Témoignage d'Annie Monpays

101010 Des rencontres en famille, un accompa-gnement par le net

Premiers pas dans la vie, premiers pas vers Dieu.  Petite enfance Petite enfance    

10.10.10. Présentation d'une expérience de partage de vie et de foi avec les parents de jeunes enfants

 

-Qui suis-je ? quelle est ma mission ?


Annie Monpays, mariée, 4 enfants, retraitée de l’Education Nationale; Animatrice en Pastorale dans le diocèse de Lille, sur le secteur d’Armentières.

Tout a commencé il y a 4 ans… il n’y avait rien pour la petite enfance dans le secteur et ma mission était de : rejoindre les familles en répondant au mieux aux attentes des jeunes parents, proposer des rencontres (les temps forts), accompagner ce qui se vit dans le quotidien à la maison, dans la famille… (le Blog)

 

- Au commencement de l'initiative…
 

Petite enfance Petite enfance  Je connaissais des jeunes familles qui regrettaient le manque de propositions entre le baptême et le « KT ». D’autres m’avaient fait part de leur difficulté à aborder le sujet de la foi avec les petits, de répondre à leurs questions, de prier avec eux, d’autres encore souhaitaient pouvoir partager leurs questions avec d’autres familles… Il y avait des jeunes familles à la messe que j’avais repérées…

 

Dans un premier temps, j’ai rencontré chaque parent personnellement pour expliquer le projet de mettre en place des propositions d’éveil à la foi dans le secteur . J’ai bien précisé qu’il n’y avait rien de défini, qu’il s’agissait de chercher ensemble, et que le fait de participer à une première rencontre n’engageait nullement pour la suite !

 

A cette toute première rencontre, j’ai donc commencé par leur demander ce qu’était pour eux l’éveil à la foi d’un tout-petit, comment selon eux ça pouvait se vivre…

A l’aide d’un brainstorming sur ce qu’on mettait derrière l’expression « éveil à la foi », on a pu cibler les attentes des uns et des autres et c’est suite à cela que différents types de proposition ont vu le jour avec des équipes différentes…


Les propositions ayant vu le jour en réponse aux attentes des parents, c’est tout naturellement que ces derniers ont accepté de faire partie de l’animation…

C’est dans ce cadre que sont nés les « temps forts » pour les familles ayant de jeunes enfants…. j’ai constitué une équipe de parents qui souhaitaient vivre des temps forts avec leurs enfants et nous avons inventé ensemble ! La proposition a évolué au fil du temps.

 

L’horaire a été adapté afin de mieux respecter la sieste des petits. On a mis le goûter au début afin de laisser le temps à chacun d’arriver…
Le contenu s’est affiné pour toujours mieux tenir compte du jeune âge du public. Mais l’ossature des rencontres est toujours la même depuis 4 ans.

 

-Nécessité de « Mettre en place » une collaboration durable avec les parents,

 

Petite enfance Petite enfance   Un véritable partenariat ! Trouver ma juste place dans une manière d’être et de faire…

Avec les parents qui constituent l’équipe des temps forts, on a pris du temps pour se connaître, j’ai privilégié l’aspect convivial pour que chacun ait plaisir à participer aux rencontres.
Très vite, le groupe s’est constitué et il est devenu un lieu de partage pour les « animateurs » eux-mêmes, un lieu de ressourcement pour leur propre foi.


Pour le temps du Carême par exemple, on avait décidé de bâtir une proposition ; on a commencé par se dire « mais qu’est ce que ça représente le carême pour moi ? Comment je le vis moi personnellement ? Est-ce que ça a du sens pour moi ? pourquoi j’ai envie d’en parler à mes enfants et qu’est ce que j’aimerai leur dire ? »


On n’y vient donc pas pour prendre note de ce qu’on devra faire lors du temps fort, mais bien pour réfléchir et bâtir, avec d’autres, une proposition qui va répondre à ce qu’on a envie de transmettre à nos enfants, ce qui est très différent !

Dans la manière de faire, je n’impose jamais rien, je laisse toujours les idées venir et après on voit ensemble ce qui a du sens et ce qui est réalisable. J’ai toujours dans ma « valise » des documents ou des propositions de déroulement cherchées auparavant, parfois elles ne servent pas, parfois on s’en inspire et on modifie…


A moi ensuite de bâtir quelque chose en tenant compte de tout ce qui a déjà été partagé, même si ça prend bien plus de temps que de reprendre un déroulement existant !
C’est dans la mesure où les animateurs ont pris part aux décisions qu’on peut leur demander d’être acteurs par la suite.

 

Pour ce qui est de l’animation proprement dite, j’essaie de les mettre le plus possible dans le coup mais sans jamais forcer : tout le monde n’a pas envie de parler en public !
Je respecte aussi une certaine souplesse : on peut avoir un empêchement, un enfant malade, et ne pas être présent… ça se comprend et je prends des nouvelles plutôt que de faire remarquer l’absence ! Il faut que les personnes qui s’engagent soient heureuses de le faire et y trouvent une certaine joie, sinon ça ne peut pas durer.
En même temps, il faut savoir laisser sa place quand on sent qu’elles sont prêtes à la prendre ! Tout en étant toujours 100% présent pour redynamiser les troupes, palier à une absence de dernière minute, prendre en charge le côté matériel que les autres n’ont pas le temps de faire…

 

Au fil du temps, il a fallu mettre plus de parents dans le coup et les inciter à prendre de plus en plus de place dans l’animation… Et trouver un prêtre pour nous accompagner. Il a fallu aussi trouver des relais pour communiquer les informations : dans les paroisses, les écoles catholiques.
Il faut aussi toujours veiller à renouveler l’équipe car les enfants grandissent et les parents s’investissent ailleurs !

 

-Comment on procède concrètement pour préparer un temps fort ?

 

Comment se passe le temps fort ?
Pour choisir le thème du temps fort, en dehors des grandes fêtes comme Pâques et Noël, on part toujours de ce que vivent les enfants, pour leur permettre de faire l’expérience de Dieu dans leur vie. Il faut que ce qu’on a envie de leur partager de notre expérience de foi puisse vraiment les rejoindre. Le petit enfant n’est pas là pour "apprendre" quelque chose, c’est l’âge des expérimentations et non celui des explications. Il faut veiller à ne pas être trop dans le discours, « l’intellectuel » ! Ce que l’on vit, c’est de l’ordre de l’imprégnation, de ce qui se vit par les sens.


Pour la rentrée 2009 , lorsqu’on a préparé, on a commencé par se dire : « qu’est ce qui préoccupe nos enfants en ce temps de rentrée ? » Et on s’est arrêté sur la crainte de toutes les situations nouvelles… ce qui a donné « Pourquoi parfois on a un peu peur ? »
On s’est alors demandé « et dans nos vies, quand on a peur, comment la Bonne Nouvelle de Jésus Christ peut venir éclairer cette situation, qu’est ce qu’elle a à nous dire ? En quoi le fait d’être chrétien peut nous aider à vivre cette situation de peur , d’inquiétude ? » et on est arrivé à choisir le texte de la Tempête apaisé qu’on a lu et commenté, « partagé » ensemble…
Et c’est seulement après avoir partagé ensemble qu’on a cherché comment faire concrètement…

Pour ce qui est du contenu, après un goûter partagé où on a prend soin de parler avec chacune des familles pour que chacun se sente « attendu », on entre dans le sujet par une petite mise en scène (conte, théâtre de marionnettes, seynette…).

 

On a raconté l’histoire « il y a un monstre dans mon placard » à l’aide d’un livre géant. Ensuite 2 papas nous ont fait un court sketch reprenant des situations de peur courantes mais différentes les unes des autres (peur d’enfants, d’adultes,…) qui nous semblaient « parlantes »..

Puis on essaie de donner la parole à chacun: les enfants s’expriment par un bricolage ou un jeu, les parents se retrouvent presque toujours pour échanger entre eux.

 

Pour ce temps fort on s’est inspiré du Pomme d’Api Soleil : Pourquoi on a peur parfois ? dans lequel on a trouvé plein d’idées pour fabriquer un jeu : le jeu du baromètre des peurs ……. Le but était de dialoguer et de réfléchir avec les enfants sur la manière de surmonter ces peurs en évoquant le « grâce à qui ? »… car ensuite ils ont fabriqué leur « livret de la confiance » en dessinant sur les pages les personnes qui les aide à dépasser leurs peurs.


Pendant ce temps, les parents se sont retrouvés entre eux pour partager autour de la peur. On a pu aller jusqu’à se dire : C’est souvent la confiance en un ami, en des parents… qui aide à surmonter la peur. Et bien le mot confiance et le mot foi ont la même racine. La foi s’appuie elle aussi sur la confiance en la solidité de Dieu. Etre chrétien, avoir la foi, c’est s’appuyer sur la confiance en Dieu pour faire route avec Lui toute sa vie!

Vient ensuite le temps de célébration : on ose une parole de foi, on ouvre le livre de la Parole qui vient éclairer notre vie . C’est aussi un temps d’intériorité ou les parents prennent un temps de prière devant leur enfant et avec lui.

 

On a écouté une version adapté aux petits du texte de « la tempête apaisée », pris dans le PAS et mis en image sur un grand livre. Un très bref commentaire a repris ce que la Bonne Nouvelle de Jésus Christ venait nous dire en lien avec nos découvertes :
Quand on a peur, on ne se sent pas bien, c’est comme si il y avait une tempête à l’intérieur de nous… Dieu peut venir calmer cette tempête là… Il ne va pas arrêter l’orage ou faire en sorte qu’on sache nager sans bouée tout de suite, mais si on lui fait confiance on peut se sentir en paix.


Après un petit temps de prière à l’aide du psaume 45 de Pomme d'Api Soleil, "Le Seigneur est mon rocher…", les enfants ont reçu une image de Jésus avec la phrase Jésus, tu me fais confiance,je te fais confiance! Alors tu peux venir calmer la tempête qui est en moi... à coller à la dernière page de leur livre de la confiance s’ils le désiraient…

Et bien sûr il y a toujours des chants joyeux tout au long de la rencontre !

 

-Les fruits que l’on repère  

  • pour les familles
    Les familles qui participent sont heureuses de trouver un lieu d’Eglise où elles se sentent bien alors que parfois elles ne sentent pas intégrées dans leur paroisse, ne fréquentent pas les assemblées dominicales, n’ont pas le sentiment de faire partie de l’Eglise !!!
    Les enfants sont très enthousiastes, ce sont souvent eux qui « boostent » les parents pour venir ! Et les parents se mobilisent quand ils voient que ça rend leurs enfants heureux !
    Ces rencontres permettent aussi aux parents de réfléchir à leur propre foi : suite au temps fort sur les peurs, une maman m’a fait part ensuite de son questionnement : elle avait pris conscience qu’elle ne comptait pas beaucoup sur Dieu dans sa vie, qu’elle ne prenait pas vraiment appui sur lui dans la confiance alors qu’elle aurait facilement dit à ses enfants de le faire… Ce qui la remettait devant sa propre façon de vivre sa foi et d’en être témoin auprès de ses enfants.
     
  • Pour les animateurs
    Dans le groupe d’animateurs des amitiés sont nées : les familles se rencontrent en dehors de l’éveil à la foi. Plusieurs parents se sont investis depuis dans d’autres lieux d’église : préparation baptême, mariage… ou participent à d’autres groupes de chrétiens pour eux-mêmes.
     
  • Pour moi
    Personnellement les rencontres avec les jeunes parents m’apportent beaucoup : on s’enrichit les uns les autres dans des partages fraternels, il y a une grande confiance entre nous, je me sens vraiment « ainée » dans la foi en route avec eux sur le même chemin… Les tout-petits ont aussi beaucoup à nous apprendre car ils me semble qu’ils sont naturellement « spirituels » !

-Attitude des animateurs envers les familles

Lors de ce temps forts, l’attitude des animateurs est à soigner : ils cheminent avec les autres et ne sont pas « ceux qui savent » face aux autres qui « ne savent pas »
Personnellement, dans les échanges avec les parents, j’essaie toujours de valoriser ce qui se vit à la maison, dans les familles. J’essaie d’être une oreille attentive aussi car éduquer un enfant ça pose beaucoup de questions aux jeunes parents qui sont parfois bien inquiets !

Les parents étant les premiers éducateurs à la foi de leurs enfants, le but est aussi de leur donner les outils, de leur montrer qu’ils sont tout à fait capables d’accompagner leurs enfants. ! Ce qu’ils vivent dans les temps forts, ils peuvent en reparler à la maison grâce à l’objet –mémoire et à la feuille qu’on leur donne avec quelques références bibliques ou réflexions sur le sujet…

C’est aussi dans ce but que j’ai créé, il y a un peu plus d’un an, le BLOG de l’éveil à la foi dans notre secteur…
Contrairement aux rencontres, Le Blog accompagne de loin mais très régulièrement… C’est une autre façon d’être en relation.
Sa création est une initiative personnelle qui me semblait rejoindre les parents . Le but est d’utiliser les moyens modernes de communication pour faire passer l’info, garder un contact régulier entre les rencontres, donner des pistes de réflexion, et mettre en ligne des photos de ce qu’on a vécu ensemble!!!

 

 Contact: Annie Monpays anniemonp@free.fr

Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 3368 visites