup de difficulté.

Sophie détaille l’activité débordante d’un groupe de retraités, lors de la fermeture d’un bureau de Postes dans une commune, ou pour favoriser le désenclavement des personnes à mobilité réduite, pensionnaires d’une MAPAD. Récemment ils ont invité à un partage sur ‘Qu’as-tu fait de ton frère ? ».

 

Karine, jeune célibataire, salariée à prix réduit, évoque ses conditions de vie de travailleur pauvres : la gestion d’un maigre budget, la recherche d’un logement, le coût des déplacement pour le travail.

 

Plusieurs ont signalé les suppression d’emploi et les fermetures d’usine (dans la dentelle à Calais, dans la métallurgie et la verrerie en Morinie et en Pays de la Lys. L’horizon, ce sont aussi les réorganisation dans le domaine de la santé : hôpitaux, cliniques, rééducation, maisons de retraite. De belles choses se font, des investissements nécessaires font naître des espoirs. Dans le même temps les personnels sentent de plus en plus la pression pour travailler plus avec moins de personnel et moins d’humanité, faute de temps.

Auprès des assistantes maternelles, une sensibilisation se développe pour être reconnues comme professionnelles salariées, et pas simplement nounou qui rend service.

 

Alain évoque le trajet quotidien en TER jusqu’à la métropole : il y a souvent vérification des identités des passagers non français, cela entraîne des paroles à voix basse à l’encontre de « ces étrangers », qu’il vaut mieux ne pas rapporter.

 

La page est trop courte pour transcrire la vie au quotidien évoquée dans cette réunion. Chacun peut continuer son propre tour d’horizon. Alors, comme le chantent les membres de l’ACO : Arrête-toi, « ouvre-les yeux, sinon tu n’verras rien de tout çà »

Emile Hennart

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