Doyenné - Vous avez dit pastorale ?

 

Animateurs en pastorale Animateurs en pastorale   On parle de la pastorale en général : ainsi dans l’expression « animateur laïc en pastorale ». On mentionne également des pastorales spécialisées : pastorale familiale, pastorale des jeunes, pastorale de la santé, pastorale sacramentelle et liturgique, pour ne citer que quelques exemples.

Par ailleurs l’adjectif « pastoral » s’emploie pour qualifier diverses réalités : théologie pastorale, conseils pastoraux, visite pastorale, pratiques pastorales…

 

D’aucuns s’agacent de la prolifération de ce mot et l’accuseraient volontiers d’être flou.

Peut-être renvoie-t-il à une image surannée ? Cependant, elle demeure éloquente, cette image biblique employée pour exprimer le mystère de l’Alliance de Dieu et des hommes : le peuple de Dieu est comme un troupeau dont Dieu lui même est le berger, dont il prend soin.

Le Dieu pasteur de son peuple prend visage humain dans le Christ.

Le travail de Dieu et du Christ pasteur est une œuvre de rassemblement, de proximité, de vigilance, qui permet aux hommes de vivre en plénitude.

 

L’action pastorale de l’Église s’appuie sur la contemplation de ce Dieu agissant et suppose donc une réelle sollicitude pour l’homme, avec une attention particulière aux plus défavorisés. Elle vise l’homme dans tous les domaines de sa vie : travail, formation, famille, loisirs, santé, engagements socio-politiques…

 

Elle s’ajuste en permanence à la situation concrète des hommes, qui varie au fil de l’Histoire. La pastorale est plutôt un art qu’une science exacte.

N’allons pas dire que la pastorale se préoccuperait exclusivement de ceux qui sont déjà dans l’Église. Ce serait oublier la parole de Jésus : « J'ai encore d'autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos et celles-là aussi, il faut que je les mène; elles écouteront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul berger. » (Jn, 10, 16)

 

Pastorale et évangélisation sont liées : la première est au service de la seconde. La pastorale, inlassablement, cherche et met en œuvre des moyens les plus adaptés pour « évangéliser » l’homme d’ici et de maintenant.

 

N’allons pas penser non plus que les seuls acteurs de la pastorale seraient les évêques et les prêtres. Certes la tradition catholique réserve le nom de « pasteurs » aux « ministres qui disposent du pouvoir sacré » (Lumen Gentium, n° 18). Mais « les brebis dont ils ont la charge ne sont pas pour autant les bénéficiaires passifs d’une activité qui les concerne, ou les spectateurs plus ou moins attentifs d’un service pastoral des hommes. De la pastorale qui s’exerce dans l’Église, ils ne sont pas les patients, mais de véritables agents ». Le pape Jean-Paul II exprimait la même conviction : « Les laïcs ne sont pas de simples récepteurs, l’objet des soins pastoraux. Sur la base de leur vocation de chrétiens, ils doivent être les co-auteurs de l’Église » (Allocution aux représentants des paroisses, Utrecht, 12 mai 1985)

 

Nous n’aurons jamais fini de devenir une Église tout entière missionnaire.

 

J.-C. Vieillard

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