L'Eglise face au système économique et financier mondial : un texte de référence

L’Eglise face au système économique et financier:

"Oeconomicae et pecuniariae quaestiones"...

 

Les "Considérations pour un discernement éthique sur certains aspects du système économique et financier actuel", rendues publiques le 17 mai 2018, sont le fruit de la réflexion conjuguée de la Congrégation pour la doctrine de la foi et  du  Dicastère pour le développement humain intégral.

Cette coopération s'imposait afin de " fonder un discours moral qui ne soit pas moralisateur mais réellement fondé sur la foi"; les questions abordées  touchent en effet  "au référentiel de l'éthique: ce à quoi nous croyons, en quoi nous croyons"[1].

 

Ce texte s'adresse avant tout aux acteurs économiques et financiers, mais il concerne et vise  aussi les responsables politiques, les  citoyens, et tous les croyants.  Il se présente comme une "contribution au dialogue ", même s’il jette  un regard critique  sur le système économique et financier  mondial actuel et en  dénonce clairement les excès.

           

Pour être vertueuses et servir le bien commun, l'économie et la finance ont besoin  d'une orientation fondamentale qu'elles ne peuvent se donner elles –mêmes : c’est pourquoi une   réflexion éthique est souhaitable. Elle paraît d’autant plus nécessaire que le système économique dominant tend à faire  «prévaloir un égoïsme aveugle ». Le texte déplore en effet  que le profit pur et la spéculation puisse prendre  le pas sur la notion de bien commun et le souci du  « développement  de tout l’homme et de tous les hommes »  qui devraient être au centre des échanges économiques et financiers.

 

La finance est au cœur du propos. Elle n'est pas condamnée en bloc - l'argent est un outil " mis à disposition de la liberté humaine", les moyens utilisés par les marchés ne sont pas a priori détestables, et l'activité  de crédit  est présentée comme "une fonction sociale irremplaçable". Mais les dérives  et les abus la dotent d' "une puissance de nuisance sans égal". Sont ainsi explicitement  visés : l'opacité et l'instabilité de certains produits financiers, l'immoralité de certaines pratiques, la spéculation sans frein, le détournement  fiscal,  la corruption et le blanchiment.

 

La troisième partie du texte propose des pistes de réflexion et d'action  pour une finance régulée et vertueuse : une gestion financière assainie, une lutte plus résolue contre les fraudes fiscales, la réintroduction de l’éthique au sein des entreprises et dans la formation des acteurs économiques … La conclusion invite chacun d’entre nous à ne pas se résigner et à faire ce qui dépend de lui.

 

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Un résumé du texte est disponible  sur ce site :

rubrique "Thématiques"/ sous-rubrique :développement/mondialisation/financiarisation

 

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Le texte intégral est  disponible sur le site du Vatican, ou celui du journal "La Croix" (www.la-croix.com) ; il peut aussi être consulté sur le site : infocatho.fr

De larges extraits ont été publiés dans "La Croix" du vendredi 18 mai 2018 ("Document"  pages 13 à 16, sur-titré: "l'Eglise, sentinelle d'une économie saine"). L'édition du jour consacrait aussi à ce thème: sa Une  («  L'Eglise s'attaque aux excès de la finance ») et trois autres pages  ("Le Vatican veut une finance régulée").

Le site des Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens (www.lesedc.org) propose une brève présentation de ce "texte majeur"   par Pierre de Lauzun, président de la Commission éthique financière des EDC.

 

NOTE:

[1] Citations extraites de l'interview du père Bruno-Marie Duffé, sous-secrétaire du dicastère pour le développement humain intégral, dans  "La Croix" du 18 mai 2018, page 4. Le père Duffé a  été   l'aumônier national du CCFD-Terre Solidaire  de  2015 à 2017.

 

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