Visite du Cardinal Christoph Schönborn

La sainteté, c'est simple comme saint Benoît

p1450131-jpg-135266-135430_8 p1450131-jpg-135266-135430_8   Saint Benoît-Joseph Labre est mort à Rome en 1783. Deux cents ans plus tard, le 6 février 1983 exactement, la Communauté des petites sœurs et des petits frères de l’Agneau est fondée en France par Monseigneur Jean Chabbert, archevêque-évêque de Perpignan. Est-ce pour cela que les sœurs, les frères et le cardinal Christoph Schönborn sont passés par Amettes avant de fêter leur trentenaire. Ils n'y avaient pas pensé, mais ils y voient un signe.
 
Mgr Christoph Schönborn a été nommé responsable de la communauté de l'Agneau en 1996, deux ans avant d'avoir été créé cardinal par Jean-Paul II. Malgré ses fonctions de cardinal de Vienne en Autriche, il reste très attaché à ses petites sœurs et petits frères. Il leur rend souvent visite. La Communauté de l'Agneau rassemble plus de cent trente petites sœurs et une trentaine de petits frères. Ils sont présents à Marseille, Toulouse, Avignon, Madrid, Valence, Rome, Vienne, etc. Ils ont ouvert des petits monastères à Kansas City, Buenos Aires, Santiago, Grenade, Navalon, Czestochowa, Vienne et Béthune. Les petits frères et les petites sœurs ont adopté un mode de vie en commun et peuvent se réunir pour la prière liturgique. Ils ont cependant une vie domestique séparée.
 
Père Christoph — c'est ainsi que les petites sœurs et les petits frères doivent le nommer — vient de passer quatre jours avec la communauté de Béthune où il a rencontré des frères et des sœurs venus de France, d'Espagne et des États Unis. Dimanche 3 février, il était à Arras. Il a rencontré les jeunes à l'église Saint-Jean-Baptiste. Il a consacré son lundi au partage avec les petites sœurs et les petits frères de l'Agneau. Mardi, ils se sont retrouvés à Amettes. Père Christoph tenait à faire un pélerinage sur les terres de saint Benoît Labre. Il s'est entretenu avec les prêtres. « Il nous faut annoncer l'Évangile, c'est une obligation, a-t-il affirmé. Les dominicains comme moi sont tenus de s'y engager ».
 
Le soir, il a participé aux vêpres chantées. Père Christoph a expliqué qu'il voit en Benoît-Joseph Labre l'exemple parfait de la sainteté. « Ceux qui ressentent la présence vive du Christ, ce sont les gens pratiques. Ils ne flottent pas dans les nuages. Ils sont à l'image du Christ qui, après avoir ressuscité une fillette, a simplement demandé de la faire manger. Cela en dit long sur la notion de sainteté. On touche la sainteté quand on touche une attention toute simple. C'est ce que j'ai constaté chez mère Teresa pendant le Synode de 1985. Entre les séances, elle était assaillie de questions, mais elle allait toujours droit au but. Elle ne perdait jamais son temps et j'ai remarqué qu'elle avait toujours la main sur le chapelet ».
 
Mgr Schönborn a repéré un détail étrange dans l'Évangile du jour. Saint Marc a retenu la formule que Jésus a dite en araméen : « Talitha koum ». Cela montre que les paroles de Jésus ont marqué. La mémoire humaine a ses faiblesses. Deux amis se corrigent mutuellement quand ils évoquent un événement ancien. Quand il s'agit des paroles de Jésus, il y a peu d'écarts. Les témoins ont tellement été marqués par la personne de Jésus, qu'ils nous ont transmis ses paroles avec précision. Il est peut-être naïf de le prétendre, mais cela montre que les évangiles sont une mémoire très fidèle de ce que Jésus a dit.
 
Sans doute à cause du prix du parchemin, seulement quelques témoignages ont été retenus. Des témoignages qui ont été écrits pour que l'Évangile se vive encore aujourd'hui. « Rien de ce qui s'est passé une fois avec Jésus, a insisté Père Christoph, ne se produit pas aujourd'hui. Jésus a ressuscité une fillette. Aujourd'hui, il ressuscite spirituellement ».
 
Avant de quitter Amettes, le cardinal Schönborn a reçu une bonne nouvelle. Les Petits Frères lui ont appris qu'ils venaient d’acquérir un terrain à Béthune. Il y aura bientôt deux petits monastères dans la ville. Les petites sœurs ont profité d'être à Amettes pour demander à saint Benoît d'intercéder pour qu'elles obtiennent un terrain à Rome.
 
Jean Capelain

Article publié par Alicia Lieven - Gestionnaire technique du site internet du Diocèse • Publié • 3676 visites

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