Enfant, n’a pas pu être baptisé, malgré la volonté de ses parents. Ce soir, lors de la veillée pascale de l’abbé Pillain au Touquet, il va enfin faire son entrée parmi les catholiques. À 22 ans, il a décidé de faire ce choix. Avec toute la conviction de l’adulte qu’il est devenu. Il explique son long chemin.

Un acte manqué. Alaric aurait dû être baptisé après sa naissance. C’est ce que ses parents, croyants peu pratiquants, souhaitaient. « Mais le prêtre a refusé. Il a dit que mon prénom était celui d’un ancien roi barbare. » Pendant longtemps, le garçon a donc nourri une certaine « rancœur » vis-à-vis de la religion. « Je me sentais à l’écart de mes cousins, cousines. Ils avaient un parrain, une marraine, faisaient leur communion… Je ne comprenais pas pourquoi je n’avais pas le droit. »

Le déclic. Alaric grandit en se faisant une raison. Jusqu’à ce que l’idée revienne le titiller. « Le déclic, ça a été l’enterrement de ma grand-mère, je me suis posé des questions. » Entre-temps, Alaric a aussi fait la connaissance de Capucine. « Sa famille est croyante, bien qu’elle-même ne soit pas allée au-delà du baptême. Mais en parlant avec sa grand-mère, très croyante… Ça a fait son chemin. »

Le pardon. Alaric se lance et contacte le diocèse. « J’étais venu avec Capucine au rendez-vous. J’ai parlé avec Michèle Leclercq, la personne du diocèse. Puis, elle s’est tournée vers Capucine pour lui demander où elle en était. On s’est regardé et on s’est dit : Pourquoi ne pas faire ça ensemble ? Sans elle, je ne l’aurais peut-être pas fait jusqu’au bout… » Le processus était en marche. « C’est un cheminement personnel qu’ils vivent ensemble. C’est ça aussi qui est beau dans leur démarche », sourit Catherine Verny, Merlimontoise de 29 ans, choisie pour accompagner le catéchumène (celui qui se prépare au baptême) et Capucine qui recevra le sacrement de la confirmation et l’eucharistie.

Le chemin de croix. Si décider de baptiser son enfant n’engage qu’à quelques rendez-vous avec le prêtre, choisir de le faire adulte nécessite plus d’engagement et au minimum deux ans de préparation. « C’est alors un vrai choix et ce n’est pas anodin », poursuit Catherine, dont c’était le premier accompagnement (lire encadré).

Le don. Ce soir, à 21 h, lors de la veillée pascale à l’église du Touquet, Alaric sera baptisé par l’abbé Pillain. Exceptionnellement, c’est lui aussi qui, sur dérogation de l’évêque, procédera à la confirmation et l’eucharistie de Capucine. « Nous ne voulions pas séparer les deux, car c’est le même cheminement », explique Catherine Verny. Puis, en ce dimanche de Pâques, Alaric deviendra à son tour parrain de la nièce de Capucine. La boucle est bouclée… L’expérience de ce jeune couple a aussi poussé un membre de leur groupe de prière à entamer le chemin vers la confirmation. Et pour la petite histoire, celui qui deviendra le parrain d’Alaric ce soir est le même que celui que ses parents avaient choisi pour lui 22 ans plus tôt. La patience d’Alaric, comme celle de son parrain, aura fini par porter ses fruits.

 

Il y a deux ans, Julie  a pris la décision de se faire baptiser. Depuis, la jeune Boulonnaise n’a jamais douté et sa foi s’est renforcée. Ce soir, elle sera baptisée à l’église Saint-Nicolas, à Boulogne, lors de la veillée pascale.

« J’ai l’impression de commencer une nouvelle vie, témoigne Julie. J’ai appris qu’Il était toujours là. »

Les parents de Julie n’ont fait baptiser aucun de leurs six enfants – elle a cinq frères. Un choix dont elle se réjouit : « Ça m’a permis de faire ce choix personnel. Adulte, on comprend mieux les choses ».

Chef de rang dans un restaurant d’Hardelot, Julie a vécu treize ans dans le Sud. « À mon retour à Boulogne, je me suis renseignée sur les démarches à suivre pour être baptisée. Pendant deux ans, j’ai suivi mon cheminement et appris plein de choses ».

« J’ai l’habitude de me réfugier auprès de la Vierge Marie »

Enfant, Julie n’est jamais allée au catéchisme. « Je ne savais rien de la vie du Christ, mais j’ai toujours cru à la Vierge Marie. Il y a avait des statues d’elle à la maison ; ma Mamie me donnait des carnets avec des prières… J’ai l’habitude de me réfugier auprès de la Vierge Marie. Je pense qu’au fond de moi, j’ai toujours eu la foi. Avec Didier, mon accompagnateur, qui m’a guidée, on a travaillé par fiches. On s’est vus une ou deux fois par semaine quand c’était possible, et on s’est souvent plongés dans l’Évangile. »

La jeune Boulonnaise a rencontré d’autres jeunes adultes du diocèse d’Arras qui seront aussi baptisés à Pâques. « On s’est retrouvés à Bapaume au début du Carême pour l’appel au baptême, en présence de l’évêque. On a pu partager, échanger… »

Ce soir, une bonne partie de sa famille (ses parents, ses deux plus jeunes frères, son copain, ses parrain et marraine…) assistera à la cérémonie, à l’église Saint-Nicolas, place Dalton. « Je me sens très heureuse, même si je suis un peu stressée ! Je n’ai jamais baissé les bras et je sais qu’après, je ne vais pas lâcher prise. »

 

extraits de "la voix du nord" éditions d'Etaples et de Boulogne - 3 et 4  avril 2015



Fermer