Formation animateurs de paroisse - EAP

eap051101 eap051101  Deux rencontres de formation des animateurs d’équipes de paroisse ont réuni 150 participants, curés et laïcs. Le sujet retenu pour cette année est le discernement pastoral… gérer des priorités. Mme Claude Gautier, de la formation permanente du diocèse de Versailles et membre du conseil épiscopal assure le suivi de ces journées.
Les animateurs et curés des paroisses nouvelles sont amenés à susciter des initiatives, à prendre les décisions qu’ils estiment justes ou nécessaires pour que la paroisse et les baptisés remplissent leur mission.
La première clé de discernement c’est d’assurer la triple exigence de la mission le service de la parole, le service des frères, et le goût de la rencontre de Dieu. (Vivre, Croire, Célébrer)

Les conditions du discernement :


Mme Gautier ne commence pas par donner des moyens pour une “bonne décision”, elle invite à regarder les conditions dans lesquelles s’effectuent discernement et décision.
Pour discerner il faut d’abord savoir se référer aux documents et orientations, de l’Église, du diocèse, du doyenné (la mission de l’Eglise définie par les conciles, les orientations diocésaines ; ou de doyenné).
Le discernement fait partie de la mission confiée par l’évêque. Il revient à l’équipe d’animation et de veiller au bien et au devenir de la paroisse, ce qui n’empêche pas de prendre conseil.
Le vécu et le ressenti des membres de l’EAP peuvent entrer en conflit avec telle ou telle orientation, telle ou telle personne de la paroisse ; des courants divers peuvent s’exprimer, s’opposer, mais vient le temps de la décision, où savoir faire passer tel élément avant tel autre n’est pas toujours aisé.


 

Les premières communautés


Les textes laissés par les premières communautés chrétiennes témoignent qu’elles-mêmes, lors de décisions importantes, ont pris le temps du débat, mais aussi présenté des critères qui aident à la décision : par exemple, lors du remplacement de Judas (Actes 1), lors d du débat sur le service des tables (Actes 6), pour choisir des responsables de communautés, etc. Paul dans sa lettre aux corinthiens présente plusieurs fois les critères de discernement : sur la tenue des assemblées (1 Corinthiens 11,17), sur la hiérarchie des responsabilités (1Co 12,28), sur le souci premier de la communauté (1 Co 14,9; 18) etc. Il en est de même aujourd’hui: quels critères sont posés qui aideront à la prise de décision, au choix des priorités.
Prendre en compte la mission de l’Eglise
Aujourd’hui, nous ne partons pas de rien. Depuis 2000 ans, l’Eglise, pour vivre sa mission se doit assurer une double fidélité : d’une part, être fidèle à la Tradition Apostolique, qui insiste sur la triple fonction d’annoncer Jésus-Christ, de célébrer Jésus-Christ, de servir la vie des hommes à la suite de Jésus-Christ.
Il lui faut en même temps être fidèle aux hommes à qui elle s’adresse (culture, âge…) avec le souci d’être ajusté aux personnes pour que la Parole de Dieu, l’annonce de Jésus-Christ résonne comme une Bonne Nouvelle auprès d’eux. Mme Gautier parle d’ajuster, c’est-à-dire de trouver les mots et expressions les plus justes pour être compris, et non adapter, ce qui sous-entendrait qu’on édulcore le message.
Les enjeux : la construction du Corps du Christ.


Il arrive parfois que l’on soit tellement préoccupé de garder les traditions qu’on en oublie de regarder l’horizon à venir. L’Église est faite pour ceux qui n’y sont pas, dit-on parfois de manière condensée. L’Église est faite pour les autres, au service du Royaume qui vient (Jean Rigal). Mgr Jaeger le rappelait dans sa lettre ‘Apôtres et missionnaires’, (Église d’Arras n° 16, 7 octobre 2005) : « les cellules de proximité veulent demeurer de simples démarches par lesquelles des hommes et des femmes, des enfants, des jeunes, des adultes, tentent de partager avec d’autres la Parole, la Vie et l’Amour de Jésus de Nazareth qui s’est fait l’un de nous pour nous ramener vers le Père ».
Prendre en compte les réalités humaines.
Ce n’est pas un slogan, mais un signe de bon sens : savoir qui je suis et savoir à qui je parle ! L’acte pastoral s’inscrit au cœur des relations humaines. Il suppose que l’on ait connaissance de quelques critères d’ordre sociologique et d’ordre psychologique, cela éviterait bien des drames.


Les critères sociologiques, c’est prendre en compte ce qu’est la société en 2005 : la place de la personne dans la société, la multiplicité des références auxquelles s’accrochent les gens, multiplicité des ‘croire aujourd’hui’ ; c’est aussi l’exigence du ‘tout tout de suite’ qui ignore les cheminement et la lenteur des germinations. C’est enfin l’importance de l’émotivité en sorte que le retentissement affectif a plus d’importance que l’effort de raison.
Les critères psychologiques. Chacun a son histoire, chacun a sa personnalité, et pourtant, c’est bien ces personnes différentes qui sont appelées à choisir ensemble ce qui convient pour l’ensemble des communautés chrétiennes qui leur sont confiées.
Ceci devrait aider à mesurer l’environnement dans lequel les membres des équipes pastorales sont appelés à évoluer en vue de discerner ce qu’il importe d’impulser. Ce faisant, les équipes, leurs animateurs et curés ressemblent à cet homme avisé de l’évangile, qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée les torrents sont venus, les vents ont soufflé… la maison ne s’est pas écroulée car ces fondations étaient sur le roc. Souvent on oublie de préciser que le roc sur lequel bâtir, ce sont les trois chapitrés précédents, 5,6 et 7, où Matthieu développe la pensée de Jésus en vue de construire le Royaume pour Notre Père.

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