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Diocèse d'Arras Prier et Célébrer Noel
Un sapin, une creche, des bougies?
Pour comprendre Noël, symboles et récits le Dimanche 25 décembre 2011 A l'auberge, il n’y avait pas de place pour eux… Accueil, maison St Joseph à Bethléem, ensemble pastoral créé par le patriarcat catholique syrien d’Antioche, en 1970)
"A l'auberge, il n’y avait pas de place pour eux !
L’origine de notre mot Noël vient du latin natalis, naissance, nativité. Fêter noël, c’est fêter la naissance de Jésus. Un seul évangéliste, Luc, évoque la nativité, mais son intention était ailleurs. Il ne donne aucune date. De rares éléments permettent une estimation de la naissance vers -5 ou -6 avant notre ère. C’est seulement vers 330 que l’on voit apparaître à Rome une fête de Jésus, le 25 décembre. Dès les origines du christianisme la fête principale concernant Jésus-Christ était la fête de Pâques.
Pourquoi le 25 décembre ? Il existait à Rome, autour du 25 décembre, une fête importante en l’honneur de Mithra, un dieu d’origine perse. Sa religion était en concurrence avec le christianisme grandissant. Au début du IVème siècle, christianisme devient religion officielle dans l’empire. En même temps que Mithra, Rome comme bien d’autres religions, fêtait le solstice d’hiver, le moment où le soleil reprend de la vigueur au cœur de l’hiver. Rome reprend peut-être une veille tradition celte où l’on fête la lumière gagne sur les ténèbres. C’était le Sol invictus ou Soleil vainqueur. Or c’était aussi une des manières de désigner le Christ… Les chrétiens ont donc associé la fête de Jésus à la fête de
Oui mais, le solstice, c’est le 21, et Noël le 25 ? La différence de date est le résultat d’un problème de calendrier. Depuis Jules César on avait fixé un calendrier qui ne correspondait pas exactement au calendrier solaire. Le décalage s’est accentué jusqu’en 1582, année où le pape Grégoire décide d’une « remise à jour » du calendrier, comme on remet à l’heure une montre qui retarde. Cette année-là, on sauta dix jours, mais on conserva la date de Noël au 25 décembre par respect pour les décisions du concile de Nicée (325). Chez les chrétiens d'Orient qui ont gardé le calendrier julien, Noël sera fêté le 7 janvier à cause du décalage de 13 jour avec le calendrier julien.
Les cadeaux ? Les romains, huit jours durant, faisaient la fête, les saturnales, du 17 au 24 décembre. Le christianisme a cherché à éradiquer le paganisme et les orgies de la fête du soleil. Il fallait pense rau don que Dieu faisait à l’humanité en la venue de Jésus son fils. Dans la logique de Noël, on va donc se montrer généreux, en offrant des cadeaux, particulièrement aux enfants. Mais comme ces cadeaux sont censés venir du ciel, le donateur tentera ou feindra de rester anonyme. Selon les pays, les cadeaux sont apportés par le Christ lui-même; par les rois mages, par saint Nicolas ou son substitut «laïque» le Père Noël.
La tradition des cadeaux aux enfants a été popularisée par le luthéranisme. Auparavant, c’est en effet à
Pour les chrétiens aujourd'hui, ils symbolisent le don de Dieu fait aux hommes en la personne de Jésus-Christ antons représentant la vie locale, celle d'hier, mais aussi d'aujourd'hui, en témoignage à l'humanité de Dieu présent à notre monde. D'autres se sont dépouillées jusqu'à l'extrême dans l'intention d'inviter au regard intérieur tourné vers l'essentiel de la foi: Dieu devenu homme par amour pour nous. La crèche, une tradition médiévale. Elle rappelle le récit de la naissance de Jésus. Les mages y sont ajoutés le jour de l’Epiphanie. Le mot vient du latin cripia, mangeoire et, selon Origène (IIIème siècle), on montrait aux pèlerins de Bethléem la mangeoire qui aurait servi de berceau à Jésus. Mais c’est dans la tradition des mystères du Moyen-âge, ces saynètes mimant les évangiles de l’enfance devant les Eglises au moment de Noël qu’il faut chercher l’origine de la crèche actuelle. La tradition rapporte que c’est saint François d’Assise qui, en 1223, eut l’idée de célébrer Noël avec les habitants dans la forêt toute proche de Greccio: une crèche vivante. L’idée se répandit rapidement dans toute l’Europe avant que, sous l’influence notamment des jésuites, on se mette à utiliser des crèches sculptées. Il n'y avait alors aucune représentation de Marie et Joseph, et la présence de Jésus, c'était l'eucharistie.
L'âne et le boeuf L’âne et le bœuf, absents des Evangiles, ont été associés par des évangiles apocryphes pour rappeler une phrase d'Isaïe, 1,3 : "Un boeuf connait son propriétaire et un âne la mangeoire chez son maître: Israël ne connait pas, mon peuple ne comprend pas!" Pas flatteurs mais trés évocateur! Saint Augustin y voyait une allégorie des païens et du peuple juif.
Mais les lecteurs perspicaces de Matthieu auront remarqué que la parole de l'ange à Joseph en Egypte ressemble étrangement à la parole de Yahvé à Moïse : Matthieu 2, 19-20 "Lève-toi, prends avec toi l'enfant et sa mère, et mets-toi en route pour la terre d'Israël ; car ils sont morts, ceux qui en voulaient à la vie de l'enfant." Il se leva, prit avec lui l'enfant et sa mère, et rentra dans la terre d'Israël"; et au livre de l'Exode, après la vocation de Moïse au buisson ardent : Exode 4, 20: "Yahve dit à Moïse : "Va, retourne en Egypte, car ils sont morts, tous ceux qui cherchaient à te faire périr." Moïse prit sa femme et son fils, les fit monter sur un âne et s'en retourna au pays d'Egypte. … Tu diras à Pharaon : Ainsi parle Yahve : mon fils premier-né, c'est Israël. Même l'âne est signalé. Matthieu médite la vie de Jésus à l'image de celle de Moïse.
Les créches furent d'abord des représentations dans les églises, avant d'être installées dans les maison, à partir du XVème siècle. Les crèches d'aujourd'hui ont beaucoup évolué, certaines sont davantage folkloriques avec de nombreux santons, mais la plupart gardent le souci de signifier notre présence et notre vie quotidienne autour de Jésus. L'interdiction de la messe de minuit, lors de la Révolution française a, involontairement, développé une 'liturgie domestique', dans la nuit.
L'étoile, les mages Seul Matthieu, dans les récits de l'enfance évoque les mages et l'étoile qui les aurait guidés d'Orient jusqu’à Bethléem. Il est inutile de vouloir l'identifier à un évènement cosmique qui se serait produit à la naissance de Jésus. Pour Matthieu, c'était une invitation à relire le psaume 72, ou le texte d'Isaïe 60, 1-2. Pour les premiers chréitens d'origine juive, c'était une manière de faire comprendre l'aboutissement en Jésus des Promesses:""Tous viendront de Saba, apportant d el'or, de l'encens et rendant gloire à Dieu". Ce n'est que bien plus tard, après le 5ème siècle que la légende fait venir de Perse trois 'rois' mages (devin). Au 7ème siècle on leur donne les noms de Melchior, Balthasar et Gaspard. Plus tard, au 15ème siècle, on leur attribue des races, signe de l'universalité rassemblée autour de Jésus. La galette se rattacherait à un culte solaire pré-chrétien. Appelée épiphanie, la fête du 6 janvier signifie "la manifestation de Dieu" à tous les hommes de la terre.
Parmi les récits d'évangile, la nativité est sans doute le récit le plus repris dans l'art chréien, au point de faire de la naissance de Jésus un "en-soi" séparé de tout l'enseignement dont sont porteurs les évangiles. Derrière les images gravec ou joyeuses de la Nativité se devine l'annonce de la passion, voir Luc, présentation au Temple. Jésus nhait au monde terrestre pour faire naître les hommes à la vie divine. C'dest le sens de la méditation de St Jean: "il est venu chez les siens... à ceux <qui l'ont reçu, il donne de devenir enfants de Dieu..."
Pourquoi une messe à minuit ? Dès le VIe siècle, l’habitude s’est prise de célébrer trois messes à Noël. La première était célébrée à minuit en accord avec l’antique tradition selon laquelle Jésus serait né à cette heure-là. Aujourd’hui l’habitude s’est prise de célébrer une messe des familles vers l9 heures, avec les textes de la messe de minuit, alors qu’il faudrait prendre ceux de la vigile de Noël. .Reste que Noël est avec Pâques la seule fête à avoir cette particularité; une messe de la nuit, ou « messe de minuit» ou encore «messe des anges», insiste principalement sur l’événement de la naissance de Jésus à Bethléem et l’adoration des bergers avertis par les anges. La messe de l’aurore; ou « messe des bergers », aux premières lueurs du jour; célèbre l’apparition du Christ lumière qui vient éclairer le monde. ‘La messe du jour, ou « messe du Verbe divin», enfin, célèbre la naissance du Fils de Dieu, engendré par le Père avant tous les sièc1es. Cette triple liturgie s’est également perpétuée dans des Églises protestantes.
Le sapin, un symbole de la croix du Christ. La tradition sur l'arbre de noël est multiple. Rappelant l’arbre du paradis, il est le symbole de l’immortalité. Lors des mystères que l’on célébrait au Moyen-âge, on représentait aussi l’histoire d’Adam et Eve. Devant la difficulté de trouver un pommier avec ses fruits en plein décembre, on choisit alors un sapin. Cet arbre du paradis symbolisait la croix du Christ dont l’Incarnation sauve l’humanité. Ne perdant jamais ses feuilles, il est aussi signe d’immortalité. Mais c’est à Sélestat, dans le Bas-Rhin, que nait réellement la tradition du sapin de Noël au XVIème siècle. Le succès est tel que la ville prit un édit pour éviter le pillage de la forêt. Privilégié en Allemagne par les protestants, plutôt que la crèche, le sapin revint en France en 1837, grâce à la belle-fille de Louis-Philippe, d’origine allemande, qui en fit élever un devant les Tuileries à Paris.
Les bougies
Symbole de la lumière.
La tradition de mettre des lumignons sur le sapin viendrait de Luther subjugué par la beauté des étoiles se reflétant dans la neige des sapins et qui voulut le faire partager à sa famille.
La bûche Soigneusement choisie, elle brûlait à l’origine toute la nuit et ses restes étaient gardés jusqu’à l’année suivante pour allumer la nouvelle bûche. Bois mort qui devient lumière, elle symbolise ainsi la continuité du temps. Aujourd'hui la bûche sur la table est bien loin de refléter la symbolique de la lumière.
Les boules Elles sont nées à Meisenthal (Moselle) : l’hiver 1858 avait été si rigoureux qu’il n’y avait plus de pommes pour décorer les sapins. Un artisan verrier eut alors l’idée de créer des pommes en verre.
Le père Noël Il est l’héritier sécularisé de saint Nicolas. Dans le nord de l’Europe c’est saint Nicolas qui apportait les cadeaux. Devenu « l’homme de Noël » avec
A partir de 1860, le dessinateur américain Thomas Nast crée sa légende : l’installant au pôle Nord, il l’habille d’un vêtement bordé de fourrure et le coiffe d’un bonnet. Sa couleur rouge et blanc été popularisée en 1931 par la firme Coca-Cola : c’est ainsi que le père Noël arrive en France après la seconde guerre mondiale.
Le houx, le gui Une bien sympathique légende rapporte que, en fuite vers l’Egypte et sur le point d’être trouvée par les soldats d’Hérode, la famille de Jésus se cacha derrière un buisson de houx, qui étendit ses branches pour la cacher. En fait, le symboisme du houx comme du gui est bien antérieur au christianisme. Au gui, on attribuait des pouvoirs de guérison. Placé sur une porte il était symbole d'hospitalité et de paix; le baiser sous le gui était promesse de mariage et de bonheur. On attribuait au houx d'écarter la foudre.
La dinde. A l’origine, il s’agissait plutôt d’une oie, .animal solaire qui garantissait protection à celui qui en mangeait. Elle a été remplacée par une dinde, animal rare venu du nouveau monde.
La place du pauvre. Dans certaines familles une place est réservée à la table de Noël au cas où un pauvre se présenterait."
Voir aussi: l'arbre de Jessé; ou préparer la crèche ou encore, le site de caté-ouest Vivre Noël 2009 autrement Méditation sur les icones orthodoxes
Article mis en ligne par E.H. Communication Diocèse
Publié Lundi 17 décembre 2007
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