Fêtes de l'ACO Septembre 2011

60 ans d’espérance au cœur de la vie ouvrière

L’Action catholique ouvrière du Pas-de-Calais a rassemblé plus de 400 personnes dans ses différents rassemblements où elle fêtait 60 ans d’existence. (voir aussi autre page et vidéo)

 

ACO Hénin 60 ans ACO Hénin 60 ans   A Boulogne ou à Hénin, à Saint-Omer ou à Houdain, ces fêtes ont été l'occasion de valoriser ce qu'est l'ACO: un mouvement chrétien engagé auprès des travailleurs. C'est ce que les militants appellent la double fidélité au monde ouvrier et à Jésus-Christ : “nous sommes à la fois chrétiens et en monde ouvrier”. Ces fêtes ont aussi été l'occasion de faire connaître et d'impulser les orientations choisies lors de la rencontre nationale de mai 2011 à Poitiers: « En peuple, résister et espérer et faire du neuf en ACO ».

 

 

Une vidéo avait été préparée qui présentait le témoignage de quelques uns d’entre eux. Parmi les anciens, Philippe de Calais reprenait les longues luttes d’hier, avant la guerre. Il rappelait sa participation au meeting de la JOC à Paris en 1933, le contenu des réunions où on mettait ensemble le religieux et la vie d’engagement. Avant l’ACO, il y avait la LOC. Aux réunions, on demandait : « « qu’est-ce que tu as fait pour ton prochain ?” Il évoque le souci et les combats pour le logement au moment de la reconstruction, la volonté ferme d’être solidaire des copains. Il regrette aujourd’hui l’abandon des acquis sociaux. (Voir la vidéo)

 

Claude rappelle les moments difficiles dans sa responsabilité professionnelle, où il a rencontré les salariés de Métalleurop, lors de l’explosion d’une tour de production, puis quelques années plus tard, lors de la fermeture de l’usine sans préavis. Une société multinationale cotée en bourse, qui du jour au lendemain dépose le bilan, jetant les salariés, les sous-traitants et les intérimaires à la rue…Discussions avec le préfet, les délégués des salariés, mise en place de cellule de reclassement. Cela concernait 800 salariés d l’entreprise, mais les 1200 employés en sous-traitance ou intérimaires, ils n’avaient rien à espérer. Il a fallu travailler avec les Assedic, le Conseil général etc. Aujourd’hui une entreprise s’est installée sur le site avec plusieurs centaines d’emploi. Mgr Jaeger avait écrit à l’époque : Assez, ça suffit !

 

Chantal témoignait de sa présence dans un quartier-coron de très grande misère, à Montigny, où les gens s’appellent “les oubliés”. Un quartier aussi où s’installe la peur avec la présence de jeunes chez qui circulent la drogue, l’alcool, la violence gratuite. Lors des rencontres en vue des élections elle avait eu de nombreux contacts. Devant tant de misère, comment faire ? Croire en l’homme, c’est chercher comment on peut leur rendre espoir ; ils ne croient plus en rien, même plus aux élections. Elle puise sa force et son espérance dans la parole de l’Evangile, rien n’est jamais perdu.


Christian et Cécile évoquent l’aciérie d’Isbergues, Arcelor-Mittal en pleine restructuration (ex Ugine-Isbergues). Pour des choix économiques, on a fermé l’aciérie électrique Inox, une usine très modernisée et mis au chômage des hommes et des femmes de valeur. Tous deux ont aussi participé au reclassement avec l’union syndicale. Actuellement il participe à la commission santé, en particulier les conséquences de l’utilisation de l’amiante et du manganèse sur la santé des salariés. L’évangile, ce n’est pas à la fin du témoignage qu’ils en parlent, amis par petites touches au cours du témoignage. Acteurs d’humanité, sur les questions de santé, c’est redonner toute sa dignité à l’homme. L’ACO est aussi un moyen pour nous remettre toujours en lien avec les autres.


Jean-Marie, de Boulogne rend compte des activités du mouvement en particulier les “relais”, où ils invitent des copains sur un thème social d’actualité : “la façon de réussir sa vie” ou “les difficultés sociales sur Boulogne”. Il évoque la situation dans l’enseignement, ce contre quoi se battent les enseignants en ce mois de rentrée. Comme il est en responsabilité départementale, il nous confie ses craintes personnelles de n’être pas à la hauteur. Il sait qu’il peut compter sur les amis fidèles et sûrs.
 

Marie-Claire explique l’intérêt de participer a l’équipe nationale et d’avoir un regard sur les réalités de chaque région. La prise en compte des personnes avec qui elle est en relation demeure pour elle une nécessité. L’ACO permet de s’arrêter sur sa vie, de remettre le “C” à sa place. L’action on la vit, mais on a besoin de relier la dignité que l’on redonne aux gens avec l’amour que l’on reçoit de Jésus. Je dis en quoi je crois, et pourquoi je fais ainsi.  Autrement dit, brancher l’Evangile à la vie de tous les jours. Les copains sont étonnés qu’on puisse mélanger évangile et vie de tous les jours, car pour eux, l’Evangile c’est le baptême de leurs petits enfants, le mariage de leurs enfants. C’était une découverte.


Johan, sur Arras et d’une génération plus jeune, estime que l’ACO c’est la continuité de sa vie avec la JOC. Pour cette raison, elle met en route une équipe “jeunes”, qu’il appelle passerelle JOC-ACO. Ma mère m’expliquait tout jeune “qu’un morceau de beurre, c’est politique…” Je le pense encore.

Les témoins sont davantage sollicités par l’intervieweur pour exprimer le lien entre leur vie et l’Evangile Or c’est au cours même de leur témoignage qu’ils répondent ; l’Evangile, n’arrive pas à la fin, mais par petites touches au cours du témoignage.

 

ACO Boulogne - 60 ans ACO Boulogne - 60 ans   Au cours de ces rencontres anniversaires, l'ACO ne s'est pas célébrée elle-même. Elle a fait honneur à ceux que la société ne prend pas assez en compte. Elle a honore la dignité du peuple au nom de sa foi et de sa mission de servir le royaume. Ensemble ils ont chanté : “tu es un homme, et je te nomme mon camarade ! Viens, donne-moi la main. Seul dans ton coin, tu rages et tu te plains ; Et pourtant tu sais bien que tu es des millions, de frères des sœurs qui ont de l’espoir au cœur. Rejoins-les, n’aies pas peur, arrache ton bâillon” Par eux, ACO se veut présente là où la dignité de l'humain est bafouée, en étant acteur de fraternité et en témoignant du Christ ressuscité, au cœur de la vie :


Espère en Dieu car Dieu espère en toi.
Ouvre les yeux, regarde autour de toi, le monde attend la force de tes bras.
Si tu crois en Jésus ressuscité, espère en l’homme comme lui,
ouvre ton cœur à la lumière, pour chanter aujourd’hui les merveilles de Dieu.


Au cours de la célébration, ils ont rappelé l’Evangile d’Emmaüs où les disciples sont invités à reconnaitre le Christ présents au milieu d’eux. Dans la prière ils exprimaient :

Là où est la violence nous parlons d’amour.

Là où est la solitude, nous proposons la rencontre.

Là où est la lassitude, nous annonçons l’espoir.

 

Ainsi peut-on définir l’ACO comme militants de l’espoir malgré les nombreuses lassitudes.
EH
 

Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 2207 visites