Prérentrée des catéchistes à La Malassise à Longuenesse

Intervention du père Christophe Raimbault

Journée pré rentrée catéchèse 2017 Journée pré rentrée catéchèse 2017  

 

Le père Christophe Raimbault est prêtre du diocèse de Tours. Il est enseignant à l’Institut catholique de Paris. Il est co-auteur de plusieurs Bible pour enfants.

 

Le titre de son intervention à La Malassise était : Quand la Bible ne nous parle pas, comment s’y prendre ? 

La Bible est un livre dans lequel il faut sans cesse se plonger. Il faut travailler la Bible pour se laisser travailler par elle.

 

Christophe Raimbault ne cache pas que la la Bible est quelquefois difficile à lire, surtout l’Ancien Testament. C’est la raison pour laquelle il n’était pas lu à la messe avant Vatican II. De l’Ancien Testament, seuls les Psaumes trouvaient leur place dans la liturgie. Il était même déconseillé d’avoir une Bible complète à la maison. On avait sans doute peur que les textes ne soient pas compris ou que les lecteurs soient effrayés par les passages terribles. Marcion de Sinope (85-160) prétendait que le Dieu de l’Ancien Testament et celui du Nouveau n’étaient pas les mêmes. L’un était un Dieu de colère, l’autre un Dieu d’amour. Quand on évoque cette tendance théologique, on parle d’hérésie du marcionisme.

Vatican II précise que l’Ancien et le Nouveau Testament sont indissociables. D’ailleurs, il serait possible de parler de Premier et de Second Testament pour ne pas laisser entendre que le Nouveau remplace l’Ancien. Le Nouveau testament est caché dans l’Ancien et l’Ancien Testament est caché dans le Nouveau. Le projet de Dieu est présent du début à la fin de la Bible. Les textes de l’Ancien et ceux du Nouveau Testament se renvoient sans cesse les uns vers les autres. Dans le sermon sur la montagne, l’Ancien Testament est abondamment cité. Le jardin d’Eden de la Génèse, avec l’arbre de vie qui est souvent confondu avec l’arbre de la connaissance, renvoie à la Jérusalem céleste de l’Apocalypse. C’est la même manifestation des richesses du jardin. Dans les deux cas, il y a l’arbre de vie. Mais saint Jean précise que dans la Jérusalem céleste, il n’y a rien qui soit frappé par la malédiction de Dieu. Le projet de Dieu est accompli.

Certains textes sont gênants. On aimerait les éviter. Par exemple, les dix plaies de l’Égypte sont d’une cruauté outrageante. En réalité, il faut y voir la manifestation d’un Dieu qui va jusqu’au bout de ce qu’il promet, un Dieu en qui on peut avoir confiance. C’est le contraire d’un Dieu violent.

La loi du Talion, œil pour œil, dent pour dent, est mal comprise. Il s’agit de proportionner la vengeance et non pas d’accentuer la violence. Cela renvoie au « tendre l’autre joie » de Jésus. Prérentrée catéchèse 2017 - père Raimbault Prérentrée catéchèse 2017 - père Raimbault  

La multiplication des pains est racontée six fois dans les quatre évangiles. C’est dire qu’aux yeux des évangélistes, ce n’est pas une simple anecdote. La leçon de ce miracle n’est pas le partage d’un casse croûte, mais que le pain, c’est Jésus. Il y a déjà une multiplication des pains dans l’Ancien Testament, dans le deuxième Livre des rois avec Élisée.

Le passage de la mer morte et le baptême du Christ sont clairement liés. Le rocher qui donne de l’eau sous le bâton de Moïse est assimilé au Christ lui-même. 

Mettre en relation le Nouveau Testament et l’Ancien Testament permet de trouver des explications essentielles du message de Jésus. Si on explique que Carême signifie privation pendant 40 jours, on expose une catéchèse bêtifiante. Il faut expliquer qu’il y a un lien symbolique avec les 40 ans dans le désert et que désert, en hébreux, signifie Lieu de la Parole. Il faut y voir une notion d’arrivée à la vie tout comme une grossesse qui dure environ 40 semaines.

 

"Vous, les catéchistes, vous êtes les Jean-Baptiste d’aujourd’hui"

 

La Bible est souvent considérée comme un réservoir d’histoires, de révélations, de recettes toutes faites ou d’enseignement moral. Le christianisme n’est pas la religion du Livre, mais celle de la Parole. Au début des lectures, ils est dit « Lecture de l’Évangile de… ». Et seulement à la fin de la lecture, il est proclamé « Parole du Seigneur ». Saint Jérome disait : « l’Évangile est le corps du Christ. » Tous les textes de la Bible sont nécessaires. On parle d’inhérence de l’Écriture. Benoît XVI reconnait qu’il y a des pages obscures, comme Caïn et Abel. Il ne faut pas en avoir peur. Si on va jusqu’au bout du texte qui dérange, on finit toujours par trouver le projet de Dieu. L’épisode de l’arche de Noé est une promesse d’alliance. C’est Dieu qui met fin au déluge. Il était même dans le bateau qui avait copié les dimensions d’un temple. 

Il y des blancs dans certains textes. Il ne faut pas essayer de les combler. Les explications peuvent nuire au message réel. Par exemple, au pied de la croix, saint Jean dit qu’il y avait sa mère et le disciple qu’il aimait. Celui-ci n’est pas cité et le lecteur y repère la modestie de l’auteur du texte. Et pourtant, en ne le nommant pas, le disciple peut être chacun de nous.

 

Christophe Raimbault a adressé un message personnel aux catéchistes. « De même que saint Jean-Baptiste a annoncé la venue de Jésus, vous, les catéchistes, vous êtes les Jean-Baptiste d’aujourd’hui. Vous annoncez Jésus, et le Christ fera le reste du travail ». 

 

 

Article publié par Association diocésaine d'Arras • Publié • 563 visites