Funérailles de l'abbé Léon Hamain

Funérailles de l’abbé  Léon Hamain (Notre-Dame des Ardents, Arras le 2 février 2013)

 

Par Maryvonne de Vitton,

Léon Hamain - Chancelier du Diocèse d'Arras Léon Hamain - Chancelier du Diocèse d'Arras   Avec votre habituelle discrétion, vous êtes parti sur la pointe des pieds, et bien soudainement... Aujourd'hui, nous, les membres des équipes œcuméniques, nous nous sentons un peu orphelins.
Vos amis du clergé anglican de Douvres sont depuis trois jours en session de travail à la Maison Diocésaine d'Accueil, ici à Arras, et ils se réjouissaient ces derniers temps à l'idée de vous y retrouver...
Certains d'entre eux sont d'ailleurs parmi nous ce matin.
Vous avez en effet présidé dans les années 70 à la naissance du partenariat entre notre diocèse d'Arras, et le diocèse anglican de Canterbury.
Vous y avez investi beaucoup de temps, d'énergie, d'intelligence, d'amitié et
d'empathie.
Vous aviez une remarquable connaissance de la théologie de l'Eglise anglicane, et vous étiez aussi bien l'interprète des anglicans auprès des catholiques que l'inverse!
Vous considériez l'œcuménisme comme un terrain de mission pour tout baptisé, et vous avez su appeler à cette mission.
Vous avez instillé en chacun votre confiance et votre Espérance, en dépit des obstacles.
Nous allons faire de notre mieux pour poursuivre ce que vous avez si généreusement initié.
Nous essaierons d'agir dans le concret comme vous nous le rappeliez si souvent!
Nous savons que nous pouvons plus que jamais compter sur votre soutien tout au long du chemin.
Merci Père, et reposez en Paix!
 
Ce texte a été lu aussi en anglais, car plusieurs membres de la commission œcuménique Canterbery-Arras, dont deux prêtres, étaient en session en fin de week-end à la maison diocésaine.
 
 
De Jean-Claude Vieillard
Tous ici nous avons, à des titres divers et plus ou moins longtemps, fait route avec M. l’abbé Léon Hamain. Nous gardons précieusement le souvenir de ce que nous avons vécu avec lui.
Mon propos n’est pas de retracer dans le détail ce que fut son parcours. Il y faudrait trop de temps. Et l’essentiel n’est sans doute pas dans le déroulement historique de sa vie.
L’Enseignement catholique a tenu une place importante dans son existence : en 1950, à 18 ans, il quitte, brillant bachelier, le petit séminaire de Boulogne où il a suivi toutes ses études  secondaires. Après un an de philosophie au grand séminaire d’Arras, il est envoyé au séminaire académique. Il sera en fait étudiant à la Catho de Lille durant 9 ans. En effet, après son ordination presbytérale en 1957, il mènera de front, toujours à Lille, la rédaction de sa thèse en théologie et des études en vue d’une licence d’Anglais. En 1960, il est nommé professeur à l’institution St Vaast à Béthune ; quatre ans plus tard, à 32 ans, il deviendra le supérieur de ce grand établissement. Lorsqu’il quitte Béthune en 1972, c’est pour devenir directeur diocésain de l’Enseignement catholique du second degré. Il le restera jusqu’en 1979.
Entretemps il a été appelé au conseil épiscopal par Mgr Huyghe. Il siègera au conseil épiscopal durant trente ans, auprès de 3 évêques successifs. Trente années où il connaîtra des attributions variées, successives ou simultanées : on lui confie d’abord le suivi des ministères, puis des questions d’administration et de gestion, il sera économe diocésain, chargé de la Pastorale œcuménique, animateur spirituel de la Maison de Wardrecques, accompagnateur des diacres permanents. Nommé chancelier de l’évêché en 2001, c’est dans cette fonction que la mort le prendra.
Les homélies de M. l’Abbé Hamain et les différentes retraites spirituelles et récollections qu’il a pu animer montrent un prêtre à la spiritualité exigeante, soucieux de lire et de faire lire la Bible, source de la vie chrétienne, en tenant compte des apports des meilleurs spécialistes. Il était particulièrement attentif aux tentations fondamentalistes et à leurs dangers.
Il n’avait aucune propension pour le luxe, le paraître ou les honneurs. Sous des dehors modestes se cachaient une intelligence très vive, un esprit cultivé et curieux, peu conformiste. Son allure a pu à certains sembler hautaine ou distante. Mais beaucoup peuvent témoigner qu’il était doté d’une sensibilité aiguë.
Tous ici nous avons, d’une façon ou d’une autre, bénéficié des compétences et des qualités de Monsieur l’Abbé Hamain. Assurément, c’est le Christ qui est au cœur de notre eucharistie. Mais rien ne nous empêche de rendre grâce aujourd’hui pour le cadeau que le Seigneur nous a fait en mettant sur notre route un homme et un prêtre comme celui qui vient de nous quitter.
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