Actes des apôtres chapitre 6

Institution des Sept

Institution des Sept

Actes-6-0074 Actes-6-0074  Avec ce ch.6, on est toujours au sein de la communauté à Jérusalem. Il semble qu’il y ait des tensions au sujet de l’aide apportée aux veuves d’origine étrangère (helléniste, c’est-à-dire grecque). Elles sont quelque peu oubliées dans le service quotidien. Cette histoire, qui survient après celle d’Ananie et Saphire, invite à considérer la vie quotidienne des communautés comme moins idyllique que racontées dans les “sommaires” ou résumés de vie des premières communautés. Aujourd’hui encore, la solidarité doit être plus délicate à vivre envers les étrangers qu’entre nous.

Les Douze convoquent une assemblée plénière pour décider comment mieux organiser le service des tables (d’où le nom de diaconie ou service). Les sept personnes désignées ont toutes un nom à consonnance étrangère : ce ne sont pas des Juifs, mais des Grecs (ou hellénistes). A côté des Douze, il y a désormais le groupe des Sept. Plus tard on parlera de diacres ; ainsi Paul dans 1 Timothée 3 signale leur responsabilité “pour garder les mystères de la foi”. La courte biographie d’Etienne et de Philippe qui va suivre les présente comme proclamant la Bonne Nouvelle à Jérusalem, en Samarie et vers le Sud.

C’est sans doute à ce groupe des 7 que fait référence Marc dans la seconde multiplication des pains. L’organisation des diacres tombera en désuétude quand il y aura pléthore de prêtres. Le concile Vatican II restaurera cette institution. Aujourd’hui, on aurait tendance à leur demander un service liturgique plutôt que caritatif. Le premier diacre du diocèse d’Arras, en 1970 était Jean Patte, responsable du Secours catholique.

 

Activité et arrestation d’Etienne

Etienne se trouve pris à parti avec les Juifs d’une synagogue de la diaspora. La diversité de leurs origines manifeste l’existence à Jérusalem d’un judaïsme cosmopolite (des affranchis, des gens de Cyrène, d’Alexandrie, d’Asie, de Cilicie -ou région de Tarse et de Philippes-). L’acte d’accusation porté contre Etienne ressemble au procès de Jésus : des gens, des faux témoins, l’auraient entendu dire, à propos du Temple que… Il est aussi question de savoir maitriser ou non un débat. Cela s’est aussi produit entre Jésus et certains de ses opposants. Jésus et, plus tard, les chrétiens seront confrontés aux différents courants de pensée qui parcourent le judaïsme ; ainsi Apollos sera repéré par Priscille et Aquilas pour ses aptitudes à expliquer les Ecritures (Ac 18, 24-26).

Un dernier détail devrait attirer notre attention : “ils virent son visage comme le visage d’un ange”. Le visage illuminé peut faire penser à la Transfiguration ; il peut aussi faire penser à Moïse, dont on ne pouvait voir le visage, tant il reflétait la présence de Dieu. (Une partie du discours d’Etienne portera sur Moïse). L’acte d’accusation contre Etienne est d’avoir parlé contre le Temple, tout comme ce fut le cas pour Jésus devant Caïphe. Dans la rédaction des Actes, il y a une volonté de Luc de présenter les disciples à l’image de Jésus le Seigneur. On retrouvera ce trait caractéristique pour évoquer la mort d’Etienne à la fin du chapitre suivant. C’est sur ce modèle que seront construites de nombreuses vies de saints.

Article publié par Emile Hennart - Maison d'Evangile • Publié • 185 visites