Les chrétiens sont le coeur de Bethléem

Evoquer et soutenir les communautés de croyants, avant les églises de pierre

"Le coeur de Bethléem"


Noël 2010, Message du père Faysal Hijazen, curé à Ramallah aux chrétiens de France :

 

Ramallah paroisse saint Joseph Ramallah paroisse saint Joseph  Le cœur de Bethléem, ce n'est pas l'église de la nativité, l'église catholique de Sainte-Catherine, ni le lieu de la mangeoire. Ce ne sont pas non plus les nombreux lieux d'adoration que l'on trouve dans la ville sainte. Ce n'est pas non plus la tombe de Rachel, maintenant entourée d'un rideau de fer pour la séparer de Bethléem. En vérité, c'est plutôt la communauté des croyants qui, par sa présence, a gardé le lieu de naissance de Jésus, qui s'en souvient et le vénère depuis l'époque où notre sauveur est apparu sur la terre, né d'une vierge pour nous sauver de nos péchés. Pendant tous ces siècles, Bethléem est restée une communauté chrétienne.

 

À Noël, les chrétiens du monde entier chantent la « Petite ville de Bethléem » sans savoir qu'ils pourraient très bientôt chanter une ville où on ne pourra plus trouver la présence vivante du Christ, la communauté de ses baptisés, l'Église… « Ô ville perdue de Bethléem » pourrait devenir le Ramallah funéraille paroisse Ste Famille Ramallah funéraille paroisse Ste Famille  chant qui reflèterait le sentiment actuel. Là où les chrétiens sont conscients que la présence chrétienne de cette petite ville sainte arrive à sa fin après 2000 ans.

 

C'est une communauté qui suffoque sous l'occupation militaire, et toutes les restrictions de liberté, en particulier les familles proches en distance mais séparées par le mur. Ils doivent se soumettre à des règlements arbitraires et ils vivent constamment sous la menace de violences. À cause de la pérennisation de cette situation depuis des décennies, les chrétiens cherchent à quitter leur ville pour trouver un lieu où ils peuvent élever leurs familles en paix, et où ils peuvent travailler et prier dans une dignité humaine. Cette situation est peut être un constat d'échec dans notre volonté de vivre dans le Christ, cependant, notre foi nous a toujours soutenus.

 

La majorité des écoles reçoit les enfants du Jardin d'enfants au baccalauréat, quelles que soient leur religion et les ressources familiales. Ainsi chrétiens et musulmans (30 %) apprennent à vivre, à grandir et à construire leur vie ensemble, dans la conn ramallah chemin de l'école  
La majorité des écoles reçoit les enfants du Jardin d'enfants au baccalauréat, quelles que soient leur religion et les ressources familiales. Ainsi chrétiens et musulmans (30 %) apprennent à vivre, à grandir et à construire leur vie ensemble, dans la conn
La majorité des écoles reçoit les enfants du Jardin d'enfants au baccalauréat, quelles que soient leur religion et les ressources familiales. Ainsi chrétiens et musulmans (30 %) apprennent à vivre, à grandir et à construire leur vie ensemble, dans la conn
Nous n'avons pas vu venir le danger et, pire encore, nous n'avons pas trouvé de lieu qui puisse nous offrir un avenir meilleur. Les contraintes de la situation politique ont sévèrement réduit la population chrétienne. Des voix dans la presse internationale présente cette diminution comme le résultat de la persécution islamiste. C'est faux. Pendant que la communauté chrétienne de Palestine a des problèmes à cause de sa situation minoritaire, comme c'est le cas de toutes les populations minoritaires, la migration des chrétiens démontre clairement que la première cause, ce sont les conditions de vie sous la menace de l'occupation militaire illégale par le gouvernement israélien. C'est une situation qui, sous une forme ou une autre perdure depuis 62 ans.

 

Je suis prêtre dans cette région depuis 25 ans. J'ai visité des chrétiens dans les prisons israéliennes. J'ai participé aux funérailles de chrétiens tombés sous les balles et les bombes israéliennes. J'ai cherché à aider des familles chrétiennes qui ont été cruellement divisées par la politique israélienne contre le droit de résidence des palestiniens qui force les déplacements et qui a même abouti à la confiscation des biens des chrétiens de façon à agrandir les colonies illégales autour de Bethléem.


Il n'a pas toujours été facile pour moi de contenir ma colère. Certains ont été capables d'entendre les mots de réconfort du Christ. D'autres songent au départ. Israël ne fait aucune distinction entre les chrétiens et les musulmans. D'évidence, les israéliens veulent la terre palestinienne, mais ils ne veulent pas des palestiniens, les descendants de ceux qui s'y sont installés il y a des milliers d'années. Et comme il n'y a aucune force devant leur pouvoir, rien ne les freine.

 

5 novembre, prière pour les morts de Bagdad Ramallah-5 nov.2010.messe Irak  
5 novembre, prière pour les morts de Bagdad
5 novembre, prière pour les morts de Bagdad
Alors que nous désirons comprendre le cœur de chaque homme, même celui ne nos persécuteurs, alors que nous souhaitons dire des mots de paix et de réconciliation, nous ne pesons pas grand-chose, soit à cause de la faiblesse de notre foi, soit à cause de l'arrogance de la puissance d'en face. En 2009, un groupe de laïcs et le clergé de la communauté chrétienne, y compris moi-même, avons participé à la rédaction du Kairos dans lequel nous essayons de dire au monde ce qui se passe ici. C'est un appel à la justice, à la compréhension et à la paix. Nous avons reçu beaucoup de soutien, mais il y a encore beaucoup à faire. 

 
Le mur de séparation Bethléem  
Le mur de séparation
Le mur de séparation
Aujourd'hui, nous voyons les deux villes voisines, Bethléem et Jérusalem, divisées pour la première fois dans l'histoire. Des entraves draconiennes à la liberté de mouvements ont anéanti les liens sociaux, familiaux et économiques jusqu'à un point critique. Des couples qui veulent s'unir par delà le mur doivent se séparer de l'une des familles… Les palestiniens qui veulent se rendre sur les lieux saints, l'église du Saint Sépulcre entre autre, comme ils le font depuis des siècles, ont des difficultés pour obtenir les autorisations israéliennes. Les pèlerins qui veulent visiter Bethléem doivent faire des démarches compliquées au point de passage israélien. En conséquence, les pèlerins passent en bus et ne peuvent même pas rencontrer notre communauté dans les rues.

 

Il y a de plus grandes souffrances dans le monde. Comme tous les enfants de Dieu, nous avons à rendre grâce. Nous rejoignons nos frères et sœurs dans le Christ dans la prière. Mais il n'est pas facile d'effacer l'ombre dans notre cœur quand nous pensons à ce qu'est devenu notre petite ville de Bethléem qui est un tel symbole chrétiens…


Lieu de vénération de la nativité Bethléem - nativité  
Lieu de vénération de la nativité
Lieu de vénération de la nativité
 Les chrétiens ici sont découragés quand ils voient que beaucoup de leurs frères et sœurs dans le Christ, depuis les Etats-Unis, soutiennent activement la politique qui vide la terre du Christ de la population chrétienne. Ils se sentent rejetés par leur propre communauté.
Ne vaudrait-il pas mieux, au nom du prince de la paix, appeler à la justice et à l'égalité pour tous. Si les chrétiens sont frères d'Israël, est-ce qu'entre amis, on ne devrait pas s'orienter vers la vertu ? S'ils ne le font pas, peut-on encore parler d'amitié ?

 

noel 2009 Bethleem Notre sauveur est venu apporter sa lumière au milieu des ténèbres. Puisse Noël illuminer nos cœur et illuminer chaque zone d'ombre, surtout là où il y a persécution. Puisse-t-il nous renforcer dans l'espoir, nous unir tous, et nous préparer à sa venue en travaillant à la paix. Puisse cette unité donner l'espoir aux chrétiens de Terre Sainte, pour que le corps du Christ, son Église, puisse trouver un chemin pour continuer dans les terres sanctifiées par son ministère universel.

Traduction Anne-Marie Capelain-Barbier.
 

On peut aussi lire le témoignage publié dans Messages, du Secours catholique, p. 18-19 : « la tente des nations » fait de la résistance à Bethléem

Kairos (2009) : au coeur de la souffrance palestinienne 
http://www.chretiensdelamediterranee.com/
  
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En avril 2010 déjà, le journal Le Monde titrait:

 

"Les Palestiniens chrétiens s'inquiètent de la "judaïsation" croissante de Jérusalem"

C'était à l'occasion des fêtes de la Pâque. ou des mesures de sécurité et de restrictions nouvelles avait été érigées. Cela concernait les limitations du nombre de Palestiniens chrétiens de Cisjordanie et de Gaza à venir à Jérusdalm . L'inquiétude de spèlerins de ne pouvoir venir était amplifiée par 'lobligation d'avoir un  permis et une carte magnétique d'identité délivrée par les autorités Israëliennes. Le curé de Taïbeh indiquait n'avooir obtenue que 200 permis pour ses paroissiens contre 600 les années précédentes. Les postes de contrôles israëlines se multiplient et deviennent humiliation. Aussi les gens se découragent. Pour l'évêque grec orthodoxe, c'est une violation de la liberté religieuse, une remise en cause d'une tradition vieille de plus de 900 ans.

 

Le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal s'inquiète de cette judaïsation: "Noous demandons que tous nos fidèles puissent entrer à Jérudalem pour prier et avoir accès aux lieux saints... La politique israëlienne vise à vider Jérusalem de sa population musulmanne et chrétienne. C'est par une vieille technique d'occupation des espaces, pièce après pièce, que les Israëliens encerclent les minorités, le faisant comprendre qu'ils n'avaient plus leur place en ces lieux.  Un objectif est d'occuper peu à peu la route qui mène au Temple. La technique du fait accompli est déjà utilisée en territoire palestinien en implantant des colonies construites de toute pièce, ce qui fut un des motifs de l'échec des pourparlers de paix à l'été 2010. E.H.

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Bethléem, restauration de l’église de la nativité

 Lire le programme 2011 des pèlerinages

Bethleem. Basilique de la Nativité Bethleem. Basilique de la Nativité   “Deux cents ans pour un accord !”, c’est ainsi qu’un journaliste introduit l’annonce de la restauration de la toiture de l’église de la nativité à Bethléem. Bien des raisons expliquent les causes de ces retards. D’une part la situation conflictuelle du territoire palestinien occupé par Israël, les intifada, etc. La position de symbole qu’est la basilique de Bethléem, mais aussi et surtout, le fait qu’elle soit en co-propriété entre plusieurs religions : grecs orthodoxes, arméniens apostoliques et catholiques latins, ont beaucoup compté dans les difficultés à trouver un accord. Le même type de conflits existe aussi pour l’entretien de la basilique de la Résurrection à Jérusalem (église du Saint Sépulcre), où cinq religions se partagent les lieux.


Une autre raison pour comprendre ce retard se comprend en regardant la succession des pouvoirs dans la région depuis 400 ans : période ottomane, période sous protectorat anglais, création de l’Etat d’Israël et partition de la Palestine, conflits au sein de l’autorité palestinienne. Bethléem est aujourd’hui un territoire palestinien occupé. L’accord entre les trois religions et la volonté de l’autorité politique Mahmoud Abbas ont finalement permis le financement et l’ouverture du chantier en septembre 2010.

 

La dernière réfection remonte à 1671. C’était durant la période ottomane. La petite histoire retient que les franciscains utilisaient des feuilles de plomb pour la couverture, et les janissaires, soldats du sultan tabassaient les religieux, voulant récupérer le plomb pour leurs arquebuses.

L’église actuelle est édifiée sur le lieu retenu par la tradition comme lieu de la naissance de Jésus. L’église actuelle date de l’époque des Croisés. Sous le sol actuel, on peut voir des mosaïques remontant à la première église constantinienne voulue par Hélène, mère de l’empereur Constantin. La porte d’entrée, surbaissée, garde les traces des modifications faites pour empêcher un homme à cheval de pénétrer dans la basilique.

 

La situation des chrétiens à Bethléem et en Israël

 

  • Le curé de la paroisse de Bethléem, partiarcat latin, a fait parvenir une lettre rappelant, si besoin est, que les chrétiens sont aussi persécutés par l'Etat d'Israël, non seulement parce qu'ils sont Palestiniens, mais aussi parce que Chrétiens. C'est un peu comme si l'Etat d'Israël voulait exclure de la ville tout ce qui n'est pas Juif. Déjà à Jérusalem les chrétiens n'ont pas accès à tous les postes administratifs, par discrimination religieuse, mais même pour l'obtention de prêts, ils sot consentis à un taux supérieur.
     

Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 11250 visites

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