Actes des apôtres, chapitre 22-23

Arrestation de Paul à Jérusalem et comparution devant le gouverneur

Arrestation de Paul à Jérusalem et comparution devant le gouverneur

 

SCommunicat20061909140 SCommunicat20061909140  Paul, sous protection de la garde romaine entreprend de s’expliquer devant les Juifs. Durant plusieurs chapitres, nous pourrons lire des discours “aménagés” par Luc : devant le sanhédrin, devant le gouverneur, devant Agrippa et Bérénice.

 

Devant le sanhédrin à Jérusalem, Paul choisit de raconter comment il est devenu ce qu’il est, lui, autrefois disciple de Gamaliel et persécuteur des chrétiens. C’est le deuxième récit de la conversion sur le chemin de Damas. Il y en aura un troisième, devant Agrippa et Bérénice. On peut lire les trois récits en parallèle pour mesurer ressemblances et différences. Ce qui est commun, c’est le rappel que Paul a été persécuteur, puis qu’il a été appelé à devenir témoin de Jésus-Christ “auprès des nations païennes”. C’est d’ailleurs à l’énoncé de ces paroles que les Juifs se sont excités contre Paul lors de sa comparution devant le gouverneur. Or c’est bien l’ouverture aux païens qui a choqué les juifs, de mêle qu’elle avait choqué les judéo-chrétiens à Antioche, au point de provoquer l’Assemblée de Jérusalem.

 

Le premier récit insistait sur l’intervention de Dieu dans la succession des évènements de conversion. Ce second récit est davantage “humain”, voulant susciter l’adhésion des Juifs, soulignant la fidélité des intervenants à la foi des pères : la figure de Gamaliel, celle d’Ananie qui n’a pas renié la foi des pères, la défense de la cause de Dieu ; les voix et la lumière, comme autrefois pour les prophètes, etc.

 

Hélas. La confusion des auditeurs, issue des discours ne règle rien et Paul va donc être soumis à la torture. C’est alors qu’il invoque sa qualité de citoyen romain “de naissance”, à la différence du commandant de la garnison, Claudius Lysias, qui a payé pour avoir ce titre. S’ensuit une confrontation avec les scribes et les pharisiens. Paul s’en sort en divisant ses opposants sur la question de la résurrection.

 

Si Luc évoque la bienveillance des autorités romaines en faveur de Paul, c’est aussi pour provoquer ses lecteurs à avoir la même attitude envers les chrétiens. Nous lisons le récit comme une histoire, en oubliant que l’écrivain oriente un peu la succession des évènements en son sens : il lui fallait faire sentir que les nouveaux disciples de la nouvelle Voie méritaient plus que de l’estime. La comparution de Paul devant le sanhédrin peut nous faire penser à la comparution de Jésus. Nous pouvons aussi retenir que le tribunal est divisé au sujet de Paul : “Nous ne trouvons rien à lui reprocher…”. A Paul, comme dans une vision, lui est annoncé qu’il aura à témoigner jusqu’à Rome. Nous avons donc encore bien du chemin à parcourir avec Paul.

 

L’épisode du complot contre Paul montre la complexité de la situation et le rôle des romains pour qu’il puisse accomplir sa mission, un peu comme si Rome était au service de la mission de Paul (23, 12 à 34)

Dans l’itinéraire qu’il va parcourir, Paul est amené à rencontrer des gens importants du monde romain. 

Article publié par Emile Hennart - Maison d'Evangile • Publié • 134 visites