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Diocèse d'Arras Diocèse Animation paroisses / EAP
L'Eglise selon Vatican II -Formation EAP
Paul Scolas
Formation EAP 2008 le Vendredi 21 novembre 2008
![]() 250 personnes ont participé aux deuxièmes journées de formation prévues pour les laïcs et les prêtres en responsabilité de paroisse. Le père Scolas assure la continuité de ces rencontres pour mieux comprendre et mettre en œuvre « l’Eglise selon Vatican II ». En 2008: "A la lumière de Lumen Gentium".
Introduction
Les trois derniers conciles œcuméniques de l’Eglise catholique ont eu lieu sur fond de crise dans la société. Par crise il faut entendre une transformation, une remise en cause de ce qui est communément admis pour que l’homme continue à être vivant et progresse dans sa maitrise de l’univers. L’Eglise faisant partie de la société est partie prenante contre ou pour une prise en compte de ces évolutions (révolutions). Le concile de Trente (1545-1563) ou concile de la Contre-Réforme ; Vatican I en 1870 au moment de la crise moderniste (émergence des philosophies et des sciences) puis Vatican II (1962-1965), ouverture de l’Eglise au monde, à l’aube de la mondialisation : trois conciles qui témoignent du rapport de l'Eglise à la société de leur temps.
Après la chute de l’Empire romain, la civilisation occidentale se reconstitue à partir des années 500, autour de l’Eglise et de la foi. Tout est marqué structuré par l’Eglise : le décompte des ans et des semaines, le calendrier des fêtes, l’espace géographique (avec les clochers, les chapelles etc.).
Une Eglise aux prises avec le monde moderne.
A partir des XVème-XVIème siècles, alors que les grandes découvertes font apparaitre un nouveau monde (les Amériques, l’imprimerie, les sciences) une nouvelle attitude émerge ; caractérisée par l’autonomie critique de la pensée et de l’individu. Le cogito de Descartes s’appuie qur un “Je” qui pense de manière autonome et critique. Pensée qui se investit trois domaines : le rapport à la nature, la vie sociale et politique, le rapport au sens et à l’éthique.
A chaque étape, et pour chaque domaine, l’Eglise réagit en réaffirmant autoritairement son autorité. Croire, c’est tout recevoir de Dieu… « Dieu a bien le droit de nous imposer de croire des vérités que l’on ne peut pas comprendre ! » affirmait l’Eglise. Telle était sa réponse aux critiques et questions posées par la Raison. Parce que elle a eu, des siècles durant, une situation privilégiée, l’Eglise va défendre « les droits de l’Eglise » face et contre la société. Que Dieu ait choisi de se révèler à un peuple est interrogé, remis en cause. Au point qu’un Diderot écrira : « ce Dieu là s’occupe plus de ses pommes que de son Fils ! »
Le contentieux entre l’Eglise-la Foi et l’intelligence-la Liberté prend racine dans cette longue histoire conflictuelle. Cela fait partie de l’inconscient collectif aujourd’hui encore. Même des jeunes peu initiés à ces questions-là ont pourtant cette perception du contentieux.
Le Concile Vatican II va provoquer un déplacement sur ces questions !!
Avec Vatican II le regard de l’Eglise change…
Une nouvelle approche de l'Eglise et du monde
Le discours d’ouverture du Concile par Jean XXIII est en lui-même un évènement, comme assemblée au souffle de l'Esprit, évènement qui manifeste la nouvelle approche que l’Eglise souhaite promouvoir dans la société. L’assemblée elle-même est un évènement d’une portée médiatique jusqu’alors inconnue : le dialogue des évêques entre eux a lieu devant les médias du monde entier. Le dialogue est aussi entretenu avec la presse. Avec Jean XXIII, l’Eglise porte un autre regard sur l’histoire d’hier et d’aujourd’hui. Jean XXII invite à « avoir de l’estime » pour les inventions sans oublier le service des hommes, pour lequel l’Eglise souhaite être présente. Paul VI continuera en ce sens et fera l’éloge des pères du concile pour leur souci d’une Eglise témoin et présente au cœur du monde.Ce renouvellement du regrd de l'Eglise sur elle-même et sur le monde est commencé bien avant le concile. Dès le XIXème siècle, des cercles d’étude renouent avec l’Ecriture, l’histoire des conciles, avec les pères de l’Eglise. On redécouvre la lettre à Diognète. Les travaux théologiques sont marqués par le renouveau pastoral et liturgique. Newman, Cardjin, Congar sont des témoins du dialogue entre gens du terrain et théologiens. . Une nouvelle compréhension de l’Eglise se fait jour, où l’on ne parle plus d’abord d’Eglise comme société, mais comme mystère de l’amour de Dieu. Pie XII parle de Corps mystique (1943). La conscience communautaire de l’Eglise grandit. Elle est davantage comprise dans sa mission pour les humains, pour tous les humains.
Histoire de la rédaction et de la structure de la Constitution « Lumen Gentium »
Le schéma proposé par le Saint-Office (schéma XIII) est rejeté d’emblée par les pères du Concile. Le cardinal Liénart, doyen de l’assemblée des évêques, prend la parole “mihi non placet“. » D'autres schémas seront proposés, de nombreux dialogues auront lieu entre évêques et conférences épiscopales. Ils apprennent à se connaitre, à s'estimer, à entendre comment ils cherchent à répondre aux attentes des hommes de ce temps. aujourd'hui.
Une étude comparative des chapitres annoncés pour ce schéma et les chapitres finalement proposés et votés à l’unanimité par les pères est instructive. Cette étude permet de voir comment l’on est passé de la présentation d’une Eglise comme société à une Eglise peuple de baptisés, appelée par le Père à devenir signe et moyen de l’union avec Dieu et de l’unité du genre humain. Ainsi est mis en avant le projet de Dieu, puis l’attention aux baptisés et à leur mission à la suite du Christ, ensuite les ministres ordonnés : évêques, prêtres et diacres ; puis les états de perfection (vie religieuse) Enfin les pères ont jugé utile de considérer la Vierge Marie comme membre du Peuple de Dieu, et ils lui ont consacré un chapitre entier.
L’Eglise regardée comme mystère, Paul Scolas reprend la réflexion des évêques au Concile et leur compréhension de l’Eglise comme mystère d’un Dieu qui veut communiquer sa vie aux hommes, à tous les hommes. Dans ce dynamisme, l’Eglise est reçue comme peuple de Dieu qui tire son unité du Père et du Fils et du Saint Esprit. Ainsi l’Eglise devient sacrement, c’est-à-dire signe et moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité du genre humain.
Un Dieu qui se communique.
L’Eglise est « un peuple qui tire son unité de l’unité du Père et du Fils et de l’Esprit Saint » (S.Cyprien)
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