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Diocèse d'Arras Informations et Communiqués
Déclaration : Mgr Jaeger et la Jungle
Après la destruction de la Jungle à Calais
Dans le cadre d’une opération hautement médiatisée, le campement de fortune de quelques centaines d’immigrés a été évacué et rasé, cette semaine. Il constituait, certainement, une verrue sur le littoral calaisien. Personne ne pouvait décemment souhaiter voir s’édifier durablement ce tombeau de la dignité humaine. Il n’était pas davantage question de laisser trafiquer en paix des exploiteurs d’adultes et de jeunes en quête d’espérance et d’avenir. Ces derniers veulent tout simplement vérifier que sous les noms de paix, de justice, de liberté, de fraternité, de partage se cachent une réalité !
Il a été répété que la France ne peut pas accueillir toutes les misères du monde et que les Calaisiens ne doivent pas faire les frais de dispositions législatives européennes ubuesques. Les déclarations volontaristes, les images qui font choc, les pelleteuses et les bulldozers, les visites ministérielles peuvent laisser croire pour l’énième fois que le problème est résolu ! Des êtres doués de bons sens ne peuvent pas imaginer un seul instant que ne se poursuivra pas et ne s’amplifiera la poussée des pays pauvres vers les pays riches, des pays à la démographie galopante, vers les pays à faible taux de population. Le développement des moyens de communication invite, de façon permanente, ceux qui ont peu à aller vers ceux qui ont beaucoup.
En face de ces vastes mouvements, la mise en scène calaisienne apparaît vite comme une goutte d’eau dans un océan. L’humanité ne peut pas croire, indéfiniment, qu’elle forgera son avenir en avançant les mains sur les yeux. Les terriens ont longtemps cru que la planète était un joujou entre les mains d’enfants gâtés qui la façonneraient au gré de leurs désirs et de leurs caprices. Résultat : nous peut-être, mais surtout nos descendants devrons compter avec une nature qui se rebelle et se modifie selon ses lois propres.
De la même manière, parce nos aînés dont nous sommes héritiers n’ont pas pu, su ou voulu poser tous les termes des équations du développement, du partage, de l’utilisation des ressources et des richesses, il faut, de toute urgence, compenser un dangereux déséquilibre. Bien évidemment, ce travail ne concerne pas que la France. Son histoire lui confère, cependant, le droit et le devoir de s’y engager résolument et d’y appeler les peuples et les nations.
Article mis en ligne par E.H. Communication Diocèse
Publié Samedi 26 septembre 2009 -
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