La solidarité était en fête

CCFD: Eglise d'Arras rend compte du 50ème

Table-ronde CCFD-50ème Liévin  
Table-ronde
Table-ronde
Le CCDF-Terre solidaire des diocèses de Lille, Arras et Cambrai n’a pas fait du cinquantenaire une fête ordinaire. Les militants de la solidarité étaient bien sib' heureux de se retrouver et de parler du bon vieux temps. Ils en on profité pour développer toutes les facettes du Comité catholique contre la faim et pour le développement. Un cinquantenaire qui a affirmé que la solidarité n'est pas un vain mot dans l'Église.

 

Si les organisateurs de la journée ont a exprimer un regret, c'est au sujet du nombre de participants : ils ne sauront jamais combien ils étaient. La veille, le nombre d'inscriptions frôlait les mille Quand ils ont vu que des groupes bien fournis arrivaient de toutes les entrés, ils ont compris qu’il fallait doubler, voire tripler les prévisions initiales. Le soir, un gâteau géant étaient prévu pour 400 personnes. II a fallu diviser les parts en deux... C'est un anniversaire qui marquera les mémoires.

 

Les: richesses de la solidarité


Pour commencer la journée, le CCFD-Terre solidaire a ouvert le grand livre des souvenirs. Plusieurs vétérans de la première heure étaient là. De nombreux bénévoles ont relate leurs participations aux événements marquants qui ont jalonné les cinquante premières années du CCFD: la création des courses solidaires qui sont devenues « Terre d'avenir » puis « Bouge ta planète », la participation aux différents forums sociaux mondiaux ou les actions menées auprès des autorités politiques. Marité Colpart, qui parlait au nom de l'apostolat des laïcs de Lille, Arras et Cambrai, a situé la position du CCFD dans l'Église : « Le CCFD-Terre solidaire fait partie de l'Église. Sans lui, il manquerait un bras à l'Église. Le CCFD-Terre solidaire fait partie de ceux qui, dans cette Église, rappellent sa vocation première qui est de servir.


Cet appel renvoie les mouvements, les services d'Église, les partenaires associatifs et chaque baptisé à croire et à travailler à la transformation de nos sociétés. Rien ne changera là-bas si rien ne change ici... Pour cela, il faut changer de regard et peut-être opter pour le regard de Jésus qui a choisi d'être partenaire des hommes pour qu'ils aient la vie et qu'ils l'aient en abondance.


Les partenaires qui ont rencontré les amis du CCFD-Terre solidaire la semaine précédente de Dunkerque à Langres, sont intervenus brièvement pour présenter leur action. Ils étaient six : Dadisai pour l'Afrique du Sud, Maria pour la Corée du Sud, Adem et Avdulla pour le Kosovo, George pour la Palestine et Yovana pour le Pérou.

 

Reconnaissance de la société civile


Pour ceux qui en doutaient encore, Majdouline Sbaï, vice-présidente du conseil régional, déléguée aux relations internationales, a souligné l'importance du CCFD-Terre solidaire pour les institutions françaises, notamment pour la Région. Dans les années 80, avant la création des conseils régionaux, les élus du Nord - Pas-de-Calais avaient amorcé la solidarité vers les pays du Sud. Ils avaient par exemple mené une grande campagne de vaccination contre la Bilharziose. Aujourd'hui, 1% du budget régional est consacré à la solidarité. Les établissements bancaires qui travaillent avec la Région sont régulièrement questionnés sur leurs relations avec les paradis fiscaux. « Et ça, nous le devons précisément au CCFD qui nous a interpellés », précise Majdouline Sbaï. En évoquant « Bouge ta planète », Majdouline Sbaï a félicité l'idée de sensibiliser les enfants très tôt. «À la Région, nous sommes très attentifs à l'accompagnement des jeunes et en particulier des scouts à travers les projets à l'étranger des compagnons a-t-elle souligné en précisant qu'elle a elle-même été guide. En conclusion, elle a affirmé : « Heureusement qu'il y a le CCFD pour faire et dire que le Nord - Pas-de-Calais est une Région solidaire. »

 

Bouge ta Planète


Le Bouge ta planète de l'après midi était géant. II rassemblait des jeunes venus des trois diocèses. Impossible de visiter tous les stands, tellement ils étaient nombreux! Ils accueillaient des jeux de solidarité comme faire un dessin à dix mains : un crayon était tenu par dix ficelles qu'il fallait manipuler de concert. Des stands permettaient de simuler les budgets ménagers des français, des bulgares ou des camerounais, ou de comparer la condition des femmes dans différents pays. Il y avait bien sûr les épreuves plus sportives: la course- relais, le baby-foot géant, le « Chamboule tout », les skis-quatre-places. Toutes les activités avaient pour référence l'un des droits fondamentaux : le travail, l'éducation, le logement, la santé et l'alimentation.


Pendant que les jeunes participaient à Bouge ta planète, les partenaires animaient des forums-rencontres sur les droits fondamentaux sous des tentes. Au milieu de l'esplanade, des militants pour les Droits de l'Homme ont composé un cercle de silence en soutien aux migrants.

 

Table ronde


 CCFD-50ème à Liévin CCFD-50ème à Liévin   Enfin d'après-midi, les jeunes ont eu droit à un concert à l'extérieur. Pendant ce temps- là, une table ronde qui avait pour thème “Quel développement pour demain : les droits fondamentaux en question. Et nous ?” a rempli le chalet Brand. Mgr Coliche a mis en parallèle la mondialisation et la subsidiarité. Il a expliqué que la mondialisation a un double effet : elle rapproche et elle éloigne les hommes. Par la subsidiarité, il est proposé aux gens des outils pour trouver eux-mêmes la solution vers le développement. C'est exactement ce que le CCFD-Terre solidaire vit avec ses partenaires.


Selon Yovana, le Pérou a voulu développer l'agriculture par la mécanisation. Cela a été un succès pour les grandes exploitations pendant que les petits sombraient dans la précarité. Dans l'état actuel es choses, la croissance économique ne favorise pas tout le monde et peut même venir à l'encontre des droits de l'homme. L'éducation, par exemple, n’est toujours pas accessible aux plus pauvres qui, par conséquent, ne peuvent pas connaitre leurs droits. Ils finissent par revendre leurs terres. En éclatant en sanglot, elle a dit : « Ils n'ont même plus accès A l'eau... II est inconcevable que des hommes travaillent A la destruction d'autres êtres humains. Mais je ne veux pas passer un message triste. II faut nous donner la possibilité de lutter nous-mêmes. ll faut aller de l'avant. » L'expérience de Yovana dans les Andes démontre que les solutions existent

 

Pascal CCFD-50ème à Liévin CCFD-50ème à Liévin  Vincens, directeur de l'éducation au développement, a expliqué que les enseignements de l'histoire avaient parfois du mal a s'imposer : « La notion de droits fondamentaux, issus de la déclaration droits de l'homme, nous est arrivée quand s'agissait de tracer la frontière entre les barbares et les humains. C'était en 1945. Rendez-vous compte : même en ces moments difficiles, des hommes, dans un sursaut humaniste, ont écrit un texte qui est un véritable souffle d'espérance.


Aujourd'hui, sommes-nous si loin des situations de barbarie ? ll y a encore des hommes qui meurent de faim et qui manquent de soins. Jai aussi quelque doute sur la situation en France quand je pense aux Roms en 2010. Nous rencontrons des difficultés incroyables pour obtenir des visas pour nos partenaires. Nous nous donnons le droit de voyager partout, mais nous refusons d'accueillir certains. » Le CCFD-Terre solidaire.est un lieu idéal pour montrer notre indignation et pour affirmer que des solutions efficaces existent. Pascal Vincens a donne l'exemple de l'Ouganda qui a pu developper un système scolaire pour tout le pays grâce à l'effacement de la dette. Pour arriver a ce résultat, il faut lutter contre les nouveaux pouvoirs que sont les organisations financières. Le pouvoir sur notre planète s'est déplacé. Certains petits états ont moins de poids que les pouvoirs financiers. A note niveau, il faut saisir les pouvoirs qui sont à notre portée (conseil général, parlement, - etc.) et travailler pour que ces lieux de décisions aillent vers le bien commun. Le CCFD-Terre solidaire est positionné pour une action  vers le Sud, mais il ne faut pas ignorer les transformations A faire chez nous. Les mécanismes qui laminent les paysans pauvres du Pérou agissent aussi chez nous. « Il faut y être attentifs pour crédibiliser notre action, affirme Pascal Vincens. Les luttes d'ici et de là-bas doivent donner lieu à des échanges.»


Mgr Coliche est allé dans ce sens en déclarant : « Arrêtons de penser que le développement est une notion trop compliquée pour nous. Le citoyen a encore beaucoup de choix non exploités : aller voir ses élus, choisir sa consommation... Il n'y a pas que les élections. L'exercice de la citoyenneté est d'égale importance ici et là-bas.

 

L'aveugle-né
 

CCFD-50ème à Liévin CCFD-50ème à Liévin   La célébration présidée par les quatre évêques de la Province et le père Dieudonné, évêque camerounais, s'appuyait sur l'Évangile du dimanche, l'aveugle né. Le texte a été lu en trois fois, suivies d'une petite homélie.


Mgr Ulrich : « [ ... ] On se demande pourquoi il est aveugle. On cherche des causes chez les parents, ailleurs... Le CCFD ne cherche pas ailleurs la cause du sous développement. Il travaille à la condition de la grande famille humaine, à l'unité à laquelle le Seigneur nous invite...».


Mgr Garnier: « [ ... ] Jésus voit. L'aveugle trouve la vue. Et les pharisiens ne voient rien... L'important est le regard porté sur l'autre. Le CCFD nous aide à passer de l'émotion fugitive à l'émotion patiente, à condition de respecter le partenaire, et d'ouvrir les yeux sur notre façon de consommer. Nous savons que nous n'avons pas assez d'une vie pour faire une terre moins injuste. Seigneur, donne-nous le courage. Et merci pour tous les signes d'espoir que tu nous montres par les partenaires... »
 

Mgr Jaeger: «[. . .] Nous devons laisser le Christ nous aider à ouvrir nos yeux. Archimède a dit: donnez-moi un point d'appui et je soulèverai le monde. Un point d'appui peut aider à soulever la planète. Ce point d'appui, c'est la Parole de Dieu. Mes jeunes amis, prenez appui sur ce Seigneur qui donne la vie”
Jean Capelain

 

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Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 2382 visites

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