Semaine pour l'unité des Chrétiens

100ème anniversaire 2010; Informations 2011

Unité des chrétiens Unité des chrétiens  

Vous trouverez tous les documents utiles pour préparer la semaine à partir du lien suivant : http://www.oikoumene.org/fileadmin/files/wcc-main/documents/p2/2010/WOP2011_FR.pdf
ou sur le site du Vatican :
www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/chrstuni/sub-index/index_weeks-prayer_fr.htm.


Il est bon de savoir que le CECEF (Conseil des Eglises Chrétiennes en France) propose chaque année un destinataire pour les collectes qui ont lieu à l'occasion des célébrations oecuménique de la semaine de prière : cette année, il a choisi de proposer l'Association Oecuménique pour la Recherche Biblique. Les dons (chèques à l'ordre de : AORB sont à adresser à : Association Œcuménique pour la Recherche Biblique - BOSEB;  21 rue d'Assas 75006.


Il est proposé de lire le texte suivant : "La collecte de cette année 2011 est destinée à l'Association Œcuménique pour la Recherche Biblique. Cette association discrète, fondée en 1966, a pour mission de promouvoir les travaux bibliques, en particulier la traduction œcuménique de la Bible en français - la TOB - et sa diffusion dans les pays du Tiers monde. Depuis le début, elle a soutenu financièrement diverses mises à jour. La dernière révision parue à la fin de l'année 2010, a mobilisé nombre d'équipes œcuméniques et a duré six ans. Nos frères orthodoxes y ont été fortement investis. C'est une TOB rajeunie, jalon essentiel sur le chemin de l'œcuménisme, qui est désormais à la disposition de chacun. La générosité des chrétiens de toutes confessions, sollicitée lors de cette Semaine de Prière pour l'unité chrétienne, permettra de soutenir les lourds investissements qui ont été engagés. Puisse la nouvelle édition de la TOB inspirer un nouvel accueil de la Parole de Dieu!"

 

L’œcuménisme a fêté ses cent ans en 2010


Visite du pape en Angleterre, béatification du cardinal Newman, rapprochement avec l’Eglise orthodoxe russe, échanges des points de vue sur la bioéthique, rapports avec l’anglicanisme, 450è anniversaire de Calvin : les sujets n’ont pas manqué au cours de l’année 2010 pour découvrir des visages contrastés du mouvement œcuménique. Le thème de la semaine de prière 3011 “Unis dans l’enseignement des apôtres, la communion fraternelle, la fraction du pain et la prière” résonnera dans les maisons d’Evangile qui ont lu ce résumé de la vie des premières communautés, en Actes 2, 42.

 

Le temps des mûrissements.


Le mouvement d’Oxford (1833-1845) avec John Newman avait travaillé dès le XIXè siècle au rapprochement de l’anglicanisme avec le catholicisme. Plus tard, Lord Halifax et Fernand Portal renouvelle l’effort de rapprochement. Ces travaux furent stoppés lors de la bulle de Léon XIII déclarant invalides les ordinations anglicanes. Pourtant Léon XIII invitait à prier pour l’unité des chrétiens dans la semaine précédant la Pentecôte. A la même époque, au sein de l’Eglise réformée, le mouvement “Christianisme social” travaillait aussi dans ce sens, avec le pasteur Tommy Fallot. Ce pasteur fut à l’origine de la vocation œcuménique du pasteur Marc Boegner (1881-1970), lequel fut observateur au concile Vatican II. En 1902 et 1904, le patriarche orthodoxe de Constantinople demandait aux Eglises orthodoxes de s’ouvrir aux catholiques et aux protestants. En France, un des pionniers sera le père Couturier. Dans les années 1930-1935, il œuvre au milieu d’une hostilité générale. Les efforts de ce prêtre lyonnais ont beaucoup fait pour reprendre les propositions existantes d’une semaine de prière pour l’unité… On considère aujourd’hui la Conférence d’Edimbourg de 1910 comme début du mouvement œcuménique contemporain. La plupart des participants étaient des occidentaux : très peu d’Asiatiques (Chine, Japon, Corée, Inde) ou d’Africains, mais ils eurent une grande influence.

 

Annonce de l’Evangile et concurrence d’Eglises rivales


Les pays de mission appellent les pays de vielle chrétienté à revoir leurs comportements. Ainsi la déclaration du révérend Cheng Ching-Yi fut un électrochoc, quand il affirmait : “Vous nous avez envoyé des missionnaires qui nous ont fait connaître Jésus-Christ et nous vous en remercions. Mais vous avez aussi apporté vos divisions : luthéranisme, calvinisme, anglicanisme, méthodisme, catholicisme, tous mots en “isme” où tous se combattent comme des rivaux…” L’invitation à relire la prière du Christ dans l’évangile de Jean a sans doute favorisé la prise de conscience que les divisions des chrétiens devenaient divisions du Christ, et obstacles à l’évangélisation. Divisions et contre-témoignages allaient de pair.

 

Appel à la paix et mouvements d’action sociale


Le temps de la guerre 14-18 a provoqué les Eglises à prier pour la paix, à développer des mouvements pour le maintien de la paix puis pour le retour à la paix ; c’était la préoccupation du moment. Dans le même temps un fort courant d’action sociale se développait, invitant à s’intéresser activement aux problèmes des hommes à la lumière de l’Evangile. On ne peut pas dire que, du côté catholique, de Benoit XV en particulier, on ait répondu favorablement à cette proposition nouvelle, même s’il n’était pas prévu d’aborder les questions doctrinales au sein des conférences organisées par le mouvement. Plus tard viendrait le mouvement doctrinal “Foi et Constitution”, espérant qu’un jour les différentes Eglises accepteraient d’examiner les divergences doctrinales et d’essayer de rapprocher les points de vue.

 

Vers le Conseil œcuménique des Eglises.


La Haye, Stockholm, Lausanne, Genève, Edimbourg furent des lieux successifs où pointait le désir de voir se retrouver toutes les Eglises chrétiennes. Du côté catholique et romain, la seule perspective possible d’unité était le retour des autres au sein de l’Eglise catholique, d’où le refus obstiné de participer à ces conférences. Ce qui deviendrait le mouvement œcuménique se développait donc avec les responsables de différentes Eglises, excepté ceux de l’Eglise catholique de Rome. Au cours de cette période d’entre deux guerres, lors de la préparation de la conférence de 1937 à Edimbourg, quatre observateurs catholiques “non officiels” étaient présents. Etaient abordées les questions comme la grâce, la parole de Dieu, les sacrements, le ministère. Les deux mouvements “Vie et Action” et “Foi et Constitution” préparent un projet qui les réunirait. Ils fondent ainsi les ébauches du futur Conseil œcuménique des Eglises (COE). C’était en 1938. La seconde guerre mondiale bloque le processus et il faut attendre 1948 pour tenir une première Assemblée générale du COE, à Amsterdam. Il y avait alors 150 Eglises et confessions rassemblées. Aujourd’hui on en compte 349, majoritaires des Eglises protestantes. Du côté catholique plus que du côté de la COE on mesure le poids des inconvénients d’une présence catholique plus que les avantages.

 

Vatican II

 

Le concile Vatican II, dont on fêtera le 50ème anniversaire de l’ouverture l’an prochain fut un pas important dans le regard de l’Eglise catholique envers les autres religions chrétiennes. Un courant d’optimisme a pu laisser croire que ce serait facile. Il n’en est rien et, tant du côté catholique que des autres Eglises, bien des courants internes soufflent le froid, alors qu’il y a tant à faire pour se comprendre et s’expliquer. Parmi les obstacles, beaucoup seraient levés si l’on acceptait sereinement de revoir les conditions historiques qui ont fait se développer les déchirures. Du côté catholique sommes-nous prêts à associer le cœur et la raison pour que se rapprochent ces frères, appelés à témoigner du Christ. Comme le rappelle le décret sur l’œcuménisme, ce n’est pas seulement une conversion et une réconciliation personnelle qui sont attendues, mais aussi une initiative œcuménique commune aux Eglises. En 1965, il n’était question que de reconnaissance réciproque espérant en l‘Esprit saint et dans la prière le retour à l’unité de tous les chrétiens.
Source : Robert Levet dans la Documentation catholique et Eglise de Marseille, mars 2010


 

Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 2084 visites