Chemins de foi… paroles de témoins

Ils parlent de leur chemin dans (vers) la foi

De nombreuses contributions sont parvenues à l’équipe chargée de rédiger avec Mgr Jaeger le texte du projet d’orientation de la catéchèse qui sera publié en octobre. Il était demandé une refléxion-témoignage sur le chemin de foi qui fut le leur…

 

Ce retour sur soi est une expérience spirituelle fondamentale dans laquelle des baptisés relisent leur histoire croyante, découvrent qu’ils sont appelés à devenir ainés dans la foi. Il fut un temps où la responsabilité catéchétique était confiée aux seuls prêtres et catéchistes professionnels. Or il appartient à chaque baptisé de devenir témoin, proposant la foi, faisant un bout de chemin avec celui ou celle qu’il sollicite afin qu’il rencontre le Christ vivant par son Esprit. On parlera d’itinéraires diversifiés, selon les lieux et milieux de vie. Personne n’aura oublié que c’est sur le chemin, chemin faisant, entre lecture et relecture que les disciples d’Emmaüs ont appris à découvrir le Christ vivant, présent avec eux.

 marche des jeunes 19 03 07 marche des jeunes 19 03 07  

A la lecture des témoignages reçus s’est imposée l’évidence d’une diversité des chemins de foi. Bientôt des propositions catéchétiques diverses viendront nourrir les croyants et chercheurs de Dieu sur leurs routes humaines. Les chrétiens que nous sommes sont-ils prêts à accepter qu’une diversité d’itinéraires soit proposée aujourd’hui ? Une vingtaine de témoignage ont été sélectionnés et vous sont proposés ci-dessous. Un récapitulatif des types de réponses vous est donné en fin de dossier.

 

1. Moi qui n’ai pas été catéchisée, je voulais que mes enfants le soient et c’est avec eux que j’ai entamé mon chemin de foi avec un désir d’aller plus loin et d’aller à la rencontre du Christ, d’approfondir les découvertes que je faisais en accompagnant mes enfants. Je suis devenue catéchiste et j’ai reçu la confirmation. La foi m’apporté énormément même dans mon milieu de vie.

 

2. J’étais chrétienne pratiquante puis j’ai douté et abandonné, et en arrivant dans mon nouveau village au contact de certaines personnes, j’ai recommencé et redécouvert une foi plus intense et me suis mise au service de la catéchèse.

 

3. J’avais, depuis très longtemps, le désir d’être baptisée et après de multiples demandes qui n’ont pas été prises en compte, j’ai saisi l’occasion de mon mariage pour le demander une nouvelle fois et j’ai entamé mon chemin catéchuménal avec une équipe et le soutien de mon mari.

 

4. Mes parents ne voulaient pas que je sois catéchisé et grâce à une religieuse j’ai communié pour la première fois à 18 ans.

 

5. j’ai longtemps vécu avec une foi dont j’étais tantôt proche, tantôt très éloignée. Puis il y a eu un « déclic », quand j’ai réalisé que Jésus est une PERSONNE qui m’AIME : cette VRAIE RENCONTRE m’a fait passer d’une foi reçue à une foi vécue.

 

6. Benoît : J'ai été élevé dans une famille pratiquante, « traîné » tous les dimanches à la messe, aux répétitions de chorale. Je devais monter tôt dans ma chambre car mes parents accueillaient des couples pour les préparer au mariage, partager des repas avec des prêtres (à qui je posais des questions : « je cherche si Dieu existe, si je crois...» Réponse : « si tu cherches, c'est que tu crois »).
Puis plus grand, j'ai succédé à mon père (avec ma sœur) pour l'animation des assemblées. Aujourd'hui, je participe à des groupes, comme l'EAP...
Ma foi continue à se transformer, aussi par la participation d'H., mon épouse, au caté, à accompagner nos enfants dans cette démarche...
Je me pose toujours de nombreuses questions. Le fait de participer à des rencontres comme celle-ci me fait grandir dans la foi. J'ai encore des choses à découvrir. Peu à peu, je deviens acteur de ma recherche.
Pour moi, les aînés dans la foi ont été mes parents et 2 prêtres (en répondant à mes questions, en étant présent à des moments clés de ma vie de famille et de chrétien).

 

7. J-J : Une famille catholique. Ma mère était institutrice dans l'enseignement catholique. J'ai fait toutes mes études dans l'enseignement catholique. J'ai eu la chance, dans le secondaire, d'être dans une école tenue par des prêtres à l'esprit ouvert.
Curieusement, je ne suis pas allé dans les mouvements de jeunes.
En 4e, je me souviens d'une exposition missionnaire. J'ai été attiré par un livre sur le docteur Schweitzer... Ça m'a passionné. Je n'ai pas vraiment douté de l'existence de Dieu, mais beaucoup de doutes sur l'Église. Depuis que je suis marié, avec mon épouse, j'ai commencé des engagements.
Mes aînés dans la foi = le père Béhague qui m'a poussé pour m'engager dans la vie, y compris politique. Éva Nocquet, l'ancienne pasteure de l’Eglise Réformée d'Arras, m'a beaucoup apporté à travers le groupe œcuménique d'Arras. Je suis en lien avec une fraternité laïque œcuménique.
Avec mon épouse, nous avons longtemps participé à VEA (Mouvement d'action catholique « Vivre Ensemble l'Evangile). J'y ai développé une foi incarnée, qui pousse à s'engager.
Des rencontres comme celle-ci m'apportent.
Par contre, dans ma relation personnelle avec Dieu, je ne prends pas assez de temps pour la prière. Je sens que j'en ai besoin.

 

8. Colette : Au départ, comme les autres, j'ai été élevée dans une famille catholique pratiquante. On participait avec cœur à toutes les processions, reposoirs, etc... Je ne me posais pas de questions. J'ai participé aux « âmes vaillantes » où je me suis beaucoup amusée, avec Marie-Claude R. J'ai commencé à travailler à 16 ans. Mais je pratiquais toujours.
Je me suis mariée à 19 ans. J'ai redécouvert la Parole de Dieu en faisant le caté avec mes petits. Avec sœur Fr., je me suis initiée à une autre manière de l'entendre, plus actuelle. J'ai fait le caté pendant des années.
Y., mon époux, était croyant mais non pratiquant. Il a évolué avec moi pour se rapprocher de la vie de l'Église. On passait une partie des vacances dans des abbayes, pour des formations données par des religieuses.
Ce qui a compté aussi pour moi, c'est de participer à la chorale et aux ALM (Aide des Laïcs aux Missions) en préparant des colis de médicaments toutes les semaines.
J'essaye d'être attentive à mon prochain, d'écouter...
Les 10 dernières années sont importantes, autour du cheminement avec mon mari et sa maladie. On lisait parfois la Bible en pleurant, car des paroles nous bousculaient. J'ai toujours été admirative de ce que mon mari devenait à travers son combat contre le cancer. Il a préparé son enterrement, les textes... Après sa mort, j'ai été un peu ébranlée, mais ça va mieux. Vous m'aidez tous à vivre, par les réflexions, les échanges, etc...
Ce qui nous soutient dans la foi, c'est ce qu'on peut vivre, comme le sourire de cette jeune femme qui va être confirmée... Ça donne envie de continuer... Ça m'est resté toute la semaine. Je suis sensible à tout ça.
Quelquefois, je doute aussi, je me pose des questions. Je suis toujours en recherche. La foi n'est pas quelque chose de facile... Mais c'est bien de ne pas être trop sûr. Sinon on ne chercherait plus rien.

 

9. Je suis tombée dedans quand j'étais petite. Pourtant, j'ai eu le même départ que mes sœurs et elles, elles n'ont pas continué. Des rencontres m'ont aidée. C'est vrai qu'une de mes sœurs commence à faire du chemin avec son enfant trisomique. ( Mouvement de Jean Vannier).

 

10. Je ne suis pas issue de famille chrétienne mais j'ai fait des rencontres marquantes, des personnes qui rayonnaient , malgré des difficultés parfois

 

11. Moi, je devais aller jusque ma profession de foi, c'était comme cela ; on ne pouvait pas choisir, après j'ai abandonné, mais j'ai été appelée pour le caté, par Michèle, et tout a repris.

 

12. Chez moi, il fallait faire sa première communion pour ma mère mais avec mon père il ne fallait pas en parler, j'ai perdu ma mère très jeune et je me suis posée plein de questions. Mon mariage m'a aidé, les événements familiaux: le baptême de ma fille. Quand j'ai été appelée pour le caté, même si cela n'a pas toujours été facile, je me suis dit que Dieu avait besoin de moi! Et maintenant, j'en suis sûre !

 

13. Jusqu'à 18 ans, j'allais à la messe tous les dimanches, parce que j'accompagnais ma grand mère puis j'ai tout laissé tomber. Je me suis engagé dans l'armée et si on m'avait dit il y a trois ans que je ferais le caté, j'aurais ri. En fait, j'avais inscrit mes enfants en école chrétienne pour ne pas avoir à m'en charger. Quand la directrice nous a demandé d'aller inscrire les enfants au caté en paroisse j'ai râlé. Puis en les accompagnant, on m'a proposé de rester, depuis j'y suis toujours et je suis catéchiste.

 

14. Moi j'ai eu un parcours classique avec des hauts et des bas, je ne voulais pas être catéchiste du temps où mes enfants étaient petits...........on me l'a redemandé pour mes petits enfants et curieusement j'ai dit oui, je pense que c'est un appel, un appel qui vient de Dieu, cet appel a mûri.

 

15. « J’ai été marquée par l’exemple de ma maman qui rendait visite à des personnes âgées ou en souffrance et par les rencontres que cela lui a permis. » Puis à l’âge adulte, d’autres préoccupations : période de vide. Puis déclic : retour à la messe, rencontre de personnes, en autre dans le groupe de partage, qui ont donné envie de persévérer dans la connaissance du mystère du Christ, de Jésus. Depuis, lire un texte biblique m’apporte du bien être. Les temps de prière : un temps de communion avec l’Esprit-Saint : un temps où je ne pense plus à mes soucis.

 

16. A l’âge adulte, j’ai vécu avec une personne qui m’empêchait d’aller à l’Eglise. Plus elle m’empêchait, plus j’avais envie d’y aller. Envie aussi de rassembler, d’aider les autres… Il est plus facile d’être avec Dieu que d’être avec les frères …!

 

17. Mes parents m’ont fait baptiser + KT + communion+ confirmation… Mais qui est Dieu ? Puis exemple de personnes qui donnent de leur temps et de leur énergie pour les autres ; cela a permis de passer de ma foi d’enfant à une foi d’adultes qui se manifeste en actes. Meilleure compréhension de qui est Dieu, plus croyant : aimer dans la foi. Aider les gens, fleurir l’église, donner du sens, accompagner les familles en deuil = être présent auprès de ceux qui souffrent. Porter l’espérance de la part de l’Eglise.

 

 

18. Enfant, je pratiquais avec les copains, les voisins, la famille. Ma foi a évolué, je vais toujours à la messe. L’accident d’un enfant a approfondi ma prière, qui est devenue plus personnelle. Maintenant j’ai toujours la foi qui se traduit par des actes envers les autres : chants pour les personnes âgées…cela provoque une réflexion sur l’avenir.

 

19. Conditionnée depuis ma plus tendre enfance, école catholique et un père autoritaire : on m’a dit, j’ai fait. J’ai toujours été dans le bain, auprès des enfants. Devenue institutrice sur le tas, je me suis formée aux parcours de catéchisme et à l’écoute des parents.

 

20. Enfant de chœur au moment de la guerre, JAC et kermesses en faveur des prisonniers. Cela m’a donné le goût de rendre service aux autres. Importance des « Missions ». Ma vie professionnelle m’obligeait à travailler le dimanche matin, donc plus de pratique, mais actions « sociales » avec le juge des enfants: tuteur de jeunes en difficulté. A la retraite, reprise de la pratique, « vie montante »… mais certaines paroles font mal : abandon de la pratique. J’essaye de vivre ma foi dans des actes.

 

21. Née dans un bon terreau. Ecole laïque et scoutisme : bon mélange. Puis institutrice : enrichissement par le contact avec les enfants et avec les parents. Déménagement et prise d’un commerce, on ne connaissait personne, je me suis proposée pour faire le KT, puis l’aumônerie avec nos enfants. Foi de terrain : tous ceux à qui on rendait service ont nourri notre foi, j’ai beaucoup reçu ! Nos actes étaient « laïcs » mais faits dans un esprit chrétien.

 

22 Un autre témoignage, rapporte une rencontre qui est trop longue à reprendre ici. Y sont évoquées les nombreuses occasions qui ont jalonné le chemin de foi. A la fin de ce long parcours, le témoin écrit : « L’Esprit Saint utilise bien souvent la médiation d’un tiers ».
 

Notre foi est née à des moments différents. Depuis l’enfance, avec nos parents, parfois les grands parents, pour certains, pour d’autres plus tard dans leur vie d’adulte. Nous ne sommes pas tous nés dans une même famille croyante, ni reçu la même éducation. Nos propres frères et sœurs ont des parcours différents du notre. Les rencontres, les appels d’autres chrétiens ont joué un grand rôle dans la maturation, la transformation de notre foi.
 

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