le Dimanche 31 juil 2016 à 09h 30


Eglise St Brice - Tilloy

A  la suite de la mort du Père Jacques Hamel –

St Etienne du  Rouvray ? ? Qui d’entre nous connaissait l’existence de cette ville située dans la banlieue de Rouen ? L’abbé Jacques Hamel ? ? Qui d’entre nous connaissait la vie de ce prêtre âgé de 85 ans qui avait donné sa vie  à Jésus Christ et à ses paroissiens…

Il aura fallu le drame de mardi matin pour que tant de choses nous soient révélées au grand jour : car le  bien ne fait pas de bruit… et c’est pourquoi personne d’entre nous n’avait jamais entendu parler de ce prêtre qui faisait tant de bien autour de lui…mais le mal l’a frappé … et cet évènement a envahi les médias : en peu de temps, le drame de son assassinat est passé en boucle dans les radios et les images données par la TV en rajoutaient encore dans l’horreur !

Dans les cœurs des hommes de bonne volonté, ce fut un choc : tuer un prêtre, dans son église, alors qu’il célébrait la messe, cela n’était jamais arrivé dans notre pays ! Et faire cela au nom de Dieu ! Quel Dieu ?  Stupeur, désarroi, et chez certains désir de vengeance et de représailles …

Les appels à la prière et à la sagesse lancés par les responsables religieux ont été entendus : les évènements dramatiques de Nice ou de St Etienne du Rouvray ne sont pas les prémices d’une guerre de  religion – certes il nous faut réagir, mais comment ?

D’abord, il nous faut prier - pour les victimes et pour leurs proches ici et ailleurs : ces évènements vécus chez nous, nous rappellent que la guerre est le quotidien de la vie au Moyen Orient et dans  bien d’autres pays… En raison de l’Euro de football, du tour de France et des départs en vacances, nous aurions tendance à l’oublier - et chaque jour des migrants meurent aux portes de l’Europe alors qu’ils se sont sauvés de chez eux pour tenter de sauver leur vie !!

Nous devons prier, mais aussi nous avons le devoir de nous tenir mieux informés : au-delà de l’émotion momentanée, nous pouvons essayer de comprendre : pourquoi nous en sommes arrivés là ? Le poids des idéologies, l’influence des médias et des réseaux sociaux déstabilisent les plus faibles surtout au plan psychologique… Il nous faut aussi encourager les penseurs les plus éclairés et les croyants modérés des autres religions pour qu’ils vivent la même réflexion que les catholiques ont pu vivre il y a 60 ans avec le concile Vatican II. Nous devons nous réjouir pour notre église d’avoir une hiérarchie qui donne sens et orientations et surtout un pape tel que François qui nous guide par ses paroles et plus encore par son témoignage de vie …

Enfin il nous faut agir pour chasser de nos cœurs la haine et aussi pour chasser la peur… Nous vivons dans une société de consommation et de profit dominée par l’argent – aussi nous regardons souvent l’autre comme un possible danger : cette  semaine je terminais mes vacances par quelques journées dans le sud de la France : combien de fois j’ai pu lire ceci : « Propriété privée, défense d’entrer, chemin interdit, pièges, chiens méchants, maison sous vidéo-surveillance ». Plus les maisons étaient cossues, moins elles  semblaient accessibles ! Or nous venons de lire dans les textes de ce jour : « Vanités des vanités, tout est Vanité » dit le prophète ; « que sert à l’homme de gagner l’univers, s’il vient à perdre son âme » ? « Gardez-vous de toute avidité aux  biens car la vie de quelqu’un ne dépend pas de ce qu’il possède ». Et aussi chez l’apôtre Paul : il n’y a plus le maître et l’esclave -  nous sommes tous frères ! »

Alors au-delà de l’émotion bien compréhensible du moment, au-delà d’un coup de cœur, il nous faut une véritable conversion de nos cœurs pour apprendre à aimer comme Jésus nous a aimés, jusqu’au don de sa vie.

Abbé Gabriel BERTHE