Actes des Apôtres chapitre 14

Circuit missionnaire en Galatie et retour à Antioche

Actes ch14 Actes ch14  Après Chypre, Paul et Barnabé circulent dans l’actuelle Turquie d’Asie, le sud de la Galatie : Iconium, Lystres, Antioche de Pisidie où Sergius Paulus devait avoir des connaissances. C’est pour eux que Paul écrira la lettre aux Galates, afin de les soutenir face aux exigences auxquelles certains judéo-chrétiens voulaient les contraindre. Occasion de rappeler une prise de bec avec saint Pierre (Gal. 2, 11). La prédication à Iconium puis à Lystres (avec guérison), adressée surtout aux Grecs (païens), entraine des réactions négatives de la part des Juifs.

 

Il n’est pas certain que la diaspora juive se soit beaucoup disséminée à l’intérieur des terres. Paul et Barnabé s’adressent d’abord aux Juifs chaque fois qu’ils le peuvent. Un modèle de prédication semble élaboré, qui commence avec le récit de la création du monde, avec appel à abandonner les sottises du paganisme et ses centaines de dieux. L’objectif était d’annoncer le salut en Jésus. Mais à Lystres, en guérissant un infirme de naissance, ils sont pris pour deux dieux grecs (Zeus et Hermès). Paul et Barnabé n’avaient pas compris les préparatifs du sacrifice prévu en leur honneur, car ils ne parlaient pas leur dialecte. Devant ce quiproquo, Paul et Barnabé se défendent comme ils peuvent : “La Bonne Nouvelle c’est de vous tourner vers le Dieu vivant qui a créé le ciel et la terre…”. A la différence des discours de Pierre ou Etienne, Paul n'évoque pas l’histoire juive avec Abraham, David et les prophètes. Il en sera de même à Athènes.

 

Actes ch14 carte Actes ch14 carte  Des communautés juives de l’intérieur (Antioche et Iconium) se coalisent pour créer une opposition sérieuse à Paul et Barnabé. A Lystres, Paul est lynché et laissé pour mort. Ils n’en continuent pas moins à annoncer la Bonne Nouvelle. Au retour, sur le même itinéraire, ils affermissent les communautés créées. Ils désignent des anciens (ou presbytres), pour gérer ces communautés. De cette époque, nous avons gardé les noms de prêtre et presbytère. C’est la première fois qu’on parle des anciens hors de Jérusalem, signe que l’Eglise se développe et se structure.

 

Luc ne donne pas beaucoup d’autres détails sur ce retour, excepté les réactions d’hostilité des Juifs. Le premier voyage missionnaire de Paul et Barnabé se termine à Antioche sur l’Oronte, leur point de départ. Le compte rendu devient action de grâce à Dieu pour le don de la foi : “Comment Dieu avait ouvert aux païens les portes de la foi”. La mission, c'est l'oeuvre de l'Esprit. Ce chapitre, qui semble tout simple, est pourtant le moment charnière où se concrétise l’universalisme vers lequel tend le christianisme. Le choix avait été annoncé lors du conflit avec les Juifs à Antioche de Pisidie, en 13, 46. Il se concrétise ici avec la prédication “aux Grecs” (mot employé pour la première fois dans les Actes, à Antioche en 11,20, lors de la fondation de l’Eglise d’Antioche).

 

Dans ce chapitre, on notera que Paul et Barnabé ont les mêmes pouvoirs de guérison que Pierre et Etienne, comme Jésus. Quand, plus tard, les hagiographes écriront leurs vies de saints, ils prendront pour modèles la vie des premiers témoins.

Article publié par Emile Hennart - Maison d'Evangile • Publié • 179 visites