Le rôle des conciles

Tradition et traditions

 

 

Pierre et Paul souvent opposés dans la pastoreale mlissionnaire sont fêtés ensemble le 29 juin Pierre et Paul  
Pierre et Paul souvent opposés dans la pastoreale mlissionnaire sont fêtés ensemble le 29 juin
Pierre et Paul souvent opposés dans la pastoreale mlissionnaire sont fêtés ensemble le 29 juin
Après sa Résurrection Jésus apparaît à ses disciples et les envoie en mission: « Allez donc, de toutes les nations, faites des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit. » (Matthieu ch. 28, v. 19,20).

 

Première annonce

Luc reprend ces mots au début du livre des Actes, le jour de l'Ascension : «Vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre» (Actes. ch. l, v. 8).     .

A la Pentecôte, poussés par l'Esprit Saint les Apôtres annoncent le fondement de la foi chrétienne: « Ce Jésus, que vous avez crucifié, Dieu l'a ressuscité, nous en sommes tous témoins » (Actes. ch. 2, v. 32-36). Leur témoignage, ils l'ont donné de manière à ce que chaque auditeur l'entende dans sa propre langue (Actes. ch. 2, v. 11). Ils ont fait des disciples (déjà 3000 ce jour de la Pentecôte) à Jérusalem puis, en Judée Samarie, puis dans le bassin méditerranéen. La Tradition apostolique est née de l'inspiration du St-Esprit et de la prédication des Apôtres qui ont « livré» (livrer se traduit tradire en latin) aux hommes de bonne volonté, ce qu'ils avaient eux-mêmes reçu du Seigneur Jésus. Ils n'ont pas inventé une doctrine, mais ils se sont présentés comme témoins de Jésus-Christ et de son œuvre de Salut. Plus tard, saint Paul s' adressera aux Corinthiens également comme un témoin. «Je vous ai transmis ce que j'ai moi-même reçu» Cf. Corinthiens, ch. 11, v. 23 et ch. 15, v. 3).

Pendant une trentaine d'années, cette Bonne Nouvelle de Jésus-Christ a été transmise oralement par les Apôtres et leurs collaborateurs. Les recueils évangéliques, écrits à partir des années 60-70, ne font que consigner une tradition déjà existante. Ces écrits, nos quatre Evangiles ont été retenus par l'Eglise comme étant fidèles à la vie et à l'enseignement du Christ; à la différence d'autres écrits se disant aussi « évangiles » mais n'exprimant pas totalement la foi des premiers chrétiens (évangiles apocryphes), c'est en effet le rôle de l'Eglise de discerner ce qui rend compte de la vraie Tradition venue du Christ par les Apôtres, en vue d’instruire la foi.

 

Concile oecuménique Vatican II 1962-1965  
Concile oecuménique
Concile oecuménique
Rôle des conciles

 

Le Concile Vatican II, dans la constitution dogmatique sur la Révélation (Verbum Dei) précise bien ce rôle de l'Eglise. « L'Eglise perpétue dans sa doctrine, sa vie et son culte et transmet à chaque génération tout ce qu'elle est en elle-même, tout ce qu'elle croit » (Verbum Dei, n° 8).

Ceci a été réaffirmé au Concile Vatican II, le vingt-et-unième Concile œcuménique. Quel rôle jouent les conciles en regard de la Tradition apostolique? Ajoutent-ils ou retranchent-ils quelque chose de substantiel à la Tradition Evangélique ? Avant de répondre à cette question, une remarque s’impose.

Les Evangiles ont été écrits en grec, alors que Jésus a parlé en araméen. Le grec était la langue commune parlée dans le bassin méditerranéen, mais très vite les évangiles ont été traduits en syriaque, en copte, en latin... selon la culture de chaque communauté. En effet,  «Il faut parler au peuple dans la langue du peuple» affirmait saint Pierre Chrysologue, évêque de Ravenne, au Vème siècle. On peut faire des remarques semblables pour les langues liturgiques: ce n'est pas la langue qui importe, mais la Vérité qu'elle véhicule. Ne confondons pas langue, coutumes, habitudes, traditions locales... avec la Vraie Tradition qui est la transmission vivante de la Foi faite à des peuples vivants et qui n'est pas une simple répétition immobile de paroles ou de gestes figés.

 

Revenons donc au rôle des Conciles dans l'histoire de l'Eglise. L'Eglise, institution existant depuis deux mille ans, a connu - et connaîtra encore - l'usure du temps. Les Conciles sont là pour désensabler, quand il le faut, la source pure de la Tradition. Ils permettent à l'Eglise de garder intact le dépôt de la foi, en la défendant quand elle est attaquée, en la reprécisant quand il y a déviations, en la faisant comprendre à de nouvelles cultures, en déployant tout le dynamisme contenu dans la Parole de Dieu.

 

Donnons rapidement deux ou trois exemples.

Au IVème siècle, des prédicateurs, comme le prêtre Arius, niaient la divinité de Jésus-Christ. Le Concile de Nicée, le premier concile œcuménique en 325, a réaffirmé la Foi en Jésus-Christ, Fils de Dieu fait homme. Ce n'était pas une invention des Pères du concile, mais un rappel de l'essentiel de la foi en l'Incarnation.

En Jésus-Christ, il y a deux natures, la nature divine et la nature humaine, mais il n'y a qu'une personne, la Personne du Fils de Dieu. Marie est donc appelée à juste titre « mère de Dieu. » C'est ce qu'a défini le Concile d'Ephèse en 431. Ce concile n'a rien inventé mais simplement explicité ce qui était dit à Marie par l'ange Gabriel le jour de l'Annonciation: « Tu enfanteras un fils... II sera appelé Fils du Très-Haut... » (Luc ch. 1, v. 31-32).

 

En 1869-1870 a eu lieu le vingtième concile œcuménique, le Concile de Vatican 1. A cause de la guerre,. ce concile a dû être interrompu. TI avait commencé toute une réflexion sur l'Eglise en abordant d'abord la primauté du Pape et son infaillibilité. Le Concile Vatican II a continué à approfondir le mystère de l'Eglise, présentée dès le début de la prédication apostolique comme « Corps du Christ» (St Paul), comme la « communauté sacerdotale du roi, le peuple que Dieu s'est choisi (St Pierre). Là encore rien d'inventé, mais un approfondissement d'un mystère lumineux dans la pure Tradition de l'Eglise.

Cette Eglise n'existe pas pour elle-même, mais pour le monde. Jésus-Christ n' a-t-il pas demandé à ses apôtres et à ses disciples d'être «ses témoins jusqu'aux extrémités de la terre» (Actes, ch. 1, v. 8); N'a-t-il pas inspiré St Paul qui écrit à Timothée: « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la Vérité» (1 Timothée 2, 4) ? C'est à cette lumière que nous sommes amenés à lire les autres documents du concile (sur l'œcuménisme, le contact avec les autres religions, la liberté religieuse, l'activité missionnaire, la responsabilité des laïcs et surtout l'Eglise dans le monde d'aujourd'hui). En les lisant et en les mettant en pratique nous sommes pleinement dans la Tradition vivante de l'Eglise, toujours la même et toujours jeune.

Dans la Tradition vivante de l'Eglise, gardons fidèlement notre foi en Jésus-Christ et renouvelons notre cœur en nous débarrassant de tout ce qui entrave notre marche vers la pleine communion avec Lui.

 

P. Georges Grincourt

Eglise en Allier septembre 2007

Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 3876 visites