Prévention et résolution des conflits : ce que le CCFD dit de la paix

Quel est le "message spécifique" du CCFD-Terre Solidaire sur la paix ? Le développement comme manière de construire la paix ou de la préserver La paix comme condition du développement Travailler avec des partenaires :prévenir/résoudre des conflits

                    Qu’est-ce que le CCFD-TS  dit de la paix ?  

                         

Pour le CCFD –TS, on ne peut penser "paix" sans un développement harmonieux des personnes et des peuples. Paix, sécurité et développement sont interdépendants (la paix est la condition du développement, et vice versa). La paix est donc pour le CCFD à la fois  un  « horizon » (une visée : la paix, fruit de l’équité et du développement), et un « champ d’action thématique » (l’instauration d’une paix durable au service du développement).

 

  Le développement est une manière de  construire  la paix ou de la préserver :

 

Le CCFD-TS  a souscrit  à la formule de Paul VI : "le développement est le nouveau nom de la paix" (Popularum…), qui serait mise en péril par "les disparités économiques, sociales et culturelles entre les peuples". Il adhère aussi à une autre équivalence posée par Jean Paul II : "la paix est le fruit de la justice et de la solidarité » (Sollicitudo…). La Pensée Sociale de l'Eglise a toujours relevé les liens étroits de la solidarité avec  la paix mondiale  et l'égalité entre les peuples, comme ses accointances avec le bien commun et la destination universelle des biens. 

Cette façon de voir se propose "aux hommes et aux femmes de notre temps", qui ne sont pas forcément d’Eglise ni même croyants,  mais  qui  partagent les mêmes interrogations (=comment pourrait-on approcher un objectif aussi louable que la paix dans le monde sans un minimum d'équité?). Ils aboutissent de toute façon raisonnablement  aux mêmes conclusions :

     .les injustices et les inégalités sont source de conflits;

     .on ne peut penser "paix" sans un développement harmonieux des personnes et des

          peuples;

     .la solidarité internationale apparaît  comme la meilleure option possible.

 

 La paix est  une condition favorable - sinon nécessaire- au développement

 

Il existe une  interaction  étroite entre pauvreté (sous -développement) et violence.

D’un côté  la violence et les conflits latents ou  déclarés viennent contrarier les efforts de développement. Un pays en butte à un conflit ouvert (interne ou avec un pays tiers) est pénalisé par les  pertes en vie humaines, les destructions, et les retards de développement

économique et humain occasionnés.[1]

Inversement, les pays les plus fréquemment victimes de violences  sont aussi ceux où le « mal développement» est  accusé et les taux de pauvreté élevés[2].

 

                                    Prévention et résolution des conflits

 

S'attaquer aux racines et causes des conflits, c'est donc donner toutes ses chances  au développement. Aussi le CCFD-TS soutient-il des « partenaires » qui travaillent selon deux axes:

  • la prévention des conflits, c'est-à-dire un  travail sur les causes des tensions  ou les facteurs de rupture, dans des conflits de toute nature (économique, sociale, politique; il n'est pas rare qu'un même conflit conjugue plusieurs dimensions). La prise en compte du respect des droits humains, des diversités culturelles et des processus démocratiques est essentielle.
  • la résolution des conflits, qui souvent  passe par des processus de réconciliation; il est alors question de justice, de reconnaissance des dommages et des traumatismes causés, d'acceptation, de deuil, de réparation. Ils se proposent d’accompagner les sociétés civiles dans la recherche de solutions et leur consolidation (par des démarches et moyens pacifiques).

 

photographie : Ce sont déjà les "artisans de paix" que la campagne de carême de 1994 exalte-  en résonance avec les Béatitudes...Avec élégance et grande économie de moyens :

une terre pacifiée composée de cinq colombes colorées (comme cinq continents) qui  volètent autour de la blanche colombe de la paix portant son rameau d'olivier .


[1] Les habitants des pays instables et en situation de conflit sont deux fois plus susceptibles d'être touchés par la sous-nutrition  que les autres pays en développement; leurs enfants ont trois fois moins de chances d'aller à l'école, alors que la probabilité de mourir avant 5 ans est deux fois plus élevée.

[2] Ban Ki Moon (SG des Nations Unies) : "Les pays confrontés à : des inégalités frappantes, une faiblesse des institutions, des richesses mal réparties, un manque d'emplois et de libertés" sont aussi "les plus exposés aux conflits".

Article publié par Guy Jovenet - CCFD Terre Solidaire • Publié • 56 visites

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