Le CCFD accueille Maria partenaire-Corée

A Aire/Lys et Photos 50ème à Liévin

Maria témoigne : Un école pour connaître ses droits
Working Women Academy (WWA).


Maria-CCFD Maria-CCFD  Toute la semaine du 28 mars au 3 avril, Maria rencontrera diverses communautés chrétiennes dans le diocèse à l'initiative du CCFD . Elle y explique son itinéraire, ety comment elle s'est révoltée contre la fatalité de la pauvreté. Le 2 avril elle sera à Liévin avec le CCFD pour fêter le cinquantenaire de cette ONG catholique.

 

Pendant que la Corée du Sud connaît une explosion industrielle prometteuse, Maria dénonce l'exploitation des plus faibles, notamment des femmes. Depuis que la Corée délocalise sa production vers des pays où la main d'œuvre est dérisoire, Maria « délocalise » aussi son militantisme.


Coree Coree   Séoul a commencé l'industrialisation de son pays dans les années 70. Le gouvernement exigeait de ses ouvriers des efforts surhumains. « Vous serez récompensés avant dix ans » leur disait-on. Et tout le monde y croyait. Pour s'installer dans le marché mondial, Séoul pratiquait une politique de prix planchers. Les premières victimes étaient les cultivateurs qui ne pouvaient pas vivre de leurs revenus. Les jeunes paysans ont rejoint les industries. Mais leur rêve a vite fondu. En 1973, un jeune homme de 20 ans s'est suicidé pour dénoncer les conditions des ouvriers. Il voulait cier à la société que ouvriers avaient le droit d'être traités tout simplement comme des êtres humains. La   presse n'en a pas parlé. Maria ne comprenait pas. Elle était révoltée.


Un jour, Maria a croisé une jeune fille en pleur devant une église. Elle venait de perdre son emploi. Maria, qui n'était pas encore chrétienne, est entrée avec elle dans l'église voisine. La vue du crucifix a été une révélation. « J'ai immédiatement fait le lien entre le sacrifice du Christ et celui du jeune ouvrier. Il n'ont pas fait ça pour eux, mais pour les autres ».


Ces événements ont transformé Maria. Elle est devenue en même temps militante et chrétienne. La Corée est majoritairement bouddhiste. Seulement 1% de la population est catholique. Auparavant, Maria pensait que le catholicisme correspondait à la culture occidentale et n'était pas applicable à l'Orient.

 

Grâce au christianisme Maria a appris à vivre avec les gens plutôt que de les regarder. « Je désirais partager la condition ouvrière du jeune homme ». Faire des études ne lui suffisait plus. Il y avait un meilleur moyen d'apprendre : c'était de travailler avec les ouvriers. Elle a travaillé en usine. Grâce à cela, elle a connu le goût du combat social.


Maria-CCFD Maria-CCFD   Maria s'est rendu compte que beaucoup de jeunes ouvrières avaient besoin d'étudier. Maria et ses amis ont ouvert des cours du soir, la Working Women Academy (WWA). L'objectif était de sensibiliser aux droits des femmes. La WWA aide à rendre les femmes plus autonomes et plus responsables, à améliorer les rapports avec leur famille et avec la société.
L'approche de la WWA est difficile : dans l'inconscient collectif, les filles doivent rester à l'ombre des garçons. En entreprise, elles gagnent 37 % du salaire des hommes. On appelle ça le travail temporaire. Pour s'en sortir, il faut obligatoirement faire des heures supplémentaires.

 

Dans les années 70, des militantes commençaient à obtenir des résultats. Mais dès le premier enfant, elles perdaient leur emploi. Ce qui arrangeait bien les dirigeants : on ne les entendaient plus. Encore maintenant, dès l'instant où les femmes se marient et à plus forte raison dès qu'elles ont en enfant, elles perdent leur travail. 15 ans plus tard, quand elles sont dégagées des tâches maternelles elles aimeraient retrouver du travail, mais l'industrie préfère embaucher des jeunes.

 

Coree Coree  La Corée du Sud a gagné le pari de l'industrialisation. Mais qui sont les bénéficiaires ?. Certainement pas les ouvriers, et encore moins les femmes. Des marques comme Samsung sont devenues des multinationales. Pour se développer en engrangeant des bénéfices, elle a délocalisé certaines productions dans des pays où les avancées sociales n'ont pas encore démarré : la Taïlande, le Vietnam, Cambodge, etc. Là aussi, les premières victimes sont les femmes. Pendant ce temps-là, le syndicat coréen est passé de 400 à 6000 membres. L'industrie coréenne a aussi importé une main d'œuvre bon marché.

 

En 1997, la Corée a connu une crise économique très grave. Le CCFD est alors venu soutenir la Working Women Academy (WWA) pour participer à la formation des femmes. Depuis; le WWA soutient les ouvrières là où l'industrie coréenne délocalise. Son action est influente dans toute l'Asie du Sud-Est.

 

La parlement coréen est constitué actuellement de 10% de femmes. Maria ne s'en contente pas. Tant que les hommes et les femmes n'auront pas les mêmes droits, le combat continuera.
La démocratie sans égalité Homme Femme n'est pas une démocratie.

Jean Capelain
 

Invitation à lire:  Identité et mission du CCFD

La semaine du cinquantième programme

Le CCFD à travers des affiches depuis 50 ans

Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 7686 visites