Actes des apôtres, 18-19

Paul à Corinthe et à Ephèse

A Corinthe et à Ephèse

Actes 18-19-n0133 Actes 18-19-n0133  Excepté Antioche, Paul n’était resté que quelques semaines dans les villes traversées. A Corinthe il y demeurera plus de 18 mois. La ville avait été détruite en -146 par l’armée romaine. Mais, avec l’expansion de Rome vers l’Est, il y aura besoin de rapporter les richesses acquises, d’Asie vers Rome. Pour cela il faudra transporter les charges des bateaux à travers l’isthme de Corinthe. Il faut des bras. Jules César relance la construction de la ville et y implante nombre de romains et de grecs. S’y agrègent des juifs expulsés par l’empereur Claude (cf. Aquila et Priscille)

 

La ville comportera plus de 500.000 habitants, esclaves pour les deux tiers. Paul y arrive après le relatif échec de sa prédication à Athènes. Il faudrait lire la 1ére aux Corinthiens où sa prédication devient plus rugueuse, où il commence à organiser sa réflexion, méditation issue de l’opposition entre Athènes et Corinthe, entre sagesse et folie, ou à propos de l’attention de Dieu pour les petits : “Ce qui est faible dans le monde, Dieu l’a choisi pour confondre ce qui est fort… C’est une sagesse que nous enseignons, la sagesse de Dieu.”

 

Les Actes ne nous renseignent pas beaucoup sur la vie chrétienne à Corinthe. Par exemple : comment vivre en couple, chrétien et païen ? Faut-il participer au culte païen, se rendre à l’agora ou au marché, manger des viandes immolées, etc. ? Paul s’en explique dans la 1 Co. Au ch. 10, on trouvera le premier récit de la Cène, bien avant les Evangiles, et Paul y reproche (déjà) une attitude qui est loin d’être signe de charité et de communion.

 

Paul a choisi de loger chez un incirconcis, Titius Justus. Jusqu’alors, il était accueilli par des amis issus du judaïsme. L’option d’aller vers les païens se précise. Paul opère de nombreuses conversions. Une fois de plus des Juifs entrainent Paul au tribunal, mais le proconsul Gallion refuse de débattre sur des questions religieuses. Ensuite, Paul s’installe à Ephèse, grande centre religieux païen, mais où une communauté chrétienne s’est implantée. Paul y croise des juifs qui ont connu Jean Baptiste. Il les baptise et leur impose les mains (récit comme une mini-pentecôte).

 

Nous avons du mal aujourd’hui à imaginer les multiples courants religieux qui se croisent et s’affrontent, qui empruntent les uns aux autres des corps de doctrine. C’est là que Paul trace son chemin. Il rédigera à Ephèse plusieurs lettres aux communautés qu’il a fondées. Le poids que prend la religion enseignée par Paul entraîne la réaction des artisans et orfèvres d’Artémis la grande. Manifestations qui font craindre une répression par le pouvoir impérial romain.

Bientôt, c’est le moment des adieux. Paul a prévu de se rendre à Jérusalem.

 

A l’aide d’une carte, on peut se rendre compte des différentes villes où Paul s’est arrêté : elles sont autour de la mer Egée (Philippes, Thessalonique, Athènes/Corinthe, Ephèse, Troas.) et le bateau était un important moyen de communication d’une ville à l’autre.

 

Le christianisme naissant a, depuis longtemps, quitté les bords du lac de Tibériade. Les Actes témoignent de la fondation de communautés hors du monde juif, dans un univers païen, gréco-romain.

Entre repli et ouverture, Paul a choisi. L’Eglise d’aujourd’hui doit aussi choisir !

Article publié par Emile Hennart - Maison d'Evangile • Publié • 180 visites