Les biens de la terre

Journée de formation diocésaine Pour un développement durable

Où va notre monde ?

Les biens de la terre
Agnès Jacques et Stéphane Leleu Enjeux et questions  
Les biens de la terre Agnès Jacques et Stéphane Leleu
Les biens de la terre Agnès Jacques et Stéphane Leleu
   Chacun peut entendre ou se poser une telle question devant la multiplicité des difficultés présentées par l’actualité. Elles peuvent être d’ordre économique, et l’on emploie le mot crise et contestation du néolibéralisme, elles peuvent être d’ordre sociétal et l’on parle de mal-être des banlieues et même de crise de civilisation ; ce peut être des tempêtes et des inondations et l’on parle de dérèglements climatiques.

 

 

Chemin faisant le monde occidental se demande s’il n’est pas temps de revoir fondamentalement les modes de vie, d’exister, et d’utiliser les ressources de la planète Les biens de la terre Enjeux et questions  
Les biens de la terre
Les biens de la terre
Terre. Mises en garde, appels à la raison, à la fin du gaspillage ou de l’exploitation à outrance, invitation à l’éthique financière, nouvelle évaluation des rapports sociaux. Après la tri-latérale, les rapports Nord-Sud ; l’aide au tiers monde, les plans de développement, le soutien aux pays sous-développés devenus pays en voie de développement, d’autres proposition ont émergé comme l’écologie l’altermondialisme ou l’appel récent au retour de l’Etat dans le modèle libéral.

 

Tout ceci n’est-il pas significatif d’un besoin de reconsidérer l’ensemble des relations humaines, des comportements individuels et collectifs…pour un développement durable.

 

L’expression “Développement durable” couvre des éléments de doctrines et d’agir pour un autre monde, où sont associés les individus et les collectifs dans la mise en œuvre d’un autre modèle de société qui prenne en compte l’homme et tout l’homme. En 2007 et 2008, les journées de formation du CCFD avaient ouvert au plus grand nombre les origines et les but de cette approche de l’économie au service de la société. La journée “Enjeux et question” du 19 février en a développé les enjeux. Le Développement durable est un nouvel art du vivre ensemble et du rapport à autrui. Ces nouvelles approches concernent aussi la foi chrétienne

 

1) Développement durable et rapport à la nature.


Essai de représentation.La terre, les colonnes qui la portent; la voute où sont suspendus les astres. L'univers selon les anciens  
Essai de représentation.La terre, les colonnes qui la portent; la voute où sont suspendus les astres.
Essai de représentation.La terre, les colonnes qui la portent; la voute où sont suspendus les astres.
  Le développement durable est d’abord une invitation à reconsidérer notre rapport à la nature. Le monde occidental jusqu’à présent considère la nature comme un bien à exploiter. Il a depuis longtemps abandonné l’idée que la terre, et l’univers étaient un espace sacré, un cadeau de Dieu qu’il fallait faire vivre et grandir. Le développement des sciences et du travail ont fait découvrir un monde en transformation, dont la valeur dépendait du travail humain. Or aujourd’hui, l’on découvre que  Commission Justice et Paix-France Création et environnement  
Commission Justice et Paix-France
Commission Justice et Paix-France
le travail humain peut aussi être destructeur de la nature, de l’environnement (mot nouveau). La fragilité de l’espace naturel devient une évidenence.

 

Quel regard porte le théologien ?

C’est avant tout une invitation à reconnaitre la nature comme un don de Dieu, mais un don à faire fructifier, dont il faut prendre soin et qu’il importe de le transmettre aux générations à venir. Le regard du théologien est aussi invitation à l’action de grâce, pour le don de Dieu et pour l’homme qui en a la responsabilité.

 

2) Développement durable et rapport au temps.


La foi chrétienne repose sur la conception juive du temps linéaire, qui s’inscrit dans la durée, entre un hier et un demain. La formulation “Christ hier, Christ aujourd’hui et demain” en est une illustration. La promesse reçue de Dieu, nous croyons qu’elle se réalisera. La foi chrétienne invite à se tourner vers l’avenir de manière positive, et non à se replier sur son présent ou le passé. La coutume de construire les églises orientées d’Est en Ouest illustre la prise en compte du temps: du soleil levant au soleil couchant ainsi se déroule la vie de chacun, et celle de l’humanité. Dans cet espace, les chrétiens rassemblés célèbrent l’Alliance de Dieu avec nous, une alliance que même la mort ne peut détruire.


solidarite terre solidarite terre  L’activité humaine, dans cet espace-temps ainsi défini n’est pas une invitation à la répétitivité, mais une invitation à vivre la relation solidaire avec autrui, frère en Jésus-Christ, invitation à créer de la solidarité. Avec la découverte de la fragilité, l’humanité découvre que ce monde peut mourir à cause de l’homme lui-même. C’est-à-dire que l’homme, dans sa liberté, peut contredire le projet de Dieu envers le monde qu’il a créé ; il peut aussi transmettre aussi aux générations à venir ce don qu’il a lui-même reçu. L’expression “Développement durable” est reprise dans les cercles chrétiens car il est le lieu de l’exercice de notre responsabilité individuelle et collective. Là s’exprime concrétement la relation de l’homme à Dieu, confiant en la réalisation de la Promesse, acteur de solidarité pour le présent et l’avenir.

 

3) Développement durable et rapport à l’espace.


Tout a bougé dans la société : les déplacements sont facilités, le lointain devient proche, les communications deviennent instantanées, le mondial conditionne le local. Cela suffit-il pour prendre les bonnes décisions avec les meilleurs informations ? Dans le village planétaire, y a-t-il une réelle gouvernance, par qui et pour quoi ? La mobilité est-elle voulue ou forcée ? La proximité est-elle consentie et voulue ? L’homme se trouve confronté à de nouvelles contraintes, à de nouvelles limites, après avoir espéré un progrès qui libère des contraintes. L’absence de frontières, la réduction de l’espace, tout semble favoriser le développement des relations humaines et le service du bien commun. Cependant Il y aurait illusion à croire que tout est proche, semblable. Pour la foi chrétienne, chacun est unique et différent, il restera toujours “celui qui est devant moi”.

 

 

Comment redéfinir la responsabilité individuelle à l’intérieur du collectif


Une nouvelle organisation sociale est à mettre en place, qui prend acte de l’évolution des rapports au temps, à l’espace et à la nature. Un autre modèle de développement est à initier, qui ne prend pas en compte les seuls critères de croissance économique et de productivité. Ceci est déjà commencé.

 

Une nouvelle gouvernance du monde devrait prendre en compte les différents acteurs de la société et en faciliter l’action coordonnée. Ses promoteurs sont conscients de la nécessité d’une action politique, d’une autre gestion des biens, public comme individuels. L’homme est appelé à être reconnu dans sa capacité à vivre des relations avec autrui, pas seulement dans ses capacités à produire et à consommer.

 

En relisant la Bible, du récit de la Création en Genèse au dernier Evangile, le chrétien entend que l’homme est né d’un vouloir de Dieu, et qu’il est appelé à vivre en Fils et fille de Dieu, dans une relation d’amour, au milieu d’un univers qui lui est confié. Une certitude anime ce nouveau regard sur le monde et ses possibilités : le développement concerne tout l’homme et tous les hommes. Le partage des biens et le vivre ensemble ne sont pas seulement des utopies, mais des repères pour un autre développement.

 

A travers quelques exemples, la perspective d’un développement durable


Des progrés techniques peuvent diminuer les consommations d’énergies et de matières premières ; le recyclage et l’accès à de nouveles énergies, la révision des infrastructures la prise en compte des paramètres d’écologie peuvent produire et soutenir la croissance. Une autre thèse insiste sur la décroissance : stopper le gaspillage, remettre en cause le système de consommation, la resserrer autour des besoins vitaux (se loger, se nourrir, être en bonne santé) ; ce n’est pas la perspective du développement durable.

 

Associer développement social et humain : dans le modèle de Développement proposé est inscrite la lutte contre les pauvretés, en créant de l’activité. Des actions seront menées concernant la santé, l’éducation, le logement , l’eau et la sécurité alimentaire, toutes choses qui visent à améliorer les conditions de vie. Ce mode de développement interroge aussi la répartition et la redistribution de la richesse. Cela suppose des politiques publiques qui garantissent ces améliorations des conditions de bien être pour tous, ainsi qu’une redistribution équitable pour le présent, et une transmission équitable pour les générations à venir. Est-il nécessaire de préciser que l’on compte sur la responsabilité et la participation de tous. Tous en sont-ils convaincus ?

 

L’Alliance et la Promesse, comme repères pour notre vie.


Les deux termes, alliance et promesse, se trouvent dès le début de la Bible. En Genèse 1, Dieu entre en dialogue avec l’homme et lui confie la terre pour qu’il continue à l’ordonner, à l’organiser pour la vie de tous ceux qui y habiteront. Avec Noé l’Alliance est proposée entre Dieu et l’humanité (Gn 6-9) ; elle est renouvelée avec Abraham en même temps qu’est affirmée une Promesse (Gn 12-17).


Abraham se met en route sur une promesse… et jamais on ne le voit arrivé ni possédant l’objet de la Promesse. Ce qui est honoré dans l’expérience d’Abraham, Elaboré à la demande de Jean-Paul II Compendium de la Doctrine sociale de l'Eglise  
Elaboré à la demande de Jean-Paul II
Elaboré à la demande de Jean-Paul II
c’est qu’il se met en marche, sur un chemin qui n’est jamais terminé, c’est aussi sa fidélité en la Promesse faite par Dieu. Chacun peut continuer sur ce chemin, jamais abouti.


Dans son souci pour la chose sociale, Jean-Paul II invite à associer chaque homme dans une construction, ensemble, de l’unité du genre humain. (Sollicitudo rei socialis (n° 39). Il n’y a pas d’autre chemin pour la réalisation du bien commun. Ceci appelle à étudier à frais nouveaux la pensée sociale de l’Eglise au sujet de la destination universelle des biens et sur l’option privilégiée pour les pauvres.

 

Sources : Stéphane Leleu, Agnès Jacques, CCFD
(A signaler : le compendium de la doctrine sociale ;

La création au risque de l'environnement (CEF),

Notre mode de vie est-il durable ?  Karthala, Justice et Paix-France
 

Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 6168 visites

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