Histoire et symbolique de la fête

Célébrer Noël

Rechercher l’histoire de la fête de Noël, évoquer le symbolisme de ce temps peut aider les chrétiens et leurs amis à retrouver les mots pour dire la foi des chrétiens.

  

Un peu d’histoire

 

peinte par Maria Rosa Perejoan, Franciscaine - Jérusalem Icône de la nativite  
peinte par Maria Rosa Perejoan, Franciscaine - Jérusalem
peinte par Maria Rosa Perejoan, Franciscaine - Jérusalem
Dans les premiers siècles du christianisme, l’Eglise ne connaissait qu’une seule fête : le « jour du Christ », Pâque hebdomadaire et la Pâque annuelle, selon le calendrier juif, après la nouvelle lune de printemps. Progressivement d’autres fêtes se sont mises en place pour célébrer les mystères du Seigneur. Parmi celles-ci la fête de Noël aura un tel succès populaire que nombre de fidèles hésitent aujoourd'hui encore à désigner la fête de Pâque comme la plus importante fête du monde chrétien. Pourtant la Noël n’a été « inventée » que 330 après la naissance de Jésus.

 

 

L’histoire de la progression de la fête de Noël en occident est particulièrement intéressante. Elle témoigne d’un désir de pénétrer plus avant dans le mystère du Christ, et tout à la fois d’une inculturation, et d’un souci d’évangélisation.

 

L’inculturation :

L’Eglise prend en compte les coutumes et désirs des hommes et des femmes de ce temps. Pour la première fois à Rome, au IVe siècle, des documents parlent d’une fête de la naissance de Jésus. Il semble que le souci était de contrer la fête païenne du solstice d’hiver célébrée à Rome le 25 décembre (Sol invictus). Depuis l’avènement de Constantin, l’Eglise était reconnue comme religion officielle dans l’empire romain. En Orient on choisit la date du 6 janvier pour fêter la naissance (et le baptême) de Jésus, puisqu’à cette date avaient lieu les festivités du solstice en Égypte et en Arabie. Il semblait logique d’associer la figure du Christ avec la fpete du « Soleil invaincu ». Constantin n’avait-il pas déjà décrété, en 321, que le Jour du Soleil serait le Jour du Seigneur.  Le Dies Domini deviendra notre dimanche en France, tandis que les anglo-saxons gardent le nom de Sunday ou Sonntag. Le Nouveau Testament avait déjà désigné le Christ comme Lumière du monde (Jean 8,12), ou encore soleil de justice à la suite de Malachie, ou encore l’astre d’en-haut venu nous visiter (Luc 1,78).

 19° siècle, abside cathédrale Saint-Omer nativité vitrail  
19° siècle, abside cathédrale Saint-Omer
19° siècle, abside cathédrale Saint-Omer

Ferveur populaire et théologie

Les Pères de l’Église ont beaucoup aimé jouer avec cette symbolique, associant le lever du soleil  à la Pâque du Christ passant des ténèbres à son admirable lumière, et dont certaines hymnes ont conservé trace : « Soleil levant sur ceux qui marchent dans la nuit… ». Certaines marches de jeunes dans la nuit de Pâques vers le lever du jour et la célébration matinale jouent de la même symbolique.

 

Le désir de supplanter un culte païen n’a pas pu être la seule explication à la fête de Noël. Ce qui n’était d’abord qu’une commémoration, anniversaire de la naissance de Jésus est devenu mémorial de l’incarnation, mémorial de la manifestation de Dieu présent dans la vie des hommes. Dieu vient chz nous, pour nous, comme l'un de nous. La ferveur populaire et le désir d’approfondir le mystère de la foi ont joué tout ensemble. Il y eut développement des crèches, depuis celle de Bethléem au IIIème siècle, celles de Rome au VIème siècle, puis, bien plus tard celle de St François d’Assise au XIIIe qui est à l’origine des nôtres aujourd’hui.

 

Bientôt on assistait à un étalement de la fête sur plusieurs jours, plusieurs semaines : du 25 décembre de la visite des bergers à celle des Mages, du 25 décembre au 6 janvier tout proche et au baptême de Jésus le dimanche suivant.

 

Un mystère célébré

 

Les festivités contemporaines nous éloignent du sens de la fête aux origines. L’histoire du développement de la fête de Noël fait apparaître le désir qu’avaient les chrétiens de rendre compte de leur foi en un Dieu proche, venu chez nous. Les images et expressions utilisées peuvent nous aider à entrer dans ce mystère de l’amour de Dieu venu chez les siens.

 

 

Passer de la nuit à la lumière

À travers les jours qui commencent à rallonger, avec le soleil qui s’impose à la nuit, c’est toute l’espérance chrétienne qui est manifestée : Celui en qui nous espérons ne nous abandonne pas et vient éclaircir nos ténèbres.

« Seigneur, tu as fait resplendir cette nuit très sainte des clartés de la vraie lumière… De grâce, accorde-nous qu’illuminés dès ici-bas par la révélation de ce mystère, nous goûtions dans le ciel la plénitude de sa joie. » (oraison de la messe de la nuit).

 

Il est d’ailleurs à noter que cette espérance ne supprime pas totalement la nuit : elle est seulement promesse en devenir par les jours qui s’allongent. Ne serait-ce pas déjà la Pâque du Seigneur que nous célébrons alors, comme nous le faisons au début de la Veillée pascale ? Le passage des ténèbres à la lumière que nous vivons à Noël inscrit dans nos cœurs la Pâque du Christ comme moteur d’une vie de foi et nous redonne confiance pour laisser le Seigneur dissiper en nous les ténèbres du monde, de nos vies, en accueillant sa lumière.

 

Rappeler la dignité des fils de Dieu

La fête de Noël n’est pas que la révélation de la manifestation de Dieu parmi nous. Elle est aussi la révélation de notre dignité d’hommes et de femmes aujourd’hui. L’oraison de la messe du jour l’exprime particulièrement bien :

« Père, toi qui as merveilleusement créé l’homme, et plus merveilleusement encore rétabli sa dignité, fais-nous participer à la divinité de ton Fils puisqu’il a voulu prendre notre humanité. »

Quand le prêtre adresse à Dieu cette prière au nom de toute l’Église, donc aussi en mon nom, je ne peux que me sentir profondément solidaire de tous les hommes et de toutes les femmes, particulièrement celles et ceux dont la dignité est reniée ou bafouée, dont on nie l’existence même en leur refusant tout papier… Le « nous » de « fais-nous participer à la divinité de ton Fils » me concerne à la mesure de ma solidarité avec tout être humain, quel qu’il soit.

Oui, vraiment, le petit Jésus de la crèche n’est pas qu’un portrait attendrissant, il est accomplissement d’une promesse et projet d’humanisation ; à nous de le recevoir et d’en vivre. Puisse la liturgie nous faire expérimenter cette année encore cette vie avec Jésus lumière pour le monde, et que l’Esprit du Seigneur nous permettre de ne pas le trahir !

 

D’après un document de Philippe Barras

 

les catéchèses des diocèses de l’Ouest ont mis en commun leurs ressources pour proposer selon les âges des animations sur un site web remarquable : http://www.cate-ouest.com/. N’hésitez pas à le visiter. (Il est préférable d’avoir une connexion haut débit).

 

 

 

Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 15816 visites