Réorganisation des doyennés

mise en place au cours de 2008

 

couv20 couv20  Voici bientôt deux années, après la création des paroisses nouvelles, Mgr Jaeger annonçait son désir de modifier le visage du diocèse quant au nombre de doyennés. Après de nombreuses réflexions, des études faites par Mr William Twichett, en concertation avec le père Vincent Blin, le projet arrive à l’étape de la publication. Restent encore quelques retouches pour telle ou telle paroisse. Si plusieurs réclament « des cartes », elles viendront prochainement, mais l’essentiel n’est pas là. Il importe avant tout d’être attentifs à la compréhension de ce qui a été décidé et surtout à sa mise en œuvre. Les doyens actuels ont été informés des évolutions du projet, lors de rencontres avec Mgr Jaeger et son conseil en 2006-2007, le conseil du presbyterium l’a été le 23 novembre 2007. L’annonce définitive devrait être faite au printemps 2008, ainsi que la nomination des futurs doyens. La mise en œuvre effective se fera en septembre 2008.

 

 

Doyennés et notion de Pays. 

La géographie administrative du département a vu l’émergence de la notion de pays, suite aux lois de décentralisation et le décret de 1995. Le projet porte, non pas sur une « nouvelle administration », mais sur le souhait, le souci et la nécessité de s’accorder, à des dimensions plus vaste qu’une commune : « Un pays est constitué de communes ou de groupements de communes. Il forme un territoire de projet caractérisé par « une cohésion géographique, économique, culturelle et sociale ». La création des pays relève de la politique nationale d’aménagement du territoire. Dans le même esprit, les nouveaux doyennés ne devraient pas être une administration de plus qui centralise autour des villes… mais un appel participatif auprès des réalités locales pour des projets et un travail ensemble.

 

A l’occasion de visites pastorales, Mgr Jaeger a pu se rendre compte que le découpage de plusieurs doyennés ne correspondait plus aux réalités socio-économiques d’aujourd’hui. L’attirance des villes, les nécessités de gouvernance commune pour certaines communautés d’agglo ou entre communes rurales et pôles urbains ont amené à une étude sur les rapports possibles entre la configuration des  pays et celles des doyennés. La prise en compte, par des aumôneries et services, de réalités sociales comme les lycées, les hôpitaux ou les prisons demandait des structures élargies.

 

Le fait qu’il y ait moins de prêtres « disponibles » pour assurer la gestion des paroisses et doyennés a aussi pesé sur les décisions.

 

Dix doyennés

 

De 17 doyennés, le diocèse passera à 10 doyennés. Sont particulièrement concernés les paroisses des doyennés d’Artois-Ouest, Artois-Sud et Arras, qui deviennent un seul doyenné d’Artois. Les doyennés de Lens et de la Gohelle deviennent un seul doyenné de Lens-Liévin. Pour l’espace rural, concernant les doyennés du Ternois, de Morinie, des Hauts-Monts, du Calaisis rural et Boulonnais rural, il fut plus difficile de trouver le meilleur découpage.

Le choix de prendre en compte l’attrait des villes a entrainé tel choix plutôt que tel autre. Cela peut favoriser la critique sur une éventuelle perte d’identité des espaces ruraux. S’il s’agissait d’une organisation centralisatrice, cela se comprendrait, mais l’objectif n’est pas de faire dépendre le rural de l’urbain, ni de traiter la périphérie comme sous-ensemble autour d’un centre-ville. Il s’agit de se donner les moyens de vivre localement la proposition de la foi, de créer et favoriser des équipes de proximité, au plus près des gens, et de les soutenir.

 

Des lieux sources

C’est dans cet esprit que se mettent en place des lieux-sources. Ce ne sont pas des lieux de décisions, mais des lieux où les chrétiens peuvent se ressourcer. Il n’est pas difficile de mesurer le temps de transport lors d’une réunion diocésaine, à Arras ou à Condette. Chacun connait aussi la difficulté d’organiser une séquence de formation au niveau d’un doyenné pour une population de 18.000 habitants. Les intervenants ne peuvent se couper en quatre ou huit. La réorganisation dépendra aussi des « personnalités » des futurs doyens et de leurs collaborateurs.

 

Les noms des nouveaux doyennés seraient :

Artois ; Ternois et 7 vallées ; Hénin-Carvin ; Lens-Liévin, Béthunois, Pays de la Lys, Morinie, Montreuillois, Calaisis, Boulonnais.

 

10 doyennés et 94 paroisses Le diocèse en dix doyennés  
10 doyennés et 94 paroisses
10 doyennés et 94 paroisses
 

Comptabilité et site Web

Un livret officiel paraitra prochainement, qui résume la pensée des auteurs de la réorganisation. Ensuite seront publiées les cartes de la nouvelle architecture du diocèse. On retiendra que les paroisses –excepté- de rares regroupements- resteront les mêmes et demeureront l’unité de vie chrétienne, comme le définit le Droit canonique. Pour des raisons de commodités, les services de comptabilité continueront jusqu’au 31 décembre 2007 avec les structures actuelles. Le lien entre les comptabilités de clochers et paroisses passe par le DDAT, délégué de doyenné aux affaires temporelles.

Le site web diocésain devra être remis à jour… occasion pour que paroisses et doyennés soient davantage présents sur ce site collaboratif, en particulier par l’intermédiaire des personnes chargées localement de communication. Paroisses et mouvements peuvent  présenter, chacun dans son espace, les évolutions auxquelles elles sont appelées.

 

La mission du doyenné

Le rôle du doyen, selon le code de droit canonique est d’abord de promouvoir et coordonner l'action pastorale commune dans le doyenné, de veiller à la vie des ministres ordonnés, et que la vie chrétienne soit honorée selon les règles en vigueur L’exercice de cette fonction sera assurée par une équipe de doyenné, avec le doyen. Cette responsabilité s’exerce envers toutes les personnes ayant responsabilité et mission pastorale : prêtres, diacres, membres d’EAP, Animateurs laïcs en pastorale, etc. En tous lieux du diocèse on s’attachera à créer et développer les cellules de proximité.

 

Concrètement cela demandera à tous :

De vivre et à travailler ensemble. De se sentir associées pour que la vie pastorale s’exerce et progresse. Il faudra penser plus large que son propre clocher. Ce n’est pas de la seule responsabilité des prêtres. L’exercice du ministère variera beaucoup de l’un à l’autre, selon l’âge, la personnalité : participatif, directif, liturgiste, attentif aux activités humaines et communales. Or c’est l’ensemble de ces qualités qu’il faut savoir honorer ensemble et non favoriser plutôt l’une que l’autre.

 

De développer des collaborations entre prêtres et laïcs. De plus en plus des prêtres font appel à des laïcs. Le choix des personnes appelées  influera sur la pastorale et la mise en place des doyennés. Choisir des gens qui ont une personnalité, une réelle insertion en pâte humaine et communale peut entrainer des tensions à gérer ; mieux vaut le reconnaitre de suite. Il y aura à favoriser la compréhension que « l’EAP avec le curé » a reçu mission et autorité de l’évêque pour la paroisse (c-à-dire l’ensemble des clochers et activités dans la paroisse) . Cela va mieux en le disant ! Sur les problèmes et gestions des conflits, il ya un réel apprentissage à faire pour gérer les relations humaines, à être habiles pour faire fonctionner et travailler ensemble des hommes et des femmes d’horizons été de traditions diverses. Il appartient à chacun de mettre de l’huile dans les rouages plutôt que du sable.

 

Tisser des réflexes afin que le rural et la ville ne s’ignorent pas l’un l’autre Des réflexions laissent penser que le rural est sacrifié au profit des villes. Ce n’est pas l’esprit du projet, mais l’organisation autour de pôles d’attraction de la vie sociale, culturelle, commerciale et des loisirs peut donner cette impression. Il y aura sans doute nécessité de créer, au-delà de l’équipe de doyenné, des « conseils pastoraux de doyenné », pour que les différentes sensibilités soient représentées et entendues »

 

Quel avenir pour l’Eglise diocésaine ?

Chez nous comme partout en France et en Europe occidentale, nous sommes “en sortie de chrétienté”, qu’on le veuille ou non ! On ne naît plus automatiquement chrétien, affirme Paul Scolas. Si les chrétiens ne relèvent pas le défi d’appeler, de proposer d’eux-mêmes la rencontre de Jésus-Christ, ils peuvent être sûrs qu’il n’y a plus d’avenir à l’Eglise, qu’il n’y aura pas de réponse à l’invitation qu’on n’a pas osée. Bien sûr on peut organiser au mieux l’accueil des demandes à la porte des presbytères, bien accueillir, avec le peu de « personnel restant ».

 

Il est encore et toujours nécessaire que les chrétiens aiment le monde tel qu’il est, comme Dieu l’a aimé. Comme aux premiers temps de la Bonne Nouvelle, il faudra encore des gens qui interpellent à la suite de Jésus « viens, suis-moi », des gens qui osent témoigner hors des cercles d’Eglise : celui qui porte le salut du monde, nous l’avons rencontré… il souhaite te rencontrer. La mission des doyennés tout comme la mission des EAP est participation à la mission, au ministère de l’Eglise, résumée par Luc au début des Actes de apôtres : « vous allez revoir la force de l’Esprit-Saint, vous serez mes témoins à Jérusalem… et jusqu’aux extrémités de la terre ».

Emile Hennart



  Dire “l’EAP dont le curé”, plutôt que “l’EAP + le curé”

Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 17321 visites