Actes des Apôtres chapitre 8

La Bonne Nouvelle en Judée et en Samarie

Ch 8_1470 Ch 8_1470  Avec ce chapitre commence une nouvelle étape, caractérisée par la sortie hors de Jérusalem de chrétiens hellénistes. Après le meurtre d’Etienne, il ne faisait pas bon se déclarer disciple de Jésus, surtout si on n’est pas Juif de naissance, c’est-à-dire helléniste. Une partie de la communauté s’éparpille, essaime au Nord comme au Sud, en Samarie, en Judée et bientôt, jusqu’à Chypre et Antioche. Il faut savoir que nombreuses communautés juives (la diaspora) sont disséminées dans l’empire romain où elles ont établi des synagogues. Ce sont elles qui prêtent une oreille favorable aux prédicateurs que les autorités juives de Jérusalem, persécutent.

 

Philippe, le deuxième de la liste des Sept, se rend en Samarie. La prédication de la Bonne nouvelle de Jésus est bien accueillie. Pour la première fois est évoquée la joie des croyants. Philippe croise un prédicateur itinérant et charismatique, Simon. Quoique rivaux sur le terrain, l’un valorisant sa propre personne, l’autre annonçant la Bonne nouvelle du Royaume de Dieu Simon donne foi à la Bonne nouvelle, comme beaucoup de Samaritains, hommes et femmes... Pour Luc, c’est le signe que l’Esprit est à l’œuvre, son récit (8, 4-8) semble copier le récit de la Pentecôte.

 

Le récit est tissé de multiples anecdotes, ainsi l’envoi des apôtres Pierre et Jean, qui vont imposer les mains sur les nouveaux baptisés en signe du don de l’Esprit. Il n’est pas question de distance entre gens de Jérusalem et gens de Samarie, contrairement à ce que nous avons retenu de l’évangile de Jean qui nous a fait deviner des distances entre eux. Philippe aimerait payer pour avoir les mêmes “droits” sur l’Esprit saint. Il n’a rien compris. Plus tard on appellera cela de la simonie. Il demande à Pierre de prier pour lui. Laissons aux théologiens d’aujourd’hui de dire s’il faut distinguer baptême et don de l’Esprit.

 

Pierre et Jean retournent à Jérusalem tandis que l’ange du Seigneur (périphrase pour dire l’Esprit-saint) confie une autre mission à Philippe.Il peut être utile de repérer comment Luc évoque le rôle de l'Esprit-saint.

 

Peut-on dire que Philippe fait de l’auto-stop sur la route de Gaza ? Il s’invite dans le char d’un riche pèlerin de retour de Jérusalem qui ne comprend rien à la lecture du livre d’Isaïe qu’il vient d’acheter. Pour lire les Ecritures, il faut accepter d’être accompagné. Philippe explique que le prophète parle de Jésus. A la vue d’un point d’eau, l’éthiopien demande à être baptisé. Philippe disparait, emporté par l’Esprit-saint pour d’autres missions.

 

On peut s’interroger sur le rôle du groupe des sept. Chargé du service des tables, les voici prédicateurs et évangélisateurs auprès de gens éloignés du cercle des bons Juifs : des samaritains d’abord, un étranger ensuite, un mutilé qui n’a pas vocation à devenir proche de Dieu. Et pourtant c’est bien pour ces gens-là que l’Esprit envoie Philippe. Les lecteurs des Actes sont maintenant prêts à accueillir les extravagances de l’Esprit. En voilà une, de taille : il s’agit de Saul qui s’apprête à emprisonner des chrétiens à Damas.

Article publié par Emile Hennart - Maison d'Evangile • Publié • 236 visites