Alliance, paix , solidarité

2018: Un carême en année B , placé sous le signe de l'alliance... en résonance avec le "centenaire de la paix" , et l'espoir de 'tisser ensemble une terre solidaire"

                                    Alliance, justice et paix

 

            L'idée d'une alliance proposée aux hommes par un Dieu qui  désire ardemment entrer en relation avec eux  parcourt tout le carême de l'année B. Les premières lectures déclinent cette offre aussi large que généreuse : cosmique avec Noé, personnelle avec Abraham, ouverte à tout un peuple au Mont Sinaï. Propositions assorties de promesses d'avenir autant que de règles, finalement destinées à vivre libre. Offre permanente, renouvelée au-delà des infidélités et des ruptures, jusqu'à l'alliance nouvelle entrevue par Jérémie.

            Et du premier au cinquième dimanche chacun des évangiles dit à sa manière que l'alliance nouvelle se réalise en plénitude avec la vie, la mort et la résurrection du Christ,"médiateur d'une meilleure alliance fondée sur de meilleures promesses" (He, 8,6). Une alliance qui repose sur la grâce et ne doit rien à nos mérites (Ep2,4-5), pourvue de sa propre ordonnance -la parole du Christ- et d'une loi "gravée dans les cœurs" par l'Esprit de Dieu. Une nouvelle donne  qui passe par une croix dressée et un tombeau vide, puisqu'il n'est pas d'alliance sans un signe concret qui l'authentifie et la rappelle -  et que la foi seule interprète comme tel [1]...

 

            Au fil des textes livrés à notre méditation pendant ce carême, Dieu s'adresse donc  à nouveau à son peuple   - à chacun de nous-  pour lui redire qu'il est aimé, pardonné, sauvé par grâce. Pour lui redire aussi qu'en se découvrant tel, chacun  est appelé à honorer les promesses de son baptême, à participer à l'œuvre créatrice, à anticiper dans le présent, au sein des relations humaines , le Royaume promis:

"En se découvrant aimé de Dieu, (chacun) apprend à ne pas se contenter de soi et à rencontrer l'autre dans un tissu de relations toujours plus authentiquement humaines. Des hommes rendus nouveaux grâce à l'amour de Dieu sont en mesure de changer les règles et la qualité des relations ainsi que les structures sociales : ce sont des personnes capables d'apporter la paix là où sont les conflits , de construire et de cultiver des rapports fraternels là où se trouve la haine, de chercher la justice là où domine l'exploitation de l'homme par l'homme"  [2]

 

           Relations, paix, justice ...Voilà qui rejoint à la fois  le propos de "Vivre le Carême -2018" et le projet diocésain du "centenaire pour la paix".

           "Avec nos différences , tissons ensemble une terre solidaire" , décline la relation à  l'autre, proche ou lointain : sortir de chez soi et aller à sa rencontre, se laisser toucher par ce qui nous différencie au sein d'une commune humanité -reconnaître en lui une personne digne d'être respectée et  aimée pour ce qu'elle est- prendre le temps et le risque de la rencontre, donner son temps et un peu de soi, et ainsi enrichis, cheminer vers l'essentiel.

           Le  Centenaire  culminera  juste après la fête de Pâques, dans l'opération  "Faites la paix" du 19 au 22 avril 2018 :  un temps fort qui n'est pas pur exercice de mémoire mais invite à  concevoir et vivre la paix comme une valeur personnelle et collective très actuelle.

         Paix, sécurité et développement sont ainsi interdépendants: la paix est la condition du développement, et le développement est une manière de construire la paix ou de la préserver; pour le dire comme  Saint Jean Paul II, "la paix est le fruit de la justice et de la solidarité". Le CCFD-Terre solidaire soutient depuis longtemps des partenaires qui travaillent à la prévention et à la résolution des conflits .[3] Vivre le Carême en présente quelques-uns, qui travaillent là-bas ou chez nous à tisser des liens pacifiés entre les personnes et les communautés. De cela aussi  nous rendons grâce ...

 

Guy Jovenet, aumônier diocésain

 

 


[1] L'arc-en-ciel pour Noé et les siens, la circoncision pour Abraham et sa descendance , le sabbat pour l'alliance avec Israël.  A sa manière aussi  le serpent d'airain (quatrième dimanche)  qui permettait aux Hébreux de conserver la vie au cours de l'interminable et périlleuse traversée du désert, et qui a pour Saint Jean son équivalent au Golgotha : Jésus cloué et hissé sur le bois de la Croix.

 

[2] "Compendium de la doctrine sociale de l'Eglise",  §4  ; Conseil pontifical Justice et Paix . Ed. Bayard-Cerf-Fleurus-Mame , 2005

 

[3] voir  sur ce site : 

"Prévention et résolution des conflits" dans  la Rubrique : "Thématiques" , notamment l'intervention de Samuel Pommeret  lors de la journée de formation du 14 janvier 2018  : "Construire la paix..."

et le numéro spécial d'OKAPI  2018  : " En Centrafrique avec les artisans de la paix" - présenté dans la rubrique: "Actualités".

Article publié par Guy Jovenet - CCFD Terre Solidaire • Publié • 247 visites

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