SPP 2016 : "Henry de l'Afrique du Sud au Pas-de-Calais"

article de Hervé Leroy dans "Eglise d'Arras"n°17, 21 octobre 2016 .Compte rendu de la visite dans le diocèse de Henry Fredericks , représentant "Surplus People Project"

Henry, de l'Afrique du Sud au Pas-de-Calais...

Dans le cadre d'une relation sur plusieurs années avec SPP, partenaire du CCFD, le diocèse d'Arras a reçu les 22 et 23 septembre Henry Fredericks. Puis nous avons pu le rencontrer à nouveau le dimanche 25 septembre lors d'un rassemblement interdiocésain à Saint-Quentin.

 

   Henry a 50 ans. Il a été professeur de géographie. Il est l'un des responsables de SPP, association Sud-africaine.

   J'ai été frappé par son attention, sa volonté de tirer un maximum d'enseignements de son séjour. Il était accompagné d'une interprète, Emmanuelle. Quelle gentillesse, quelle disponibilité chez chacun d'eux!

   Nous avons montré à Henry quelques expériences prises chez nous dans le domaine agricole et qui pourront peut-être inspirer des initiatives dans son pays.

 

L'association SPP, Surplus People Project:

    Que l'on ne s'y trompe pas. On parle là de gens qui seraient en surplus, surnuméraires en quelque sorte! On pourrait donc traduire par : "Projet pour des laissés-pour-compte". SPP se bat pour leur obtenir des terres, puis les cultiver.

   Un exemple: le "peuple des forêts". Ce sont des gens expulsés des villes par manque de moyens. Ils se réfugient alors dans les forêts. A leur pauvreté s'ajoute  leur éloignement des terres qu'ils pourraient cultiver.

   Voyant les dégâts subis par des paysans travaillant dans les grandes exploitations, SPP promeut résolument l'agroécologie.

 

Visite au lycée agricole de Coulogne:

   Henry a été très intéressé par l'expérience de permaculture que des enseignants ont largement expliquée. Il y a eu aussi la rencontre avec des élèves de terminale... qui ont été bien surpris quand Henry leur a demandé:"Que pourrais-je dire aux jeunes chez moi pour qu'ils aient le goût de travailler la terre?"

 

Rencontre publique à Lumbres :

   Elle avait pour thème l'accès à la terre et aux ressources avec la présence de représentants de Terres de Liens et du Parc Naturel Régional des Caps et Marais d'Opale .

   Henry :"La terre, ce n'est pas seulemnt de la matière. Elle symbolise aussi l'émancipation et la dignité des personnes"

   Henry a pu également découvrir les subtilités locales de "chapeau" et de "dessous de table"!

 

Chez les producteurs:

   Henry a visité un magasin de producteurs et une exploitation proposant la vente directe. Nous avons été reçus au magasin "Les fermiers de l'Artois" à Gavrelle. Une dizaine d'agriculteurs se sont associés pour proposer un large choix de produits. Ici encore, j'ai été surpris par la pertinence des questions de Henry et la clarté des réponses d'Odile et de sa collègue.

   Puis nous avons rencontré France Daguisy qui pratique la vente directe de fraises et produits du potager à Fresnes-les-Montauban. Petit repos pour notre interprète: Francee s'exprime in English. Petit bilan dressé par France: beaucoup de travail, plutôt mal payé, but I'm happy.

 

Rencontre publique à Arras :

   Le thème était Nouveaux modes de production, nouveaux modes de consommation.Nous avons bénéficié des interventions d'une représentante de La Ruche Qui Dit Oui, et de François Théry , agriculteur bio.  François nous a expliqué sa démarche de respect de la nature et son refus d'un endettement excessif.

  Henry :"Il faut arrêter de se reposer uniquement sur les paysans. Il faut que l'essentiel des citoyens participe à une démarche respectueuse de la terre et qui permet à ceux qui la travaillent de vivre correctement".

 

Journée Interdiocésaine à Saint-Quentin (25 septembre) :

  Henry a retrouvé dans une ambiance de fête Nestor, venu d'une association béninoise également partenaire du CCFD.

   Henry:" J'ai apprécié tous ceux que j'ai rencontrés et notamment les gens du CCFD. Je vois que chez vous aussi il ya des personnes qui se bougent.Il est important de dvelopper des réseaux avec d'autres mouvements, en Afrique et ailleurs".

 

« Henry, peux-tu nous citer une réussite de SPP qui te rends heureux ? »

« Je voudrais parler des paysans qui ont mis en place l’agroécologie. Il y a d’abord eu de nombreuses discussions, beaucoup de questions : comment va-t-on se protéger des nuisibles ? maintenir la fertilité du sol ?... Ces paysans ont un faible taux d’alphabétisation et ont toujours eu  un modèle de production intensive sous les yeux. SPP l’aide d’intervenants au fait de ces questions.

Au niveau local, les paysans ont créé de nombreux petits groupes pour progresser ensemble. Chacun de ces groupes a choisi des responsables pour différents domaines : fabrication du compost, choix des semences, etc. Ces divers responsables se rencontrent une fois tous les trois mois pour échanger leurs découvertes. C’est un modèle qui a fait ses preuves et qu’on continue de développer. Ces groupes sont en mesure maintenant d’établir leur propre cahier des charges et de dire leurs besoins afin que SPP puisse consulter les experts.

« Les groupes produisent de plu en plus, surtout des légumes. Les personnes sont maintenant en mesure de poser des questions au gouvernement, d’émettre des revendications, de lui demander un appui matériel. Actuellement, SPP travaille pour mettre en place le thème de l’agroécologie dans la loi.

« J’ai le sentiment de voir un changement dans le type d’attitude et de vocabulaire »

 

                                photographies jointes :

1. soirée exposé-débat à Lumbres, 22 septembre 2016

2. Henry au magasin des "fermiers de l'Artois" (Gavrelle)

3. Visite et recueillement au mémorial  Sud-africain  de la 1ère Guerre mondiale et au  musée du bois Delville ("Devil Wood" ; Longueval , Somme)

 

 

 

 

Article publié par Guy Jovenet - CCFD Terre Solidaire • Publié • 132 visites

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