Anniversaire des lois Debré et Rocard

Enseignement catholique Nord-Pas-de-Calais

Vivre la Liberté pour éduquer à la liberté

  

Les évêques de Lille, Arras et Cambrai Anniversaire loi Debré  
Les évêques de Lille, Arras et Cambrai
Les évêques de Lille, Arras et Cambrai
La direction de l’Enseignement catholique Nord-Pas-de-Calais clôturait une année de manifestations pour fêter l’anniversaire de la loi Debré (50 ans) et de la loi Rocard (25 ans). Etaient présents ou représentés Mme le recteur d’académie, Messieurs les présidents et préfets de région, les quatre évêques de Lille, Arras et Cambrai, les responsables des différentes instances de l’Enseignement catholique et de nombreux directeurs d’établissement.

 

Les différents intervenants ont reconnu que ces lois ont permis un vivre ensemble en France, reprenant une phrase de René Rémond : « la loi de 1959 a réuni ce que la loi de 1905 avait séparé, sans que la loi de laïcité de 1905 ne soit remise en cause ». Dans une France où le monopole de l’enseignement est une longue tradition (monopole religieux puis monopole républicain), la loi a permis d’apurer 150 ans de conflits entre les deux France et les deux Ecoles. Mr Eric Delabarre y voit même la date du ralliement définitif de l’école et de l’Eglise à la République. Ainsi l’Enseignement catholique peut-il exercer en toute liberté dans un état laïc, ce que de nombreux pays ne peuvent comprendre. La loi de 1959 fait la synthèse entre deux traditions françaises : la tradition libérale et la tradition républicaine. La loi n’avait pas d’abord pour but de résoudre le financement des institutions, mais de résoudre un problème de société. Cela fut possible parce qu’elle était fondée sur une haute conception de l’intérêt général.

 

Madame le recteur Anniversaire loi Debré  
Madame le recteur
Madame le recteur
Au cours de la table ronde en début d’après-midi, Madame le recteur rappelait que Public et Privé suivaient le même objectif, vécu dans la complémentarité: la réussite de l’élève. Dans un contexte marqué par la crise, développer un aménagement territorial peut aider la mixité sociale des établissements. Il n’est pas bon en effet de miser sur les diplômes de plus ou moins grande excellence de tel et tel établissement, c’est bien une école pour tous qui est voulue par la République. Ceci n’est pas toujours facile entre une école de centre-ville et une école de zone.


L’internat développé dans l’enseignement agricole devrait être aussi favorisé pour d’autres filières en vue d’une plus grande mobilité qui favoriserait les choix d’avenir professionnel pas uniquement sur la proximité d’établissement.


Mgr Jaeger insistait sur le principe du contrat d’association, qui permet une pluralité d’opinions et d’enseignements au sein d’un état laïc. Il y a réciprocité d’engagement République/établissement, établissement reconnaissant la liberté de conscience, établissement ouvert à tous, disposant d’un projet éducatif où trouve place le religieux. La place de la foi réside dans le témoignage que peuvent apporter les enseignants auprès des élèves. Leur compagnonnage ne consiste pas à enseigner des valeurs, mais à favoriser la rencontre du Christ lui-même qui est la source de ces valeurs. L’originalité de l’Enseignement catholique n’est pas l’enseignement d’une sagesse humaine parmi d’autres. Devenir ainé dans la foi, selon l’expression du texte national de l’Orientation catéchétique devrait être plus qu’un souhait dans l’institution.


Plusieurs intervenants ont signalé que tout n’était pas parfait, qu’il y avait parfois des lieux de tensions souvent dues aux personnes plus qu’aux institutions. Des problèmes financiers surgissent comme les mises aux normes de sécurité et l’accès aux personnes à mobilité réduite. Cela n’est pas pris en charge dans le contrat d’association.

 

On peut parler de cet anniversaire comme d’un bilan d’étape : positif, mais il reste encore à faire. D’une part il faut tirer bénéfice des espaces de liberté, avoir audace et innovation plutôt que routine ; d’autre part être attentifs aux besoins du moment : le handicap, les difficultés scolaires, la mixité sociale et culturelle. Mr Delebarre appelle à une plus grande ouverture à l’économique et aux difficultés sociales, dans la région en particulier. Il appartient aux établissements d’assumer tous les risques de la liberté : user de cette liberté pour satisfaire le bien commun du service public.
Emile Hennart
 

Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 8432 visites