Bilan Maisons d'Evangile Jean

Echos des rencontres

“C’Maisons d'Evangile 2 Maisons d'Evangile 2  est une très riche idée !” Telle est l’expression souvent entendue concernant l’initiative de Mgr Jaeger de proposer la lecture de l’Evangile en Maison d’Evangile. Cela fait sept ans que la proposition est faite aux chrétiens du diocèse de se réunir en groupes de 5 à 8 personnes et de lire en continu un évangile. “Ce n’est pas une formation, notait notre évêque, car je n’ai pas le personnel compétent pour faire des formations sur la Bible pour tous les chrétiens du diocèse. Il faut inventer autre chose, pour tous”. Les maisons d’Evangile donnent le goût de lire les Ecritures, d’aller aux sources de la foi commune. Les Maisons d‘Evangile, c’est aussi un chemin de proximité avec le Seigneur, rappelait-il aux prêtres lors de leur dernière assemblée.

 

Après deux années consacrées à l’Evangile de Jean, plusieurs rencontres en forme de bilan ont été proposées dans le diocèse : Condette, Calais, Arras, Fruges, Longuenesse, Mazingarbe, Lens… Le premier intérêt qui se dégage à propos des maisons c’est le fait de se rencontrer, de constituer peu à peu de petites communautés dans le village, le quartier, des communautés qui s’étoffent et qui ont le même objectif : approfondir la Parole de Dieu. Tous ne sont pas pratiquants -ni occasionnels ni saisonniers- mais “Jésus, çà m’intéresse !”. Chacun peut être à l’initiative d’une maison, et chaque groupe s’organise pour le lieu, la date des rencontres et leur déroulement Il n’y a pas de programme imposé sinon le principe de lire, de la première à la dernière ligne un livre complet du Nouveau Testament. Une feuille accompagne la lecture de chaque section. Elle n’a pas pour fonction de dire d’avance ce qu’il aurait fallu lire ou comment il fallait comprendre. Elle accompagne l’échange et le questionnement qui découle de cette lecture commune.

C’est une richesse de pourvoir échanger entre nous à partir de ce qui est écrit. Par exemple le discours du pain de vie : “mon corps, mon sang donné pour la vie du monde”… etc. On connait les mots, mais s’arrêter donne l’occasion de méditer ce qui est au cœur de notre foi. S’arrêter et entendre les uns les autres dire comment chacun reçoit et entend… cela donne plus de profondeur à ce que je lis, non de manière intellectuelle, mais du fond du cœur.

 

Cette lecture continue fait aussi découvrir des textes que nous ne connaissions pas, parce qu’ils ne font pas partie du corpus liturgique dominical ; parfois le texte est découpé en pièces tellement détachées les unes des autres (par exemple la parabole de la bergerie, Jean 10) qu’il est malaisé d’en reconstituer l’ensemble et la continuité avec ce qui précède et ce qui suit.

 

Toutes les difficultés de l’Evangile de Jean ne sont pas solutionnées par cette lecture, par exemple les mots à double-sens ou jeux de mots (par exemple les pharisiens traités d’aveugles lors de la guérison de l’aveugle-né) ; ou encore la logique de Jean, ou encore la notion de jugement selon Jean qui n’a pas le même sens qu’en Matthieu.  Est jugé celui qui refuse de croire que Jésus est l’envoyé, la lumière de Dieu pour le monde (cf.Jean 3,17-19). Le fait de butter sur telle expression et devoir entre nous nous en expliquer c’est autre chose que de recevoir la réponse toute faite et qu’on oublie aussitôt entendue.

 

La compréhension peut être parfois difficile parce que nous nous référons à ce que nous avons déjà appris, et qui réside au fond de notre mémoire, comme si nous avions en nous une certaine vision de Jésus “globalement”, et qui résiste à une nouvelle lecture plus appliquée. Or, bien des traits de Jésus prennent sens dans le contexte où Jean en parle. Notre mémoire inconsciente nous empêche de lire réellement ce que Jean a écrit, par exemple, il n’y a qu’une femme au tombeau, et elle vient sans aromates ; l’arrestation de Jésus suit immédiatement l’arrivée au mont des Oliviers sans qu’il n’y ait, selon Jean, la scène des disciples endormis et de Jésus prostré dans la prière de l’agonie… Nous lisons trop vite parce que nous savons déjà, ou pensons savoir… mais nous n’avons pas tout lu. Chaque détail vient interroger notre compréhension de la Bonne Nouvelle “selon” Jean.

 

Autre difficulté : nous ne mesurons pas le temps qui s’écoule à l’intérieur d’un récit, en particulier pour ce qu’on peut appeler un chemin de foi : combien de temps pour Marie de Magdala ? Combien de temps pour l’aveugle-né, entre la première rencontre et le moment où il exprime “Je crois”. Que dire encore des différentes “figures de croyants” que Jean présente au long de son Evangile : Nicodème, entre le début et la fin (de l’Evangile) ? Thomas ou Pierre dont on ne sait même pas ce qu’il pense en sortant du tombeau, tandis que l’autre disciple fait référence aux Ecritures pour croire. Comment se fait-il que pour Marie de Magdala, ni la pierre roulée, ni le tombeau vide, ni l’échange de parole avec l’ange ne lui ont permis à d’accéder à la foi… Mais seulement l’appel de son nom ?

 

Peu à peu les participants aux maisons d’Evangile ont pu découvrir et mesurer les différences d’un Evangile à un autre et de s’expliquer (un peu) sur le pourquoi. Cette manière de lire en communauté oblige à aller moins vite. La recommandation à porter attention aux personnages d’un texte oblige à ne pas lire en diagonale, et c’est souvent le départ de découvertes. Ainsi, relire mot à mot le prologue de Jean (1, 1-18) oblige à entrer dans la progression du chemin de Dieu vers nous, depuis le Verbe qui est auprès de Dieu jusqu’à son rejet quand il est venu au milieu des siens, et jusqu’au moment où il est venu chez nous (moi y compris !) et qu’il fait de nous des enfants de Dieu. “Je ne savais pas que je faisais partir de l’Evangile quand j’ai découvert que j’étais concerné par le ‘nous’ !”

 

Peu à peu la lecture continue et appliquée entraîne à découvrir la superposition des temps : le temps de Jésus, le temps des premiers chrétiens et notre temps d’aujourd’hui. Nous avons appris à lire chaque évangile comme racontant l’histoire de Jésus dans les années 30 et voici qu’apparait le temps où les chrétiens doivent à leur tour défendre Jésus devant les Juifs de leur temps… puis on discerne que les difficultés à parler de Jésus à défendre Jésus, c’est encore vrai de notre temps, et nous aussi avons besoin d’être épaulés par l’Esprit conseiller (Paraclet)…

 

Une autre question exprimée à la fin des soirées concerne le souci d’inviter au-delà des gens déjà rassemblés. Nous sommes trop bien entre nous au point d’hésiter à inviter, à provoquer l’éclosion de nouvelles maisons. Pourquoi ne pas parrainer une ou deux fois les nouvelles maisons ? Cela peut permettre aux nouveaux invités de découvrir une proximité de l’Evangile, une proximité de l’Eglise, comme ce fut le cas il y a cinq, six ou sept ans !

E.H.

 

paul ME-A paul ME-A  Et l’an prochain ? Après Jean, que sera-t-il proposé?

En 2015-2016 deux propositions existent. Soit commencer avec l’Evangile selon Marc,

soit ouvrir les lettres de Paul. C’est le souhait émis au conseil épiscopal, Pour ceux qui commencent (ou recommencent avec Marc) L’ensemble des fiches pour Marc, déjà sur le site diocésain, seront rééditées et distribuées en une fois.

 

Pour ceux qui continuent l’aventure avec la lecture des lettres de saint Paul (1ère aux Thessaloniciens et 1ère aux Corinthiens) un livret et des fiches sont en préparation.

Lire les lettres du Nouveau Testament sera une nouvelle aventure. C’est une autre étape dans l’histoire de la Révélation. Les premières lettres de Paul n’ont pas pour objectif premier de dire qui est Jésus, mais davantage de répondre aux questions que se posent les premiers chrétiens dans leur vie de croyants, éventuellement de rectifier des déviations naissantes. C’est le temps des Actes des apôtres par le témoignage du dialogue en dirent de Paul avec les chrétiens qu’il avait initié soit à Thessalonique, soit à Corinthe.

 

Pour tous (Marc ou Paul), il y aura une rencontre commune de démarrage en octobre.

 

Longuenesse, relais sainte Catherine : lundi 5 octobre à 20h.

Arras, Maison diocésaine, 103 rue d’Amiens : mardi 6 octobre à 14h30 ou 20h.

Saint-Pol, 2 rue des Fonts Viviers : mercredi 7 octobre à 20h

Condette, Les Tourelles : jeudi 8 octobre à 14h30

Calais, maison du Doyenné, 5 rue de Croÿ : jeudi 8 octobre à 20h

Mazingarbe, centre paroissial, 68 Bd de la Loire : jeudi 8 octobre à 14h30

Béthune, maison du doyenné, 87 rue d’Aire : jeudi 8 octobre à 20h

 

Renseignements Abbé Emile Hennart hennart-eh@orange.fr  0678109713

Maison diocésaine CS 61016 62008 Arras cedex

Les dossiers des maisons d’Evangile : http://arras.catholique.fr/maisonsdevangile

>>Revoir la vidéo-témoignage sur les maisons d’Evangile (12’) : http://arras.catholique.fr/video-maisonevangile

Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 843 visites

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