Jubilé des personnes détenues

Jubilé des personnes détenues : un temps de réconciliation et d’Espérance

 

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Tandis qu’il inaugurait le Jubilé place Saint-Pierre la nuit de Noël, le pape François se rendait dès le lendemain à la prison Rebibia de Rome pour y ouvrir une Porte sainte. Dans les pas de son prédécesseur, et en cette fin d’année jubilaire, Léon XIV présidera le 14 décembre prochain le Jubilé des personnes détenues. Cet événement s’adresse particulièrement à celles et ceux qui vivent l’épreuve de l’incarcération. Il ne s’agit pas seulement d’un temps liturgique, mais d’une démarche de réconciliation, de joie et d’Espérance, qui se vivra à Rome mais aussi en France et partout dans le monde.

 

 

 

 

 

 

 

 

Une démarche nationale

 

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Un livret a été réalisé par l’Aumônerie nationale des prisons, en collaboration avec Prions en Église. Ce document présente une démarche en quatre étapes. À l’issue de chaque étape, des questions sont proposées afin d’approfondir la réflexion et de mieux saisir le sens de cette démarche jubilaire.

 

 

 

 

 

 

 

Comprendre ce Jubilé

Le pape François a instauré ce Jubilé comme une année de clémence et de pardon. Un Jubilé est un temps extraordinaire où l’Église invite à se recentrer sur l’essentiel : l’accueil de la miséricorde de Dieu et la possibilité d’un nouveau départ. Pour les personnes détenues, il est une étape de leur vie où la foi peut devenir un chemin d’Espérance.

 

Des portes à ouvrir

Le passage de la « Porte sainte », symbole du Jubilé, résonne jusque dans les prisons, où il prend

un sens particulier. Passer une porte, c’est accepter de se transformer, d’oser franchir un seuil intérieur. De la porte de la cellule à la porte de soi-même, le Jubilé invite à ouvrir son coeur : par la prière, des gestes symboliques, et une ouverture à Dieu mais aussi aux autres.

 

Appelé à être pèlerin

Vivre le Jubilé, c’est se mettre en marche. Être pèlerin ne signifie pas seulement voyager vers un sanctuaire : c’est aussi avancer sur une voie intérieure. Derrière les murs des prisons, cette démarche devient un pèlerinage d’Espérance, une marche vers les autres, vers Dieu et vers soi-même.

 

Être témoin d’Espérance

L’incarcération est une attente difficile : celle de la libération, des procès, du temps qui passe lentement. Le Jubilé invite à transformer cette attente qui détruit en une attente qui construit. L’Espérance devient alors un témoignage. Elle n’est pas seulement une force humaine, mais un don de Dieu qui permet de regarder l’avenir autrement.

Le Jubilé des personnes détenues est un symbole fort et une provocation de langage ! Et pourtant… l’aumônerie nationale des prisons a relevé ce défi et vous invite à vous y associer de différentes façons :

  • à la télévision le dimanche 14 décembre : à Rome et dans de nombreuses aumôneries de prison auront lieu des célébrations avec des personnes détenues.
  • avec les paroisses et les mouvements d’Église qui proposent de s’y associer sous forme de fraternités en traitant un ou plusieurs des thèmes du parcours en communion avec les personnes détenues.

 

 

Le dimanche 14 décembre,

l'eucharistie sera célébrée dans l’ensemble des prisons du Pas-de-Calais.

Monseigneur Leborgne présidera la messe à la maison d’arrêt d’Arras.

 

Dans le Pas-de-Calais, la messe sera également célébrée dans d’autres lieux de privation de liberté, et notamment :

  • à la maison d’arrêt de Béthune, le samedi 13 décembre, par le vicaire général, l’abbé Laurent Boucly
  • au centre pénitentiaire de Longuenesse, le dimanche 14 décembre, par le vicaire général, l’abbé Laurent Boucly
  • au centre de détention de Bapaume (quartier hommes et quartier femmes), le dimanche 14 décembre, par l’abbé Pierre Coquerelle

 

 

 

 

 

Pour Noël et toute l’année : écrire aux détenus

 

DESSIN ET TEXTE LUCIEN DESSIN ET TEXTE LUCIEN  À l’occasion de Noël, il est possible de façon anonyme d’envoyer une carte aux personnes incarcérées et tout au long de l’année d’entretenir une correspondance postale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Contact :

Secours catholique – « S’écrire au-delà des murs »

103, rue d’Amiens 62000 Arras

ocean.620@secours-catholique.org

 

 

 

 

Plaidoyer des évêques de France à l’occasion du Jubilé des détenus

 

Dans le cadre du Jubilé des détenus, les 13 et 14 décembre 2025, les évêques de France publient ce texte sur la situation carcérale en France pour inviter les catholiques et toutes les personnes de bonne volonté à s’engager au service de l’espérance pour les détenus.

 

Cette année 2025 est une année jubilaire. Cette tradition s’origine dans un appel ancien qui vient de la Parole de Dieu, où à intervalle régulier on annonçait une année de clémence et de libération pour le peuple. Jésus-Christ lui-même l’a reprise en inaugurant sa vie publique : “Le Seigneur m’a envoyé porter la bonne nouvelle aux humbles, guérir ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs la délivrance, aux prisonniers leur libération… “ (Is 61,1-2). “L’espérance ne déçoit pas !” Le pape François a voulu que la célébration de cette année jubilaire invite toutes celles et ceux qui sont éprouvés à demeurer dans l’espérance. Celles et ceux qui sont en prison en font partie et le 14 décembre a été retenu pour célébrer le Jubilé en détention.

 

Aujourd’hui, la surpopulation carcérale atteint un seuil historique en France. Elle contribue à une prise en charge dégradée – sentiment d’humiliation, augmentation de la violence et de l’oisiveté, perte du sens du travail pour les agents pénitentiaires. Elle empêche que les personnes détenues ressortent “meilleures” qu’au moment de leur incarcération et génère ainsi plus de récidive que de sécurité. Pour la société, la prison est la sanction la plus coûteuse, non seulement financièrement mais en termes de récidive. Toute mesure qui vise à augmenter la population carcérale va à l’encontre de la sécurité de nos concitoyens.

 

Si la Justice doit légitimement sanctionner les crimes et délits, la loi pose le principe d’une peine qui vise à prévenir leur réitération et à réinsérer leurs auteurs. N’appréhender la sanction que comme châtiment qui doit faire mal, réduirait la peine à déshumaniser au lieu de relever. Choisir de restaurer dans leur humanité ceux qui ont failli en les aidant à assumer leur responsabilité et à envisager un nouvel avenir, c’est l’intérêt de toute la société, à commencer par les victimes. Des prisons qui débordent sont des prisons qui détruisent, où l’on n’enferme pas seulement les personnes condamnées derrière des murs mais dans une déchéance désespérée, comme s’il n’y avait plus rien à attendre d’elles. Personne n’y a intérêt.

 

À l’occasion du Jubilé des personnes détenues, nous tenons à rappeler que tout être humain est créé à l’image de Dieu et que la dignité qui en résulte est inaliénable, indestructible. Personne ne peut être réduit à l’acte qu’il a commis, quel qu’il soit. La révélation de Dieu en Jésus-Christ nous dit qu’il paye de sa personne pour nous arracher au pouvoir du mal. L’Évangile nous montre à chaque page Jésus qui fait bon accueil aux pécheurs, mange avec eux, les relève.

 

Nos aumôniers en détention sont témoins que derrière les murs d’une prison, l’amour du Christ relève, réconcilie et ouvre à l’espérance. La foi en un Dieu crucifié entre deux condamnés de droit commun pour nous libérer du cycle infernal de notre violence, ne peut s’accommoder du renoncement à croire en ce que chacun porte en lui de meilleur, de la désespérance de l’autre, d’une justice qui ne ferait que punir sans restaurer, d’une peine dans laquelle on n’offre pas à la personne condamnée les moyens d’aller vers le meilleur d’elle-même.

 

La Bonne Nouvelle de la révélation en Jésus-Christ est la rédemption de l’humanité et elle rejoint, au-delà du cercle des croyants, la vision d’une communauté fraternelle inscrite dans la devise de notre République.

 

Devant ce constat alarmant et inquiétant, nous souhaitons interpeler les responsables politiques et les juges de notre pays afin que nous nous engagions délibérément sur des voies nouvelles pour exercer la justice et condamner ceux qui commettent des infractions ou même des crimes. Le “tout carcéral” est une impasse. Il existe d’autres manières de sanctionner en respectant vraiment la dignité des personnes tout en permettant un changement de comportement.

 

Nous appelons non seulement les catholiques, mais aussi toutes les femmes et les hommes de bonne volonté, à ne pas renoncer à la perspective d’une fraternité inclusive qui est au fondement de notre société, à résister à la méfiance, au rejet de l’autre. Désespérer de l’autre conduit à un monde infernal fait d’exclusion et de violence toujours plus grande, à une société de plus en plus fracturée.

Cultivons la confiance, prenons soin de celles et ceux qui ont besoin d’être relevés.

 

L’Espérance ne déçoit pas !

 

 

Cardinal Jean-Marc Aveline,
Archevêque de Marseille
Président de la Conférence des évêques de France

Mgr Denis Jachiet,
Évêque de Belfort-Montbéliard
Président de la commission Dialogue, bien commun et amitié sociale

Mgr Jean-Luc Brunin,
Évêque du Havre,
Évêque référent de l’aumônerie catholique des prisons

Bruno Lachnitt,
Aumônier général de l’aumônerie catholique des prisons

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