Canonisation de Jean XXIII et Jean-Paul II

A Rome -

JeanPaul II

Jean-Paul II Jean-Paul II  

 

Jean XXIII

 

Jean XXIII Jean XXIII  

 

 

 

 

 

 

 

Le 27 avril l’Eglise canonise deux papes , Jean XXIII et Jean-Paul II

 

 

 

 

 

Jean XXIII (1881-1963)

canonisation canonisation  Le cardinal Roncalli a été élu pape pour succéder à Pie XII en 1958. On l’avait alors défini comme “pape de transition”. Pourtant il provoquait l’Eglise à passer du XVIème siècle au XXème siècle, estimant que l’Eglise catholique avait d’autres messages à adresser aux hommes de ce temps que les condamnations, comme ce fut l’image laissée en fin XIXème et début XXème siècle (Syllabus de Pie IX ; Lamentabili de Pie X, serment antimoderniste). Jean XXIII a été injustement critiqué pour sa bonhommie et pour avoir offert à l’Eglise universelle de se réunir en Concile afin de discerner les signes des temps pour servir la mission de dialogue de l’Eglise dans le monde. On retiendra l’attribution du titre : “Le bon pape Jean”. Peu après son élection, dès 1959, il convoque un concile. Après quatre années de préparation, Vatican II s’ouvre le 11 octobre 1962. Bientôt la maladie se déclare qui emportera Jean XXIII en mai 1963. Son successeur Paul VI décide de poursuivre l’œuvre commencée. Parmi ses écrits qui auront une répercussion mondiale : Mater et Magistra, sur la justice sociale en 1962 et Pacem in Terris en 1963. Il créera un Secrétariat pour l’unité des chrétiens. Avec lui, c’est le début une ère nouvelle pour l’Eglise catholique dans ses relations avec les autres Eglises et avec le monde. Soixante années après son décès, l’image de Jean XXIII s’est quelque peu estompée ; elle a aussi été écornée par les nombreuses critiques émises contre ce concile, contre son esprit, contre l’interprétation qui en est faite. Il faut attendre le pape François pour que l’œuvre de Vatican II soit positivement reçue.

 

Jean-Paul II

Les cardinaux du conclave de 1978 avaient souhaité un pape jeune et à la santé de fer… En effet après Jean XXIII, la brièveté du pontificat de Jean-Paul Ier avait surpris. L’élection se porte sur l’évêque polonais de Cracovie, le 16 octobre 1978, évêque connu pour sa part active aux travaux du Concile. Son soutien actif et anticommuniste à la Pologne en fera une idole. Par son charisme il aura favorisé la transformation des rapports entre l’Europe et les pays de l’Est. On aura vite oublié la manière dont furent traitées les Eglises d’Amérique latine, les communautés ecclésiales de base, les nominations d’évêques qui prirent le contrepied de leurs prédécesseurs. L’oreille fut plus attentive au père Maciel qu’au père Ernesto Cardenal… Une première partie de son Pontificat se termine après la publication de Centesimus anno, lettre anniversaire de l’encyclique de Léon XIII Rerum novarum. On s’oriente alors vers le nouveau millénaire : Christ hier, Christ aujourd’hui et demain….

 

Son pontificat de Jean-Paul II fut-il d’approfondissement ou de recentrage ? Beaucoup d’indices invitent à penser à une reprise en main et un recentrage après les années 60-70. Ses interpellations en France auront retenu l’attention : “France qu’as-tu fait de ton baptême ?” et surtout “N’ayez pas peur”, parole de Jésus qui invitait Pierre à avancer au large, en eaux profondes. Ses nombreux voyages, ses talents de communicateur et de pape souriant auront donné une image fort attractive de la papauté en fin de XXème siècle.

 

Ce pontificat de vingt-cinq ans a profondément marqué l’Eglise. Les dernières années, marquées par la maladie, ont développé un sentiment de compassion pour un pape qui se refuse à remettre sa démission. Jean Paul II ne laisse pas indifférent : adulé par certains, critiqué par d’autres…, il est un authentique témoin, un héraut de la foi dans un monde qui s’éloigne de Dieu et de l’Eglise. Après lui, le pape Benoit XVI devra s’expliquer sur les silences et les omissions de son prédécesseur dans la charge de conduire l’Eglise.

 

Jean XXIII, et Jean-Paul II, chacun à sa manière auront invité les chrétiens à reprendre le flambeau de la mission :“Allez, de toutes les nations faites des disciples” et surtout : “N’ayez pas peur”.

 

E.H.

 

Homélie du pape François

lcanonisation 7 canonisation 7  ors de la canonisation des papes Jean XXIII (1881-1963) et Jean-Paul II (1920-2005), le 27 avril 2014, 2ème dimanche de Pâques.

 

Au centre de ce dimanche qui conclut l’Octave de Pâques, et que saint Jean Paul II a voulu dédier à la Divine Miséricorde, il y a les plaies glorieuses de Jésus ressuscité.

 

Il les montre dès la première fois qu’il apparaît aux Apôtres, le soir même du jour qui suit le sabbat, le jour de la résurrection. Mais ce soir là, nous l’avons entendu, Thomas n’est pas là ; et quand les autres lui disent qu’ils ont vu le Seigneur, il répond que s’il ne voyait pas et ne touchait pas les blessures, il ne croirait pas. Huit jours après, Jésus apparut de nouveau au Cénacle, parmi les disciples, Thomas aussi était là ; il s’adresse à lui et l’invite à toucher ses plaies. Et alors cet homme sincère, cet homme habitué à vérifier en personne, s’agenouille devant Jésus et lui dit « Mon Seigneur et mon Dieu » (Jn 20,28).

 

Les plaies de Jésus sont un scandale pour la foi, mais elles sont aussi la vérification de la foi. C’est pourquoi dans le corps du Christ ressuscité les plaies ne disparaissent pas, elles demeurent, parce qu’elles sont le signe permanent de l’amour de Dieu pour nous, et elles sont indispensables pour croire en Dieu. Non pour croire que Dieu existe, mais pour croire que Dieu est amour, miséricorde, fidélité. Saint Pierre, reprenant Isaïe, écrit aux chrétiens : « Par ses plaies vous avez été guéris » (1P 2,24 ; Cf. Is 53,5).

 

Saint Jean XXIII et saint Jean Paul II ont eu le courage de regarder les plaies de Jésus, de toucher ses mains blessées et son côté transpercé. Ils n’ont pas eu honte de la chair du Christ, ils ne se sont pas scandalisés de lui, de sa croix ; ils n’ont pas eu honte de la chair du frère (Cf. Is 58,7), parce qu’en toute personne souffrante ils voyaient Jésus. Ils ont été deux hommes courageux, remplis de la liberté et du courage (parresia) du Saint Esprit, et ils ont rendu témoignage à l’Église et au monde de la bonté de Dieu, de sa miséricorde.

 

Il ont été des prêtres, des évêques, des papes du XXème siècle. Ils en ont connu les tragédies, mais n’en ont pas été écrasés. En eux, Dieu était plus fort ; plus forte était la foi en Jésus Christ rédempteur de l’homme et Seigneur de l’histoire ; plus forte était en eux la miséricorde de Dieu manifestée par les cinq plaies ; plus forte était la proximité maternelle de Marie.

 

En ces deux hommes, contemplatifs des plaies du Christ et témoins de sa miséricorde, demeurait une « vivante espérance », avec une « joie indicible et glorieuse » (1P 1,3.8). L’espérance et la joie que le Christ ressuscité donne à ses disciples, et dont rien ni personne ne peut les priver. L’espérance et la joie pascales, passées à travers le creuset du dépouillement, du fait de se vider de tout, de la proximité avec les pécheurs jusqu’à l’extrême, jusqu’à l’écœurement pour l’amertume de ce calice. Ce sont l’espérance et la joie que les deux saints Papes ont reçues en don du Seigneur ressuscité, qui à leur tour les ont données au peuple de Dieu, recevant en retour une éternelle reconnaissance.

 

Cette espérance et cette joie se respiraient dans la première communauté des croyants, à Jérusalem, dont parlent les Actes des Apôtres (Cf. 2, 42-47), que nous avons entendus en seconde lecture. C’est une communauté dans laquelle se vit l’essentiel de l’Évangile, c'est-à-dire l’amour, la miséricorde, dans la simplicité et la fraternité.

 

C’est l’image de l’Église que le Concile Vatican II a eu devant lui. Jean XXIII et Jean Paul II ont collaboré avec le Saint Esprit pour restaurer et actualiser l’Église selon sa physionomie d’origine, la physionomie que lui ont donnée les saints au cours des siècles. N’oublions pas que ce sont, justement, les saints qui vont de l’avant et font grandir l’Église. Dans la convocation du Concile, saint Jean XXIII a montré une délicate docilité à l’Esprit Saint, il s’est laissé conduire et a été pour l’Église un pasteur, un guide-guidé, guidé par l’Esprit. Cela a été le grand service qu’il a rendu à l’Église. C’est pourquoi j’aime penser à lui comme le Pape de la docilité à l’Esprit Saint.

 

Dans ce service du Peuple de Dieu, saint Jean Paul II a été le Pape de la famille. Lui-même a dit un jour qu’il aurait voulu qu’on se souvienne de lui comme du Pape de la famille. Cela me plaît de le souligner alors que nous vivons un chemin synodal sur la famille et avec les familles, un chemin que, du Ciel, certainement, il accompagne et soutient.

 

Que ces deux nouveaux saints Pasteurs du Peuple de Dieu intercèdent pour l’Église, afin que, durant ces deux années de chemin synodal, elle soit docile au Saint Esprit dans son service pastoral de la famille. Qu’ils nous apprennent à ne pas nous scandaliser des plaies du Christ, et à entrer dans le mystère de la miséricorde divine qui toujours espère, toujours pardonne, parce qu’elle aime toujours.

 

 

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Article publié par Emile Hennart - Maison d'Evangile • Publié • 2208 visites